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les ouvriers humeurs, avait arboré le drapeau tricolore, promené dans les rues, el jusque dans l'église, un buste de Napoléon, et chassé de la mairie le conseil municipal où dominait l'opinion royaliste. Mai* le 13, le maire d'Aulun, vieillard plein d'énergie malgré ses quatre-vingts ans, convoqua la garde
nationale, arma les royalistes, et imposant au populaire, lit rétablir le drapeau blanc. Les choses en étaient là lorsque se présenta lavant-garde impériale. (Tétaient les dragons du I.T. le régiment de Lyon. Ils désarmèrent les gardes nationaux et auraient sabré le maire et les royalistes les plus compromis sans l'intervention du général Hraycr, qui arriva fort à propos: « — De quel droit, dit l'empereur au maire, vous ètes-vous permis de menacer les citoyens parce qu'ils portaient les couleurs nationales? Comment avez-vous osé vous mettre en rébellion contre moi? Je VOUS casse... Vous vous êtes laissé mener par les prêtres et les nobles qui voulaient rétablir la dinie et les droits féodaux. J'en ferai
justice. Je les lanternerai... » Kt s'arrètant, assourdi
par les acclamations de la foule qui se pressait devant l'Hôtel de la Poste, il reprit : •• — Mon pouvoir plus légitime que celui des Bourbons, car je le lien» de ce peuple dont vous entendez les cris*. Le Iti mars, l'empereur entra à A val Ion. \Ji aussi le conseil municipal était royaliste, mai» il n'avait pu empêcher l'immense majorité des citoyens de prendre la cocarde tricolore à l'approche de Napoléon*. Désormais, rentralnenieitl populaire devient ir-
I.Gentrel H*»u»l*»M a Harki», inj..n. i » ntar*. lSfo*ral <-H'tlos«juet a Clark*- . V-X'-rs. 14 m.ir*. tia|>r»»rt «lu yuviiiI* u> Saillan sur La situation dV la • i** «.iivi-iiuii militai!*, »♦ uiar*. S-tu* po fft «!•' Citai* au-Chin.>n à CorUt»qu« l. l < m.»r>. -Aivh Ciuttv fral-r%. ,.»*-r.» ltrpoMlfn dr ||> ud«?M <f*roct* dr Vcy. il. e»'»-iî»t *:r Napottiio. L ttêfBik* *tlm Cm»im r* ,< 't r»y . . XXXI. 7a ..
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NAPOLKON A A I X E H II K
résistible. La rébellion s'étend à vingt lieues h la ronde, dos bords du Doubs aux rives de la Loin». Les trois couleurs llottent à Arbois, à Poligny, à Dole, a Beaune, à Auxonne, à Dijon'. A Nevers, une émeute» relaie dans la nuit du II au l'i mars5. A Uamecv. le général en demi-solde Allix assemble le peuple sur la place de la mairie, lit au milieu des vivats les proclamations du golfe .louan et déclare qu'il prend le commandement de la ville au nom de l'empereur. « — Je vous adjure, dit-il en terminant, d'arborer sur-le-champ la cocarde nationale et de regarder comme ennemis ceux qui ne la porteront point3.» A Auxerre, où l'empereur arrive le 17 mars, le préfet tîamot l'attend à l'entrée de lu ville avec les autorités et toute la population; le 1 i' de ligne (colonel Hugeaud) lui présente les armes ; dans le grand salon de la préfecture, il trouve les bustes de l'impératrice et du prince impérial et son portrait en pied, en costume du sacre4.
C'est h Auxerre que le maréchal Ney rejoignit l'empereur. Bien que la proclamation de Lons-le-Saunier pût effacer les paroles de Fontainebleau, cette entrevue ne laissait pas d'être embarrassante pour le prince de la Moskowa. Napoléon le mit à son aise tirs
I. Ileudelet a Clarke, Injon. U mars. (Arch. Guerre. ï Interrogatoires de Ney et déposition du c..nile de Yillars. y/Vo/r». II. lli. el dossier de Ney.)
i. Capitaine de gendarmerie de la Nièvre a Moneey, 13 mars. (Arcli . Ouerre.) Préfet de la Nièvre a Carnol. 27 mam. <Ardi. nat. F. 7, 31 «7. >
3. Ilapport du lieutenant île gendarmerie de Clamecv. Varey, U mars. !\rrti. Guerre ) - <>t ..M. ier. ne »e sentant pas en forces pour résister a t.ooo insurges, se replia ave.- ses irendarmes
*. Kabrv. lit. Fleury de Chaboulon, I. îh, Î4».. (• imol «-tait le ln«aufrere de Ney, ayant c|»ou*c la steur de la maréchale.
