‹ 1815 (volume 2)Chapitre 95 sur 271 · Wagner, IV, 21. Damitz, I, 85, 90. Von Ollech · texte numérisé non relu

Wagner, IV, 21. Damitz, I, 85, 90. Von Ollech

2 « L'empereur me charge de vous prévenir que l'ennemi a réuni un corps de troupes entre Sombreffe et Brye et qu'à 2 heures et demie le maréchal Grouchy avec les 3e et 4° corps l'attaquera. L intention de S M. est que vous attaquiez aussi ce qui est devant vous et qu après l'avoir vigoureusement pressé vous rabattiez sur nous pour concourir a envelopper le corps dont je viens de vous parler. ». Soult à Ney, en avant de Fleurus, 16 juin, 2 heures. (Registre du major-general.)

Cette lettre, datée de 2 heures, dut avoir été dictée en substance par l'empereur un peu auparavant. Or, à ce moment-là, Napoléon avait toute raison de n'estimer encore les forces prussiennes qu'à un corps d armée, car les II8 et IIIe corps quittèrent seulement vers 2 heures Sombrene et Tonerinne pour se porter sur leurs positions. (Damitz, I, 100-101.)

Dans les récits de Sainte-Hélène (Gourgaud, 55, Napoléon, 90), il est dit à tort que Napoléon évalua les Prussiens à 80,000 hommes. Ces récits, très rapides, passent bien des détails et ne tiennent nul compte des heures. Oui, l'empereur évalua les Prussiens à 80,000 hommes, mais à 3 heures seulement, quand les II« et IIP corps furent entrés en ligne. Aussi lit-on dans une lettre subséquente de Soult à Ney, celle-ci datée de 3 heures un auart : « Sa Majesté me charge de vous dire que vous devez manœuvrer sur-le-champ de manière à envelopper la droite de 1 ennemi et à tomber à bras raccourcis sur ses derrières. Cette armée est perdue, si vous agissez vigoureusement... » Là, il n'est plus question d un corps de troupes, il est question d'une armée.

3 Cf. Gourgaud, 55. Damitz, I, 98. Napoléon, Mém.t 91. -Napoléon va jusqu'à dire : « Il est évident que Blùcher ne s'attendait pas à être attaque ce jour-là! »

très déconcerté d'apprendre que le corps de Gérard n'était point même en vue1. Il attendit. Sans doute, il croyait alors qu'un seul corps ennemi lui était opposé, et il avait dans la main le corps de Vandamme, les 1er et 2e corps de cavalerie, et, en seconde ligne, derrière Fleurus, la garde impériale. Mais il appréhendait, non sans raison, que ne survint, au cours de l'action, la masse de l'armée prussienne qui, très vraisemblablement, devait être en marche vers Sombreffe.

Un peu après midi, Gérard, qui avait devancé son corps d'armée, arriva sur la ligne des avantpostes avec une petite escorte. En cherchant l'empereur, il s'approcha à portée de carabine d'un poste de cavalerie ennemie. Les Prussiens chargèrent. Gérard, jeté à bas de son cheval, se trouva en grand danger d'être fait prisonnier ; il fut sauvé par l'un de ses aides de camp. Ayant rejoint l'empereur au moulin, il crut devoir dire quelques mots sur la désertion de Bourmont, qui n'avait obtenu un commandement qu'à ses pressantes sollicitations. Napoléon l'interrompit: « — Je vous l'avais bien dit, général, qui est bleu est bleu et qui est blanc est toujours blanc2! »

A une heure seulement, déboucha la tête de colonne de Gérard3. L'ordre de mouvement avait été envoyé avant huit heures4 ; et du Châtelet à Fleurus il y a dix kilomètres. Mais par suite de la

1. Grouchy, Observations, 43. Relation succincte, 15. Déclaration du colonel de Blocqueville. (Arch. Guerre, à la date du 18 juin.)

2. Déclaration du colonel de Blocqueville. — Gourgaud {Campagne de 1815, 41) rapporte que ces paroles furent dites le 15 juin, à Charleroi, au maréchal Ney, autre protecteur de Bourmont. Il est très possible que Napoléon ait dit ce mot à Ney et qu'il l'ait répété à Gérard.

3. Gérard, Quelques Observations, 48. Déclaration du colonel de Blocqueville.

Page 1