Mrm.de Hnnrriennt;. X. iili*^. Cf. 2t
2. I^av.illrllr. , II. » M' m. tu,- < ttrnal, II, Uti. » l»u<: «l Url»-:niî*. A/r/mif dt >»on Vo.i/ »<i/
nance licencierait l'armée, et avec les volontaires et les gardes nationales, on organiserait la guerre civile dans le Midi. l'Ouest et le Nord de la France. Au pis-aller, le roi aurait la ressource de gagner l'Angleterre sur un vaisseau de la marine royale. Beugnot et Dessolles n'étaient pas éloignés de souscrire à ce projet, bien qu'ils le jugeassent «■ un peu gigantesque », mais Clarke. Blacas. Louis et surtout Montesquiou le condamnèrent absolument, t ne telle idée, dirent-ils. n'aurait d'autre effet que de perdre le roi en lui donnant une couleur vendéenne. « — Jamais le roi de la Vendée, s'écria Montesquiou, ne redeviendrait roi de France. Il n'y a qu'un ministre chouan pour proposer au roi de courir une pareille aventure1. » Montesquiou aurait pu ajouter que le temps et les moyens manquaient pour organiser cette vaste résistance, et qu'à l'heure présente une ordonnance de licenciement aurait sur les soldats précisément l'effet «l'une bulle d'excommunication sur une armée turque.
Blacas proposa sérieusement au roi d'aller à la rencontre de Bonaparte en calèche découverte et accompagné des membres des deux chambres, tous a cheval. Interdit par la majesté du spectacle, l'usurpateur ne pourrait point ne pas se retirer. « — Il me parait, répliqua ironiquement Yitrollcs, qu'il manque une chose essentielle, c'est que cette procession soit précédée par l'archevêque de Paris portant le Sttint- Sacreinenl. comme saint Martin allant au devant du roi des Yisigoths. » L'idée de cette pompe funèbre, selon l'expression de Yitrollcs, n'ayant naturellement pas trouvé d'approbation, llnurricnne dit qu'il fallait se retirera Lille, qui présentait le triple avantage d'être une place forte, une ville frontière et une cité
i. Vilr..lk«. \h-.».. 11. M ; \l\ ;» •.
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d'opinion royaliste. On «lovait pins tard promire co parti, mais tout d'abord il sonibloquo l avis do Bourrionno passa presque inaperçu1.
Marmont préconisait un plan de sa façon, qui consistait à transformer les Tuileries en citadelle et à s'v enfermer avec trois mille hommes et dos vivres pour deux mois. « — Je me fais fort, disait-il, de mettre le château en Ici état de défense qu'il faille pour s'en emparer un siège en régie et des batteries de brèche. La garnison est toute indiquée. La maison du roi. sans expérience pour servir on rase campagne, mais composée de gens dévoués, de gens de cuuir, se battra bien derrière des murailles... Les ministres, les membres des deux chambres resteront avec le roi. mais les princes devront quitter Paris. Monsieur et le duc de Berry sortiront ouvertement des Tuileries, en plein midi, après avoir publié une proclamation annonçant qu'ils vont chercher des défenseurs. De cette façon, l'auguste personne du roi ne risquera rien, car si toute la famille royale était au pouvoir de Napoléon, peut-être la ferait-il périr pour détruire des droits opposés aux siens; mais quoi avantage; tirerait-il de la mort du roi quand son frère et son neveu seraient on liberté*? »» Ce plan qui. s'il avait été exécuté, eût mis Napoléon dans l'alternative du tragique ou du ridicule, trouva des partisans en assez grand nombre. Mais il y fallait l'assentiment du roi qui, a ce qu'il semble, était un peu troublé par ces mots de batteries de brèche et ces dissertations sur le plus ou moins d'utilité de sa mort pour Bonaparte. Cependant, le projet «lu «lue <l«* Itagusc ne fut point positivement repoussé. Presque jusqu'au dernier moment.
«. Viln>lk>, V »< . II. fil. Je Hourrumte, X, t.'l-lfi.
I. Marmont. \t »■>,».. VII. •>»■.•»<•. Yjtr«.||« -s. M. m., ||. mi- m. \/r,» JeBuu,riffiM*. X, i.'i^'-îl . <Jti.il''.ml.i i.m-l. M» rw., VI. iT.'-f».
il on fut question dans le conseil et à la cour comme d'un pis-aller sortable. Marmont étudia même le détail des ouvrages à établir, attendant d'heure en heure l'ordre de commencer les travaux. Sur sa prière, le vieux duc d'Havré parla au roi qui, impatienté, finit par dire : « — Vous voulez donc que je me mette sur une chaise curule ? Je ne suis pas de cet avis ni de cette humeur *. »
Au fond, le roi ne voyait d'autre parti que la fuite si Napoléon arrivait à une marche de Paris, mais il feignait de ne point vouloir « faire cette supposition »>. Le comte d'Artois, le duc de Berrv, M. de Blacas et quelques familiers des Tuileries conservaient des illusions. On avait le pays puisque l'on avait les chambres. On avait les généraux. On comptait sur le maréchal Ney ; des corps de réserve se formaient dans le Nord sous le duc d'Orléans, dans l'Ouest sous le duc de Bourbon, à Tours sous Dupont, à Châlons sous Victor, à Metz sous Oudinot, à Strasbourg sous Suchet. N'y avait-il pas enfin le fameux camp de Melun où le duc de Berry se faisait fort de résister à Bonaparte. Il aurait, disait-il, les six mille cavaliers de la maison du roi, les régiments suisses et une multitude de volontaires de la garde nationale et de l'Ecole de droit qui engageraient le feu et entraîneraient la troupe. On établirait des ouvrages d'où l'on canonnerait de loin et où les volontaires tiendraient aussi ferme que de vieux soldats'. A cette objection
I. Marmont. Mém.. VU, 90. Ct. Chateaubriand, .1/-™.. VI. .172.374.
i. Duc dOrloans, Von JourMl, 3l-j<*. Cf 5i. Lettre do Jaueourt à Talleyrand, Parla, 14 mura orrupondmncé de Tallgyrand tt de Loua XVill.
