‹ 1815 (volume 3)Chapitre 108 sur 226 · LA DÉFECTION 1)1 MARÉCHAL NKY · texte numérisé non relu

LA DÉFECTION 1)1 MARÉCHAL NKY

vaincre «It» la nécessite du parti qu'il avait pris cl p«»ur se donner raison a ses propres yeux par l'adhésion qu'il espérait obtenir de ses lieutenants. Il leur répéta les paroles des envoyés de Napoléon sur la foret» irrésistible du courant bonapartiste et sur la connivence de l'Autriche et de l'Angleterre: puis, soit qu'un rapprochement s opérât dans son esprit entre les propos des émissaires et les révélations que peutêtre on lui avait faites jadis à Paris du complot des patriotes et «les généraux, soit que les émissaires eux-mêmes lui eussent appris l'existence de cette conjuration, il ajouta : « ("est une affaire arrangée. Il y a trois mois que nous sommes tous d'accord, vous le sauriez si vous aviez été à Paris. Le roi n'ayant pas tenu ses promesses, on a décidé de le détrôner. On avait pensé d'abord au dur d'Orléans, mais les bonapartistes l'ont emporté. On a envoyé un commissaire à l'Ile d'Klbc pour poser des conditions à l'empereur. Le ministre de la guerre lui-même est dans la conjuration. A celte heurc-ei. le roi doit avoir quitté Paris : sinon, il sera enlevé, mais on ne lui fera aucun mal. Tout se passera très tranquillement'. Lecourbc.qui délestait l'empereur, et liour-

>. l»<-|»>Mtit>rts <!«■ Ilmiriii'.nl. de Vaulrhicr. d<- Capelle ; d>qioMli..n (Write i >U- Le.<»url>e l'rorr* tir Xey, II. liVIio, tu. U", lil). l><'poMt«;n <!•• Vaul «liirr et de Capelle a l'instruction, i l»<.ssier de Ney. Aivh. liuenv.)

Au lieu de reconnaître ••<•> pan»!'** en disant — iv qui « tait la vente —

qu'il len avait restées h l'ateicde pour entraîner la url«e et llnuriiiont,

SVy en uia la plu* grande partie. Il eraiirnait. et n<m sans rai-.n, qu'on ne prit acte de son aveu |»our conclure que, des -^«u depirl de pan*, il av.nl prémédite sa défection.

Uuant a la question de savoir si Ney connaissait la conspiration orle.mol»>uaparti*tc par «les rnnlidcnce* antérieures nul n'ignorait, m décembre HO. «*oii humeur contre la • oiiret mi put lut faire de* ouverture* ou m uPinent par les rapports de«» eiins-airos d«- Lyu (Henry de <'.p.it»>ulon elail dan* •fil»- ville pondant !<• -x j-nir d«- l'empereur H il a\ait \>u parler <!•*

s-.u vo\a-«* a l'Ile dLll.e .1 des prgeU de touche . il est nn|. il-).- d >

re pondre. «,n n »i qu'il en *-oit. Ne\ contribua par rrs propos a n «hier la faille opinion qu'il e\i*i.<tt nie ■ »-nl> nte rnl ro I il« ,r|.l|.e cl |. cou-pirateur* <Jr l'an*.

moni . royaliste «le cœur connut» «le tradition, se récrièrent. Bourniont rappela respectueusement mais fermement au maréchal qu'il avait reçu et accepté «lu roi la mission tle combattre Bonaparte. Lecourbe fut plus violent. « — Comment voulez-vous tjueje serve ce b... là ? Il ne m'a fait que tlu mal et le roi ne m'a fait que tlu bien. Puis, je suis au service tlu roi. et, voyez-vous, monsieur le maréchal, moi j'ai tle l'honneur. >►

Cravaché par ces paroles, Ney s'emporta, et au lieu d'exposer les vrais mobiles de sa résolution, c'est-à-dire l'impossibilité de faire marcher les troupes et ses scrupules de commencer la guerre civile, il épancha sa colère en récriminations contre les Bourbons : « - Et moi aussi j'ai tle l'honneur î c'est pourquoi je ne veux plus être humilié. Je ne veux plus que ma femme rentre chez moi, les larmes aux yeux des humiliations qu'elle a reçues. Le roi ne veut pas de nous, c'est évident. Ce n'est qu'avec un homme de l'armée comme Bonaparte que l'armée pourra avoir tle la considération. »> Et, prenant sur la table l'ordre du jour rédigé par l'empereur sous son nom. il le passa aux deux généraux en disant: « — Tenez, voici ce que je veux lire aux troupes. » Après une nouvelle discussion. Lecourbe et Bourniont. non moins convaincus en réalité que le maréchal de la difficulté tle se faire obéir tles stdtlats. se résignèrent à suivre leur chef dans sa défection. Sur l'ordre de Ney. Bourniont prescrivit aux troupes de se réunir aune heure sur la place d'Armes, et peu d'instants avant la revue, lui et Lecourbe vinrent prendre le maréchal à l'Hôtel de la Pomme d'Or pour l'accompagner sur le terrain. Tous deux savaient le motif de la prise d'armes : en s'y montrant aux côlés du prince de la Moskowa, ils sanc-

LA DÉFECTION Dl MAUKCIIVL NEV

MA

tionncrent sa défection et en prirent leur part'.

