‹ 1815 (volume 3)Chapitre 124 sur 226 · I. Y HOYAl IK Al X A H O I S 3T · texte numérisé non relu

I. Y HOYAl IK Al X A H O I S 3T

donné par les deux tiers de ses soldats et poursuivi par les corps de Marchand et de Masséna qui. après avoir repris Grenoble et Lyon, avaient opéré leur jonction et marchaient contre la bande du Corse. Le plus joli, c'est qu'un entrefilet du Moniteur Au \ 8 mars, qui annonçait le rétablissement de la tranquillité a Autun et à Dijon et la rentrée des troupes royales à Grenoble et à Lyon, commençait ainsi : « Le gouvernement ne veut rien exagérer ni rien taire. Il a mis au premier rang de ses devoirs de dire constamment la vérité »

Le langage rassurant des journaux n'imposa pas h l'opinion. On était renseigné par les courriers qui traversaient villeset villages en annonçant la marche victorieuse de Napoléon et par les lettres particulières qui, malgré la vigilance île la police, arrivaient du Lyonnais et de la Bourgogne. Lu Alsace, en Lorraine, en Champagne, on colporta dès le Iti mars les proclamations impériales et des journaux de Grenoble et de Lyon; à Mézières, on les faisait passer dans des bottes d'asperges". Jusqu'au fond de la Bretagne, si éloignée du théâtre «les événements, on avait des nouvelles. A Saint-Brieuc, les esprits s'exaltaient : à Rennes. on n'attendait qu'un signal pour se déclarer". La petite ville de Tréguier allait arborer les trois couleurs douze heures avant Paris. Dans la nuit du lîl au 20 mars, quatre anciens marins, dont l'un s'appelait Philibert Renan, grimpèrent au clocher tle la cathé-

l. Moniteur, Journal dé* Dthatt JJuntnt . nne. Journal ijtu.ral. Journal royil, Gazette de France. Journal de l'an*, du *> au t'J mars.

i Durullt- :i tllark*». M<t/. r> mars. Mulot a liurn<>n<»vui. Samt-Milii«d. J:> mars. iMimon. mu à <:i.»rk«\ M< /i< r<".. it. mars. Clark<> au hirf.t.-ur Leurrai d«»s l'o^te*. I" mai*. (Anh. i.ncrr»1.) l'rvM des Anlvnn»'- à >I-mil*'*<|uiou, 10 uutrs iAr< h. nat. K. '■ , t*H» . — Ht"» :is|i«Tk'»'s eu j»l»-in iii-ms do mars, cria parail extrn..riliiiair*-. mais la lettre du pn-fel drs Ardi-iinr* lu qui fait f<»i.

.t. fWwrarf Fal>re à <:i.irke. S.iiut-l»n>ui\ 11. mai-. < :afTan lli a ( larke. Ilrnnrv 17 tuant, el a l»a\out, i» mur* (Arcli. Uiu-rr.'. .

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drale comme à un mât d'artimon et y attachèrent le drapeau national '.

A Paris, les assertions officielles étaient démenties par le retour du comte d'Artois, du duc d'Orléans, de Macdonald et par le départ furlif de la duchesse d'Orléans, de la comtesse de Blacas, de la princesse de Talleyrand et de quantité de belles dames du faubourg Saint-Germain. On savait aussi que sur les conseils de Vitrolles, le gouvernement venait de faire passer à Londres, avec les diamants de la couronne, quatorze millions de traites. Les mécontents, non point les chefs, qui se sentant surveillés se tenaient cois, mais la foule anonyme, qui ne craignait rien parce qu'il n'y aurait pas eu assez de prisons pour l'enfermer, parlaient ouvertement des succès inouïs de l'empereur et de sa prochaine rentrée à Paris. La bourgeoisie était atterrée. La panique continuait de régner à la Bourse. La rente, qui de 78,75 était tombée à 71.25 à la nouvelle du débarquement de Napoléon, oscillait maintenant entre 08 et GG francs. Toute confiance avait disparu. Au Palais-Hoyal et sur les boulevards, les cocardes blanches tombaient comme les feuilles en novembre. Les Vive le roi ! vociférés pardes bandes de huit à douze jeunes gens, qui parcouraient du matin au soir les abords des Tuileries, ne trouvaient même plus d'écho dans la population abattue. On envoyait de l'argent en Angleterre: on assiégeait le bureau des passeports et la poste aux chevaux. Le censeur du collège Henri IV invitait les élèves à ne plus crier : Vive le roi ! et. en homme de précaution, il faisait retirer des latrines le buste de Napoléon'.

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