JJ7,. Vitrollet. 3ftm., Il, J36. — . Le roi est toujours calme ct il n'est pa* question de son départ ... On dit que le mouvement de Ney entraîné Bonaparte a quitter Lyon. Il est sur qu'hier au soir les physionomies étaient moins allonK^'*«ux Tuileries depui* l'arrivée de l'aidr d.- eamp de Nev qui l'avait quitte à Lona- le -Saunier . Miniatre de Hollande à son jrouve'rnem ni Taris, i« mnr«. Arrh. AIT. etr., •?..)
LA H O Y A l'T V. Al X A MOI S 3i3
qui» Napoléon pourrait bien, laissant l'armée royale l'attendre dans sa position retranchée, gagner Paris par Brie-Comte-Uobert, le duc de Berry qui avait étudié la stratégie répondait qu'un général de la valeur de Bonaparte ne risquerait pas de se compromettre par une marche de liane'. Dessolles et Maison encourageaient le prince à combattre, non toutefois sans avoir au préalable demandé cyniquement à Blacas de donner à chacun d'eux deux cent mille francs en bonnes espèces sonnantes, sous prétexte qu'en cas de défaite leur carrière serait perdue. « — Il faut bien, «lisaient-ils, assurer l'existence de nos familles. » On n'avait point à marchander un si beau dévouement ; les quatre cent mille francs furent remis sur l'heure aux deux généraux*.
Le 17 mars, le duc de Berry vint prendre le commandement de son armée. Cette armée, qui comptait vingt mille hommes, était échelonnée entre Villejuif et Monlereau: le l,r corps d'infanterie, sous Maison, à Chevilly ; le 2 corps, sous Happ, à Bourg-la-Beine : la cavalerie, sous Kellermann tils. éclairant le pays en avant de l'Kssonne et de la Seine. Maedonald commandait en second et Belliard était major général*.
hans les premiers jours, la presse n'avait pu cacher la vérité. Il fallait bien annoncer le débarquement de Napoléon puisque les ordonnances royales sur la convocation des chambres et l'appel des réserves et des gardes nationales étaient motivées par cet événement. Mais le pays renseigné une fois pour toutes, on avait adopté le système «le la dissimulation
i. Du-' d"Orl«ans, Ejta<t >ie mon Journal, l > l><. 1. Vitrollfs, Mem., 11. :us ;it* Cf. tîl.
3. IkdlKird à Clarté. VilK juif, 17 mars. Ktal dos iroup»* sous |.«s <>nln * «lu duc de li^rry (Arcli. <iu. rr»> • Cf. Moniteur, lt., 1*. r> tuar».
It'nprr!» Mardonald [Souremin, :i >:-:ift.S; |<; duc de Hcrry v{>>\i de r«'t<mr à l'an* le malin du 1* mar>,et lui-même, Ma. doiiald. m- >»■ r< n<tit a l'arunT que le IV mars. Le* cotiscih de guerre se letiaieiil aux Tuil< ii«>.
et du mensonge. Ou les journaux faisaient le silence, ou ils donnaient de fausses nouvelles. Ils ne dirent rien de l'entrée à Grenoble. Sur la foi des gazettes, les Parisiens pouvaient croire Napoléon en fuite dans les gorges du Dauphiné, traqué par les gendarmes, pourchassé par les gardes nationales, et même prisonnier, lorsqu'ils lurent dans le Moniteur du 1 1 mars qu'il était à Bourgoin, c'est-à-dire à une marche au delà de Grenoble. Le Moniteur ajoutait, il est vrai, que rien ne l'autorisait à penser que Grenoble eût ouvert ses portes à l'usurpateur. Le lendemain, le Journal des Débats annonça que Bonaparte s'était en effet avancé jusqu'à Bourgoin, mais que sa petite troupe v avait été taillée en pièces par le duc d'Orléans à la tète de vingt mille hommes. L'abandon de Lyon par le comte d'Artois fut représenté comme une manoeuvre stratégiques Le maréchal Macdonald, dit la Quotidienne du 1!) mars, a pensé que malgré l'enthousiasme des Lyonnais, prêts à se défendre jusqu'à la dernière extrémité, il fallait se replier sur la route de Clermont avec les troupes qui sont restées inébranlablement fidèles. >» Si Napoléon s'était arrêté trois jours à Lyon, c'est qu'il n'osait en sortir, de peur d une rencontre avec les soldats du maréchal New
<« impatients de combattre », et secondés par toutes les gardes nationales de Franche-Comté. Le Jouinal des Débats du l'i mars prêta ces paroles à Macdonald : « Aujourd'hui, nous vous répondons du roi, >• et le 18 mars, la même feuille donna cette allocution de Glarke aux gardes du corps : «« Depuis neuf jour* vous ne dormez pas. Maintenant vous pouvez retirer vos bottes. Je dormirai cette nuit aussi tranquillement qu'il y a trois mois. » Or cette nuit-là, Napoléon la passait à Auxerre au milieu d'une armée, tandis qui- les journaux le représentaient comme aban-