Les troupes composées de quatre bataillons ((>()* et 11* de. ligne) et de six escadrons (8" de chasseurs et .V de dragonsi formaient le carré. Le maréchal et les généraux Hourmont et Lecourbe, entourés de leurs états-majors, se placèrent contre l'une des faces. Les tambours ouvrirent un ban. « A ce moment, dit un témoin, je regardai les soldats. Tous étaient morties et pâles. Je pressentais le retour d'une de ces journées de la Hévolution où les officiers furent victimes de leurs soldats ! 1 » Ney tira son épée, et de sa voix forte et claire, il lut : « Officiers, sous-officiers et soldats, la cause des I tournons est à jamais perdue.... »> l'n grand cri de: Vive l'empereur! cri de joie, cri de délivrance, s élevant des quatre faces

t. Interrogatoire de Ney. déposition de Bourmont. déposition (écrite «le Lcoourbe l'roré*, II. los-to?, I2ii-I3l, lit, et dossier de Ney, Areh C uerre).

La eonversation de l'Hôtel de la l'omme d'Or est a peu près le seul point du procès ou l'interrogatoire de Ney et les dépositions des témoins soient en desaccord. Suivant Ney. Lecourhe et Bourmont l'approuvèrent tout de suite et sanH discussion. Selon ces deux généraux, ils s'opposèrent tant qu'ils le purent a sa détermination. C'est plus probable. S'il» eussent a< - .ucilli d'enthousiasme les ouvertures de Ney. Napoléon, après avoir appris du maréchal à Auxerre les détails de cette eonversalion, ne lui eût |»as donne l'ordre de faire arrêter Bourmont et Lecourhe avec les autres oppo- *<int*. Delort. Jarry. Caille. Vaulchier. Mais il n'en est pas moins vrai qu'après avoir d'abord résiste à Ney. ses deux divisionnaires prirent très faeilement leur parti de se faire ses <-onipli<-es. Autrement, loin de le venir prendre a l'hôtel et de l'a.'compajrner à la revue, ils eussent purement et simplement quitte la ville « ntre dix heures et midi. Bourmont prétend qu'il alla a la revue par curiosité. • afin de voir l'effet que la pro* • lamatiou produirait sur les troupes . et aussi de «rainte d'être arrête. Voila de pauvres raisons. Bourmont ne pouvait douter des sentiments des trou|ies. et on verra plus loin comment le colonel Dubalen resta lldèle au roi sans s inquiéter de savoir s'il serait arrête.— Barante < Sour., 11. |n vio>,, dit qu'il tient de Bourmont lui-même que c«dui-ei et Leeourl>e, voyant l'imliossibilite de résister, en raison de l'esprit des troupes, approuvèrent la r.->olution de Ney. Ajoutons enfin qu'un fragment de lettre annexe a un dossier de Ney qui se trouve aux Areh. nationales K T.wsi) jM.rte : • Le* allégations de M Ney contre M. de lioiirmonl sont malheureusement trop fondées. J'ai en main des preuve* de *;i • ulpnhihte momentanée •

J. Déposition du colonel de |'r«'<°liaiii'> i/vct i. II. t**-i et do*sier de Nev , Areh. Guerre . Cf. au dos*ier le premier interrogatoire «te \e> : • Les solicita menaçaient de me tuer. •

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du carré, interrompit le maréchal*. Il reprit: <■ Ui dynastie légitime que la nation française a adoptée va remonter sur le troue : c'est à l'empereur Napoléon qu'il appartient seul de régner sur notre beau pays... Soldais, je vous ai souvent menés à la victoire: maintenant je vais vous mener à la phalange immortelle que l'empereur conduit à Paris... » l^a lecture s'acheva au milieu des acclamations. Tous les soldats s'embrassaient. Exallé par l'enthousiasme général. Ncy se jeta dans les bras des officiers qui l'entouraient, puis, se mêlant à la troupe, il donna l'accolade aux soldats. «< Il parcourait les rangs comme un homme en délire, embrassant jusqu'aux litres et aux tambours,. »

Seuls quelques officiers supérieurs, indignés et consternés, résistèrent à l'entraînement. Le colonel Lhibalen, commandant le (Hr de ligne, aborda Nev au milieu de ses embrassades. «. — Monsieur le maréchal, dit-il. mes serments au roi ne me permettent pas de changer de cause. Je vous donne ma démission. •> « — .le ne l'accepte point, s'écria Nev, mais vous êtes libre de vous retirer. Parte/ vite, et surtout ne vous faites point maltraiter par vos hommes3. »

Le soir, pendant que les soldats et le peuple fra-

1. I>« i«iMli«'h du iiKMor <!<■ La lieueliere /V<vr*.ll. IM. el dossier de \e> .

s. lnlerroiralojrv de Nt-y. dépositions de Bouriiiôtil. Vaulclner, La tieneti. iv, Gay. Ik-.mr. ^;«nl, et. i/vo-c. 11. ill, lit». ti7. U<>, 1 .» et dosse r d.- Ney. An.li Gu»*rre.)

