‹ 1815 (volume 2)Chapitre 97 sur 271 · Gourgaud, 54, 56. Napoléon, Mém · texte numérisé non relu

Gourgaud, 54, 56. Napoléon, Mém

le front de défense, prit ainsi position : quatre bataillons de la division Steinmetz à La Haye et au Hameau (ou Petit-Saint-Amand), les six autres en soutien ; trois bataillons de la division Jagow à Saint-Amand, les sept autres sous le moulin de Bussy ; la division Henckel à Ligny, avec deux bataillons un peu en arrière; la division Pirch II échelonnée entre Brye et le moulin de Bussy. La cavalerie de Rôder se massa dans un pli de terrain, au nord du chemin de Ligny à Sombreffe, sauf le 1er hussards de Silésie qui fut détaché avec une batterie légère à l'extrême droite, sur la Voie romaine, pour éclairer le flanc de l'armée. L'artillerie s'établit entre les villages, sur les pentes inférieures des coteaux. Saint-Amand, La Haye, Ligny avaient été fortifiés à la hâte; mais on n'avait coupé aucun des ponts de la Ligne, Blùcher voulant conserver ces débouchés pour le cas où il passerait à l'offensive.

Derrière cette première ligne, le corps de Pirch 1er (divisions Tippelskirch, Krafft, Brause et Langen et cavalerie de Jurgass) se tenait en réserve au nord de Brye, le long de la route de Nivelles. Le corps de Thielmann, qui formait la gauche prussienne, avait les divisions Luck et Kempher à Potriaux, à Tongrinne, à Tongrinelle et à Balâtre, les divisions Borcke et Stiilpnagel et la cavalerie de Hobe en réserve à Sombreffe et derrière Tongrinne^.

Ce vaste déploiement n'échappa point non plus au regard vigilant de Napoléon. Jusque passé deux heures, tant que ses propres manœuvres n'avaient pas encore obligé Blûcher à démasquer la totalité

1. Rapport de Gneisenau. Damitz, I, 90, 95-9G, 100-101. Wagner, IV, 23-25» Von Ollech, 143-145. Notes du colonel Simon-Lorière. (Arch. Guerre.)

de ses forces, l'empereur avait cru n'avoir à combattre qu'une trentaine de mille hommes1. L'extension du front ennemi, les masses qu'il voit en mouvement lui révèlent maintenant la présence d'une armée. Heureuse fortune! L'affaire sera rude, mais il va en finir en une seule journée avec Bliïcher. Il le tient ! car, dans quelques heures, Ney, prenant à revers la position de Brye, sonnera à coups de canon le glas de l'armée prussienne. « — Il se peut que, dans trois heures, le sort de la guerre soit décidé, dit l'empereur à Gérard. Si Ney exécute bien ses ordres, il n'échappera pas un canon de celle armée2! » A trois heures un quart, un second ordre plus pressant, plus impératif que le précédent fut envoyé à Ney : « Je vous ai écrit il y a une heure, disait Soult, que l'empereur devait attaquer l'ennemi dans la position qu'il a prise entre les villages de Saint-Amand et Brye. En ce moment, l'engagement est très prononcé. Sa Majesté me charge de vous dire que vous devez manœuvrer sur-le-champ de manière à envelopper la droite de l'ennemi et à tomber à bras raccourcis sur ses derrières. Cette armée est perdue si vous agissez vigoureusement. Le sort de la France est dans vos mains. Ainsi, n'hésitez pas un instant pour faire le mouvement que l'empereur vous ordonne, et dirigez-vous sur les hauteurs de Saint-Amand et de Brye3. »

Au moment où Soult expédiait cet ordre, Napoléon reçut une lettre de Lobau, l'informant que d'après le rapport du colonel Janin, Ney avait aux Quatrc-Bras environ 20,000 ennemis devant lui4.

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