‹ 1815 (volume 3)Chapitre 139 sur 226 · LE DÉPART DU BOI POUR LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

LE DÉPART DU BOI POUR LA BELGIQUE

ment de lanciers s'étant engagé étourdiment au milieu des troupes royales qui faisaient halte aux portes de Béthune, gardes du corps, mousquetaires, suisses, chcvau-légcrs, volontaires royaux de l'Ecole de droit coururent tumultueusement aux armes. La Maison militaire, bien qu'elle eût semé sur la route un grand nombre de traînards et d'éclopés, comptait encore plus de 3,000 hommes'. Les lanciers se formèrent eu bataille en criant : Vive l'empereur î Le duc de Bcrry, exaspéré, galopa vers eux, suivi seulement de quelques officiers, et apostropha rudement un chef d'escadrons qui portait la croix de Saint-Louis. Puis s'approchant, l'épée nue, d'un brigadier, il lui en appuya la pointe sur la poitrine en disant : « — Oie : Vive le roi !... Un grade, deux grades. Crie : Vive le roi ! »» Le lancier effaçant le corps et rabattant du bois de sa lance l'épée du prince, cria: Vive l'Empereur 1 De plus en plus furieux, Berry s'élança alors vers un autre lancier qui était sorti du rang : « — Heste dans le rang ou je te f... mon sabre dans le ventre jusqu'à la garde. » Le soldat recula et se tut. De leur côté, les officiers du prince, nommément le général Piquet, tentaient par des moyens moins violents mais non plus efficaces d'embaucher les lanciers. A la fin, le colonel fit faire demi-tour à son régiment et le porta en arrière V

Les troupes royales, rentrées dans Béthune, allaient se remettre en marche vers Lille quand on apprit que le roi avait quitté cette ville pour gagner la frontière

I. Cf. Rapport «l'un rourrior. H mars Blanmont »>t T«sU* a vont. Ahhevillf ri ArniH. i» in.ir*. (iullkmin. I.e futrtot §me dr% Volontatm. >>.

i. Rapports il Davoul >1u . «.luii.'l «In 3* lan.i.r* ♦»! o> VnuU- «ir Minp Lnluy, l.ill.'. it, mars. »'t Arras. ii inarx ( Arrh. «lu^rn'K <f. Mat mont. Atrm., VU, toi. Iluillrinin, /,• f'ati >oti t>n* dtt \\>h>t\tatm rmjtiur. \\n.\ |»->li' • Dav.nit. Arras. n t,MI>. rAr.h. «Imw.) - la* v lnnvi.-rs t..- failli point parti*' <!♦• la <1ivi>ioii Kxdmatu. !.«• uviirral T<-tr liant «pu» la Maison tnthlaiif «'iiuneiiail »loii7.' pi;». » s <Jf ration a\ail <!<■ *a propr»autorité envoyé a Arra» <•* r-vinifiil |»mr les ppitmliv.

et que la garnison avait pris la cocarde tricolore. Les princes et Marmont résolurent tout aussitôt oV se rendre également en Belgique. Ils partirent incontinent avec environ trois cents gardes du corps et mousquetaires choisis parmi les mieux montés. (Juant aux trois mille autres soldats-officiers formant la Maison militaire, le comte d'Artois décida «le les licencier. Vraisemblablement, il craignait que l'argent ne manquât pour entretenir à l'étranger un corps aussi nombreux. Le général de Lauriston, qui après la mort de Nansouty avait été nommé capitaine dc« mousquetaires gris, fut chargé du licenciement. L'opération commença dès le lendemain, 2iï mars, non sans résistance et sans tumulte. Les gardes du corps, les chevau-légers, les volontaires criaient à la trahison et accusaient Lauriston de les avoir vendus à Bonaparte. Deux cents s'évadèrent de Béthune. dont les portes étaient fermées par ordre supérieur, et émigrèrent. Les autres se résignèrent à rendre chevaux et armes et reçurent des feuilles de route régulières'. Fn regagnant leurs foyers, quelquesuns eurent à subir des vexations et même des mauvais traitements de la part des détachements qu'ils croisaient sur les chemins et des paysans chez lesquels leurs uniformes n'étaient pasplusaimés que dans l'armée. Plusieurs de ces gardes, il est vrai, ranimaient les rancunes par leur arrogance persistante, leurs injures et leurs menaces contre l'empereur qu'ils parlaient d'assassiner, ("étaient eux souvent qui provoquaient les rixes. Près de Beauvais. le

I.M.irmont. M>m.. VII. Mi-io*. Guillewin. /> /'«triotiime <U$ Yolonta,r*i roy/iu-r. r,6-77. Rxrlinan* a Davoul. Doullrns. i.ï mars li'Krlou a l>uv..ut Lille. i> »*t iTniars lAtvh. <iu<Trr.) — \.r Journal L'nir+r$el. <!»• <ïan«i,n' I , rapporte naturellement k» « hosrs d'une fa<;"n toute dinVn-ntr. A |Vntrndr»\ la Maison militaire n'aurait pu suivre les prin<-e*a <-;uim* du mauxais <-tat tU's i lu'iiiin«. Hentr« <• à B»'lhnn<\ y aurait et«» ccnirt par le* iiiijh-naux et Liiml.it après lirt-nciee «'-.ntiv la volonté du comte d'Artois*

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