‹ 1815 (volume 3)Chapitre 132 sur 226 · CONSTITUTION DL GOUVERNEMENT IMPÉRIAL · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DL GOUVERNEMENT IMPÉRIAL

blablcmcnt, pensait déjà à Çarnot. Depuis le 24 janvier 1 S I i, jour où ce grand patriote lui avait offert ses services pour défendre la France envahie, il ne le regardait plus comme un opposant. Il hésitait, néanmoins, devant ce nom révolutionnaire qui n'avait point passé, comme tant d'autres, par la savonnette à jacobin d'un litre impérial. Ce fut seulement le soir du 21 mars que Carnot fut appelé aux Tuileries. Carnot accepta le ministère en disant simplement à l'empereur que « dans ce moment, il n'était pas permis de lui rien refuser' ». Le lendemain, le Moniteur publia deux décrets concernant Carnot. Par le premier, Napoléon, qui voulait « dérévolutionnaliser » l'ancien membre du Comité de salut public, le nommait comte de l'empire pour sa défense d'Anvers ; par le second, il le nommait ministre de l'intérieur5. Le patriotisme avait engagé Carnot à accepter le portefeuille; la raison politique l'empêcha de refuser publiquement le titre. Il comprit qu'un ministre «le l'empereur n'avait pas le droit de discréditer les titres impériaux. Il se laissa donc appeler comte dan> les actes officiels et dans les journaux, mais il ne signa jamais que Carnot. et malgré deux invitations du prince Cambacérès, il s'abstint de faire retirer les lettres patentes à la chancellerie3.

Merlin reprit son siège de procureur général. M. de Bondy, que l'empereur avait remplacé à Lyon, devint préfet de la Seine, Champagny intendant des

I. Carnot. Erp<,*é d*mn rontluite politique. îi. Carnot a N:i|*>teon. 22 mars. (Carnot. forrnp., 17-2U.) Lavalldie, II, Itii. Notes précitées de Rousselin. Mén.oire* tur Cam„t par ton fil*. II. tOH-410. — IVaprts ce dernier ouvr.ttfc, Napoh-on aurait errildës Fontainebleau à Carnot pour le mander aux Tuileries et l'aurait vu une première fois le il a midi, mais sans lui parler encore du nwnistère.

S. Moniteur, 22 mars. Los deux décrets sont antidate*. Rendus seule ment le il mars dans la soin-e, ils portent la date du 20 mars.

i. Carnot, Corretp. acee Xapot., 21-27. Mém. sur Carnot, II, 427-42».

bâtiments et Montalivet intendant de la liste civile. Les anciens conseillers et maîtres des requêtes rentrèrent au conseil d'Etat que (iinoux-L)efermon, Boulay et Bcgnaud furent chargés de réorganiser. L'immuable Sauvo resta au Moniteur, mais Etienne escamota le Journal des Débats abandonné par Bertin l'aîné qui, dès le matin du 20 mars, avait pris la route de Belgique après avoir publié cette dernière catilinaire : « ... C'est en vain que Buonaparte a promis l'Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté pour prix d'un honteux secours de l'étranger... La France sera délivrée par la France, ou la Franco cessera d'exister. Le néant vaudrait mieux pour elle que la honte de retomber sous le joug de son bourreau1. » Le lendemain, on lisait dans la même feuille, rebaptisée Journal de C Empire : «< La famille des Bourbons est partie cette nuit. Paris olîre aujourd'hui l'aspect de la sécurité et de la joie. Les cris de : Vive l'empereur ! retentissent de toute part*.

Le gouvernement impérial était constitué, mais plus des deux tiers de la France reconnaissaientencore I autoriléde Louis XVIII. Presque partout, ilestvrai. on n'attendait que la nouvelle de l'arrivée de Napoléon aux Tuileries pour arborer le drapeau national. L'empereur, qui n'en doutait pas, s'inquiétait peu d«* n'avoir encore pour sujets que les habitants des quatorze départements qu'il avait, depuis (iap, traversés ou côtoyés dans sa course triomphale. L'important était de pousser au plus vite Louis XVIII hors des frontières pour empêcher une guerre civile dans le Nord, où les Anglais concentrés en Belgique et les Ilollando-Belges du prince héréditaire d'Orange pou-

I Journal .le» Pétait, io mars. — <>t ;trli<le. plus violent ^n.-or* et plu> pertlde que eelui de Benjamin Contant public le «9 mars, est altnbu« a Charles Nodier.

S. Journal H* l'Empiré, il mars

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