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seulement l'indiscipline et les violences des chouans, mais même la simple réorganisation d'une nouvelle armée catholique et royale. De là, le projet de (llarke de lésions mixtes commandées par des officiers de la ligne et portant le nom de bataillons nationaux. Hlacas l avait dit a Vitrolles: « — Le serait un grand malheur si le roi n'avait d'appui que des chouans1. »
L'attitude du ministère et les avances du roi au parti constitutionnel irritaient fort les royalistes. Ils encombraient les Tuileries, questionnant, s'indignant, déblatérant contre les ministres, contre le roi lui-même. Ils parlaient de pendre M. de Hlacas, de pendre l'abbé de Montcsquiou, « de pendre font le monde ! »> Les femmes déelaraient qu'elles ne recevraient plus dans leurs salons les jeunes gens qui ne se seraient pas engagés; à quoi un sceptique répliqua : « — Kt continueront-elles à les rerevoir dans leur chambre à coucher? » Chateaubriand vit de belles dames se trouver mal de colère. I n autre témoin nous les montre frénétiques comme des bacchantes, tenant des propos de tricoteuses, parlant dans la galerie de Diane de fouetter la duchesse «le Duras parce qu'elle n'avait point paru au château depuis vingt-quatre heures'. L'abattement alternait avec l'exaltation. Dès le 10 mars, beaucoup de royalistes avaient quitté Paris. Le passage continu des berlines et des chaises de poste sur la nulle de Rouen faisait penser à une nouvelle émigration. Les royalistes, dit Hcnjamin Constant, aftichaient le découragement et proclamaient l'épouvante. » Ils di-
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saient que tout (Hait perdu parce qu'on n'avait pa< suivi leurs conseils1.
Ces conseils, c'était d'organiser la chouannerie dans toute la France*; c'était aussi de combattre Bonaparte et les bonapartistes avec les armes de Bonaparte et des jacobins : la dictature, la suspension de la liberté individuelle, les arrestations en masse, les cours martiales, la Terreur1. En nommant à la guerre et à la police deux anciennes créatures de l'empereur, Clarke et Bourrienne, Louis XVIII avait bien, dans une certaine mesure, accédé aux avis des royalistes. Mais il s'était arrêté là, et on l'accusait, maintenant qu'il avait les instruments, d'hésiter à s'en servir. D'ailleurs, Bourrienne n'était qu'un comparse. On aurait voulu un premier rôle comme Fourbe. Ou'il eût voté la mort du roi. qu'il se fût montré à Lyon aussi sanguinaire que Carrier à Nantes, peu importait ; ce n'était plus le moment d'y regarder de >i près!
L'attention îles royalistes se lixail sur Fourbe avec d'autant plus de raison que celui-ci, qui craignait d'être impliqué dans la conspiration militaire du Nord dont il avait été l'instigateur1, s'efforçait de détourner les soupçons en manifestant partout sou attacbeiueut pour le roi et en proclamant qu'il répondait du succès si on l'appelait au ministère'. Son plan, qui consistait, à faire nommer le dur d't irleans lieutenant général du royaume et à routier
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lo gouvernement au parti patriote', ne pouvait agréer ni au roi, ni à son frère, ni à personne dans le cabinet étala cour ; niais comme il le gardait secret et déclarait qu'il ne le révélerait qu'après sa nomination de ministre, il tenait les espérances en éveil. L'abbé de Montesquiou lui Ht secrètement demander des avis; Dandré eut une entrevue avec lui*. Le comte d'Artois lui-même voulut le voir. Dans la soirée du K> mars, le comte de Malartie amena Fouché au prince. L'entretien dura de dix heures à minuit. Il semble que Monsieur lui offrit, de la part du roi, le ministère de la police. Fouché refusa sans hésiter. Il n'était point l'homme des causes compromises, et il jugeait que la cause de Louis XVIII était perdue, au moins dans le présent. Il tenta «le faire comprendre au prince le véritable état des choses et il le quitta, dit-on, sur ce mot : «< — Monseigneur, sauvez le roi. je me charge de sauver la monarchie3. »» Mais cette promesse, qu'il allait accomplir d'une façon si imprévue, en devenant ministre «le Napoléon, ne pouvait suffire à convaincre le comte d'Artois de sa sincérité. Le duc d'Otrante était véhémentement soupçonné d'être complice de Drouet et de Lcfehvrc-Desnoèltes. Ln refusant le ministère, que peut-être on ne lui avait offert que pour le mettre au pied du mur, il confirmait ers soupçons. Dans la nuit même, Bourrienne reçut l'ordre écrit d'arrêter Fouché. et avec lui Davout, Hovigo. Héal, Uassano, Lavalletle,