CONSTITUTION DU GOUVERNEMENT IMPÉRIAL
déclina l'honneur d'être de nouveau grand-juge et obtint le poste moins compromettant de directeur des ponts-ct-chaussées. A son défaut, l'archi-chancelicr Cambacérès fut chargé provisoirement de la justice. Davout commença par refuser le portefeuille de la guerre. L'empereur Ht appel à son dévouement pour sa personne et à son patriotisme : le maréchal obéit. 11 était, avant minuit, rue Saint-Dom inique. La résistance de Caulaincourt fut plus difficile à surmonter. Le duc de Vicence était resté profondément attaché à Napoléon, mais c'était sur le champ de bataille qu'il voulait le servir, car il avait la sombre prévision que le rôle du ministre des relations extérieures de l'empire serait nul devant l'Europe en armes. Il avait été à la rencontre de Napoléon à mi-chemin de Fontainebleau, et durant le trajet, il avait respectueusement repoussé l'offre de ce portefeuille. Aux Tuileries, de nouvelles instances de l'empereur échouèrent encore. Ce fut seulement le lendemain que Caulaincourt se résigna à rentrer au ministère 1 .
Bien que Hovigo eut montré peu de zèle et encore moins d'habileté dans les derniers mois de son administration, Napoléon lui proposa de reprendre la police générale. Hovigo refusa. Il voulait se faire prier ou il sentait lu tâche au-dessus de ses forces et l'opinion contre lui. Les hommes politiques, les courtisans, les officiers, qui remplissaient dans cette soirée mémorable les salons des Tuileries, dési raient, désignaient, réclamaient Fouché. La reine Hortense elle-même parlait de lui avec enthousiasme. L'ordre d'arrestation lancé contre le duc d'Otrantc par le
I. Notes de Rousselin. prenions. M-lli.-n, IV. m. Lavalletle. \f> m. M.
H4. FUury de Chnhouloa, Mém., II. iV>-it>l. I»e «.ihcni.T. Ai' «'"'. «<î t^». < f. Lettre Je Itavoul à Soult n-ilec par M**' (le Bloopieville, Davout. IV, IS7i. IhiUetv* de* Loi*. îi mars. Krai-'incat d^s Mémoires de Mule. iHt>w dt la iteroUUon, XI. 8U,'M )
gouvernement royal avait retourné en sa faveur l'opinion des bonapartistes. On croyait qu'il avait joué sa liberté et peut-être sa vie pour seconder l'entreprise de l'empereur. D'autres personnes, mieux renseignées, estimaient cependant qu'il fallait le nommer ministre pour avoir l'appui des anciens jacobins. Il enleva d'assaut son portefeuille en se présentant aux Tuileries le soir du 20 mars. « Laissez entrer M. Fouché î cria-t-on. C'est l'homme qu'il importe le plus à l'empereur de voir en ce moment. •> Ainsi annoncé, Fouché eut l'effronterie de dire qu'il avait fomenté, dans l'intérêt de Napoléon, la conspiration militaire du Nord. L'empereur ne se laissa pas abuser par cette imposture. Mais Fouché s'olîrait. Il fallait le prendre ou se faire de lui un ennemi déclaré. 11 avait d'ailleurs infiniment plus d'habileté, d'expérience et de ressources que Hovigo. L'empereur lui donna le ministère de la police. Toutefois, comme il se défiait du fourbe, il nomma à la préfecture de police et a l'inspection générale de la gendarmerie, postes où il se flattait que l'on pourrait le surveiller et le contenir, deux hommes dont il était sur: Itéal et Rovigo \
Restait à pourvoir à l'Intérieur. L'empereur n'y voulait point replacer Montalivet. Il balançait entre Costa/ et Lavalletle. A l'offre de l'empereur, Lavallette répondit par un refus motivé sur son désir de garder les postes « où il pourrait rendre pins de services ». Il ajouta ce bon conseil : « Il faut an ministère un homme qui ait un nom éclatant dans la dévolution. »> (/était désigner Carnot dont le Mémoire au roi avait rajeuni la popularité. Napoléon, vraisem-
1. ItoMiro. l/f'oi.. VII. l!«'>-3*7. F raffinant «les Mémoire* d«' M» pr« «il»» LavalMiV, 1/.<.m , II, t6.l. Kkury il<> <;hal>'nilon, \l>»\, I. iM Motitholon, H'r,t,, ||, |*:, |hh. ioj, 30*. Cf À/?m. de Fouchr, II. Jli-3t<». Napoléon, <Eu- > ret >U S'unte-Hélenc Corresp., XXXI. 02:, cl les Notes prealecs «le Motifs»» Un