■i. liilern>»,*atoiri*s de Nev. •Impositions de Boiinnonl et de La tienelier«* {/'rocs. 11. lll, I t.. l i», I . .. . t dussi«-r de Ney. An-li. Guerre

Im)>al<-n. >e regardant eoininr délie de ses serments par le départ «lu roi. reprit après le i« mars le . ..niinandemetit de son régiment. Il fut tue le U> juin ;i In Lataill'- de l-i-ny .

Les ueneranx de lloiinnoni. l»el.-rt. Jarry et Hessieres. l'aide de ramp ei -U' t, le iii;tj-.r de La « - 1 j • liei • et l'ordonnateur « ..i > n <l aUiudonuèrent \e> 1.- T> inar.. |i, m.ine l,-s pr, |. u Y ni!- hier rt < iapeljr refusèrent, mal -'iv les inslan. . s .lu niaiv. liai 0 i 1 1 1 1 1 1 1 •- 1 r«T les départements au nom de li 'ii.q.arte. l'. iir Le'-"w:U\ il ne >uiMt p is non plus Ni y a Anxerro. mais il pu' la <-.-, . n-.|. tri' <•!• <r>\ ne .ii! |,.i> .pi il nr s, r\ irait pas I empereur et ...■(.la - a\e. j,.ie. j ai d. - r.-is .ti- p.ur «lin — le eommandemenl du

N A l'OL KO X A A Y X K II H E 3 t ^

lornisaienl on chantant et on buvant, brisaient les enseignes décorées do fleurs <lo lys ot saccageaient un café parce qu'il s'appelait lo café Bourbon lo prinoo «lo la Moskowa réunit à dîner son état-major, los généraux ot los officiers supérieurs. Lo repas fut bruyant, animé, plein de gaité. I n seul homme était sileneieux et sombre. C'était le maréchal1. Son exaltation tombée, il entendait la voix de sa conscience. « Depuis cette malheureuse proclamation, dit-il plus lard, je ne désirais «pie la mort, .l'ai eu bien dos fois envie de me brûler la cervelle3. »> Le héros devait vivre désormais avec l'esprit troublé et ne recouvrer sa sérénité «pie devant le peloton d'oxécution.

Dès le lendemain malin, 13 mars. Ney mil ses troupes en marche sur Dôlo ot Dijon, conformément aux ordres du général Bertrand l. A la mémo heure l'empereur quittait (ihatou. Il vint coucher à Aiitun. Depuis trois jours, la discorde régnait dans la ville. Lo II, le sous-préfet s'était enfui. Le 12. le lieutenant do gendarmerie, secondé par ses hommes et

< ..r|><« «réservation du Jur». (Imposition «lu romtrd»» Villar*, dossier <!•• \«'\ . ArWi. tiuerre. NapoWi.n. Corresp., il. 71.1. Lc<:ourl«* à I»avout, Caris. T avril. Anh. nat AK., IV. PU-m

1. Impositions de Uoiirnionl. OrivH. La C.em'tuTP. Vaulchicr (/Vorr*. II. Mi, M'. I fi, i :»:». 1m *, »-t dossier d«* Ni'V'.

2. Intt-rn LMlmrrs V-v. (fruret, II. I2«>, H do»«»i**r d«» N«'> .1 ■l. lnl« rr<»^riloîr«,s »!•♦ \>y dossjfr d*> V*v. Ar< h. liurrn- .

k. hil<Tr»»ualoir»»> «!«• \ey, «Imposition «le La Immh'Imt»- /vor.». II, i»rj. i •»l dossit-r «if N'ry. Ar«*h Guerre). ~ Hertrand avait «l'alH>r<l donne Tordre d«marcher sur Hmirtr et M.V«,n . mais dans la soi rn- du U, Vy avait rr. u un nouvel ..pire indiquant hijou 10111111»' |>< >i ci I di> direction.

han- /. '/'• <> t'ibe et f>t Cent /.(,, » f',,rre*n , XXXI. Tu 73 . V»|m.1«-..ii |»i«vt«Ti'l qu'il li.-ita d'ahord a faire v.-nir Vy M u> - <• nvit est. .-n ir- n. r.il. |-'u vendique. tint r*- autr's «Treur*. il » *t dit qu»- ! > leOn* : • Je v..u> r> - »'vrai •-oitiii»' k l'-"i.!« tn.iin di- l:i MnAau.i. • fut rit'- a Au\< rrt\ al«>r» '|ti.dan^ ht r,„ r,-tp,*.;.i,».rc ilt.v) c» ttr letln est date*» de \.\<>u et que. d'apiv* s» ivda. lioti, « .Ir m- put - n effet av..ir rte • - rit.- qu'a l.y.n

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