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LE ROI A MLLE

de Lillois dont l'attention avait été éveillée par les mouvements des troupes, <| u î sortaient des casernes pour aller former la haie, s'étaient portés sur le passage du roi et poussaient des acclamations. Mais pas un seul cri ne s'éleva des rangs. Los soldats tenaient les yeux fixés à terre comme s'ils ne voulaient même pas voir le cortège royal \

Louis XVIII remarqua avec un certain ellroi ce contraste entre l'attitude de la population et celle de la troupe. A peine descendu de voiture, il réunit en conseil les personnages de sa suite et demanda au duc d'Orléans et à Mortier s'il était en sûreté à Lille. Le prince répondit que les dispositions des habitants étaient bonnes mais que celles de la garnison étaient douteuses, et qu'en conséquence il ne pouvait aflîrmer que le roi fût en sûreté. « — Mais, interrogea anxieusement Louis XVIII, il n'y a pas danger immédiat ? » « — Non, Sire, reprit Mortier, mais ce danger peut se présenter d'un moment à l'autre. (Juant à présent, je réponds que Votre Majesté ne court aucun danger. »» Hlacas ayant alors suggéré l'idée de faire sortir la garnison de la place et (l'en confier la défense à la garde nationale et à la Maison du roi, le duc d'Orléans répliqua qu'il n'y avait que 1,200 hommes de garde nationale et que d'ailleurs les troupes, très probablement, if obéiraient pas à l'ordre d'évacuer Lille. Il ajouta que loin d'appeler à Lille la Maison militaire, il fallait au contraire la diriger sur un autre point, car toute l'armée ayant en haine les compagnies nobles, la garnison s'opposerait certainement à leur entrée V La

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S bue ^Orléans, -I/o* Journal, A6, 9o-vi. Cf. MaMonaM, Son,.. J74-3T6

garnison (Hait en effet mal disposée et, chose qu'on ignorait à l'état-major, Drouet d'Erlon, qui s'étail évadé de la citadelle, se cachait chez le colonel Treillard et se tenait prêt à soulever les troupes Néanmoins, le duc d'Orléans poussait peut-être le tableau au noir. 11 s'efforçait de se dérober à la responsabilité que le séjour du roi dans un»' ville où il avait le commandement en chef faisait peser sur lui. Toute sa dialectique tendait à éloigner Louis XVIII. Que le monarque fugitif allât où il voulût, peu lui importait pourvu qu'il quittât Lille. Mortier qui craignait de partager la responsabilité du prince appuya ses paroles : « — Les troupes de ligne, dit-il, saisiront avec plaisir l'occasion «l'en venir aux mains avec la Maison militaire de Votre Majesté V »

Pendant cette conversation, qui dura trois heuresans aboutir, un officier anglais remit aux avancéeun message pour le duc d'Orléans. (Tétait une lettre du prince d'Orange, portant qu'il massait ses troupes sur la frontière, mais qu'il était bien déterminé à respecter le territoire français à moins que le roi n'eut besoin «le son assistance. Cette lettre était évidemment inspirée par la Déclaration des puissances, du \l\ mars, que l'on venait seulement de recevoir à Lille mais qui avait été publiée la veille à Bruxelles Le duc d < Orléans communiqua le billet à Louis XVIII. Après avoir longuement rélléchi, le roi y ht donner une réponse dilatoire 9.

Journal l'nir'rttl. tl«> li;in«i, n" 1. Lettre uV Lui. nurt, 0*ten<l»\ i3 mar» (An h. Air otr . •>*<>).

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