‹ 1815 (volume 2)Chapitre 94 sur 271 · I. Le champ de bataille. — Les dispositions de Blùcher et de · texte numérisé non relu

I. Le champ de bataille. — Les dispositions de Blùcher et de

Napoléon.

IL De trois heures à quatre heures : Attaques de Saint-Amand

par Vandamme et de Ligny par Gérard.

III. De quatre heures à sept heures et demie : Contre -attaque de Blùcher. — Apparition d'une colonne reconnue ennemie sur le flanc de l'armée française. — Démonstration de Grouchy contre la gauche prussienne. — Lutte acharnée à Saint-Amand et à Ligny.

IV. De sept heures etdemie àneuf heures et demie : Assaut final. — Prise de Ligny. — Combats sur les coteaux. — Retraite des Prussiens.

Face à la colline de Fleurus, s'élève en pente douce, au-delà d'une plaine ondulée, une ligne de hauteurs d'un très faible relief où sont situés, à l'ouest, le village de Brye, à Test le village de Tongrinne, au centre et un peu en recul, le bourg de Sombrcffe. Ces positions sont en elles-mêmes d'un accès facile. Mais à leur pied serpente dans des bas-fonds le ruisseau de la Ligne \ large de quatre à cinq mètres, encaissé dans des berges verticales de trois à quatre pieds, bordé de saules, d'aulnes, de buissons de ronces. Ce ruisseau et le terrain raviné par où l'on y descend forment une pro-

1. De Wagnelée à Saint-Amand où il reçoit deux petits affluents, ce ruisseau est nommé le Grand-Ry; de Saint-Amand au-delà de Tongrinne, on l'appelle la Ligne ou le Ligny.

fonde tranchée que flanquent à la droite les villages de Wagnelée, les hameaux de la Haye et du Petit-Saint-Amand et le village de Saint-Amand ; à la gauche, le hameau de Potriaux et de Tongrinelle, et les villages de Tongrinne, de Boignée et de Balâtre. Au centre, il y a le village de Ligny avec ses deux grandes fermes, son vieux château * et son église entourée d'un cimetière en contrehaut et clos de murs. Le front de la position se trouve ainsi constitué par un fossé continu et dix bastions, les uns en avant de ce fossé comme le Petit- Saint-Amand, la Haye, le Grand-Sain t-Amand, Tongrinelle, Boignée, Balâtre, les autres en arrière comme Potriaux et Tongrinne. Le neuvième et le plus important, Ligny, est traversé dans toute sa longueur par le ruisseau.

Du moulin de Fleurus, observatoire de Napoléon, les positions prussiennes paraissaient moins fortes qu'elles ne l'étaient en réalité. L'empereur ne pouvait se rendre exactement compte du vallonnement. Les fonds ravinés où court le ruisseau de la Ligne échappaient à sa vue. Il lui semblait avoir devant lui une vaste plaine couverte de blés, légèrement déclive au centre et se relevant en pente douce jusqu'à l'extrême horizon, — un vrai paysage de Beauce. Il fit chercher le géomètre du bourg, un certain Simon, qui le renseigna du mieux qu'il put2.

A midi, les quatre divisions de Zieten étaient encore seules en ligne avec la cavalerie de Rôder; les corps de Pirch Ier et de Thielmann commen-

1. Le château des comtes de Looz, démoli aujourd'hui, était déjà à moitié en ruines en 1815.

2. Traditions locales. — L'empereur reconnut alors que la position était « très forte ». (Gourgaud, 55.)

çaient à peine de se masser derrière Sombreffe et Tongrinne1. L'empereur estima justement qu'il n'avait en face de lui qu'un corps d'armée2. Il ne se méprit pas pour cela sur les intentions de Blùcher. « __ Le vieux renard ne débuche pas », dit-il. Il conjectura que le feld-maréchal avait pris une position d'attente où il espérait imposer assez longtemps aux Français pour donner à ses autres corps d'armée et, selon toute prévision, à l'armée de Wellington, le' temps de le rejoindre3.* Si Blùcher, en effet, avait eu pour objectif de défendre avec ses seules forces ses lignes de communication, il eût pris position perpendiculairement cala route de Fleurus. L'extension de sa droite vers Wagnelée révélait un plan de réunion avec l'armée anglaise en marche de Bruxelles.

Résolu à attaquer sur-le-champ, l'empereur fut

Page 1