Pendant huit jours. Ituge nid. dirige d'Orléans sur Moulins, avait n us»i par des miracles d'énergie :i maintenir son régiment dans le devoir. mai> à Avollon, le gênerai Girard, précédant l'empereur, avait entraîne les hommes et le colonel à la défection et avait donne l'ordre au I e de rétro trader sur Auxerre K.d rv. l<uj. Hugeaud a préfet du l. -in-l, Montariov l« mars, el à Glarkv. \\alh.n. ti mars. It-udin a Clarke, Auxerre, liet U mare. Arch. liuerre
4|u'il outra. <' — Einhrassex-nini. mon cher maréchal, lui dit-il. Je suis heureux de» vous voir «»t je n*ai besoin ni d'explications ni de justification. » Ney crut rependant devoir s'excuser, et tout en ayant le tael ■île ne point prononcer le nom de Fontainebleau, il dit que sa conduite passée et présente n'avait jamais été inspirée que par l'amour de la patrie. Puis, recouvrant vite son assurance, il reprit: « — .le vous aime bien, Sire, mais la patrie avant tout! avant tout!.. Votre Majesté est sûre que nous la soutiendrons, car avec de la justice on fait des Français tout ce que l'on veut... Mais il ne faut plus songer aux conquêtes, il ne faut plus songer qu'au bonheur «le la France. » L'empereur l'interrompit en disant que lui aussi était un patriote, qu'il était revenu de l'île d'Flbc dans le seul intérêt «lu pays et qu'il donnerait aux Français tout ce qu'ils attendaient de lui. Il appela Ney « h* brave des braves », et changeant de conversation, il le questionna sur l'esprit de ses troupes et sur les sentiments «les habitants du Jura, «lu houbs «■( «le latYde-d'Or'. L«* lendemain. Ney regagna Dijon avec l'ordre «le conduire ses troupes à Paris par J«»igny et Mclun*.
I)«*puis plusieurs jours, l'empereur «'t son état-
« KN'iirv •!»• Ch;tl»oiil"n. I. JH-i»3. Cf. Premier cl .leuxiéme intern^a- (oirrv ,|<- Vy i l»f.ssi,T. Anli. «iuerre.i
liait». |»*s Xutr* sur lti Memoi rtj Je /-'leury, |Vinper»Mir «1 1 L que • •«•lie .•onv. r<;iti.»n est rapporte inexa< tenient. Il . si possiMe que Flcury u ait l*.iul rapporte les tenu»-* m^mes rte <vt entretien, mais il en a e*-rtain«'metit itonnc le sens.
l'ue pi.-.e pneluit»* au pro' « s >' Procr* >l>- .Vy. ||. > prête au niar«-
< hal V\ un lani-a»*.- lu m :i u t r«- ni^ui violent. « Je ne suis pas .mu vou* rejniii.ire, aurai -il «lit. par altaehemrnt »m «i-nsiilrration pour votre personne. Vous ave/ ete le tyran il- ma patrie, vi.us ave/ port»* !•■ rteuil (tans t..utes les familles, vttus av«7. IrouMe la paix «tu m>»n<l>>. Jiijw-mot. pui-- .|m<> le sort vous ramené. <iu«» vmis ne \«ois -tipnrez à l'avenir qu a r> - ).r»r- r les maux que Vous a\e/ .•.•m«w a la Kran-'e. que vous ferez le Umhennin peu pU>, '*t<\, ete. . I.a vrsir.ti Kl-ury est plus \ raisemlrtahle.
-'. S >n<t iiili"rroirat"ii>« «le Vy (.h-s,.,- rte V>. Ar« h «iu. rre ... < :f. Vy
a l'août. Paris, il inar*.. An h. «m- m
NAPOLÉON A VIXKBHK 3I«»
major recevaient indirectement et directement des nouvelles de Paris. Il y avait les journaux ; il y avait les dépêches ministérielles et les lettres privées <|iie Fleury de Chahoulon rendait aux courriers de la malle après les avoir lues sans scrupule; il y avait les rapports verhaux îles officiers à la demisolde venus au-devant de l'armée impériale'. L'un d'eux ayant sans doute dépeint l'état de Paris comme plus abrité qu'il ne l'était réellement, l'empereur appréhenda quelque émeute dont le succès, à son avis, n'eût pas avancé son retour et dont la répression eût été funeste à tous les points de vue. I n parent de Hassano occupait à Dijon les fonctions d'inspecteur des droits réunis. L'empereur envoya Tordre à Ney d'écrire sur-le-champ au duc de Bassano pour qu'il arrêtât tout mouvement à Paris, et de lui faire passer sa lettre par les soins de ce parent*.
La correspondance des royalistes décachetée» à Pétat-major impérial révélait des complots contre la vie de l'empereur. Dans plusieurs lettres, il était question de vendéens et de gardes du corps qui s'étaient mis en route pour l'assassiner, déguisés «•n femmes et en soldats de la iHirde*. Il est certain, en effet, que des souscriptions furent ouvertes publiquement au profit de l'homme qui tuerait Napoléon4, et que plusieurs individus s'offrirent à remplir cette mission '. Il y eut aussi les forçats du bagne de Cher-