TROUBLES POUR LES DROITS HKIMS
La loi sur la libre sortie des blés, que le baron Louis avait fait voter dans l'intérêt de la grande culture, devint une autre cause de troubles. Parmi les populations pauvres de tout le littoral de la Manche, le bruit courut quelegouvernementvoulait a lia nier le peuple, et une légère hausse sur le prix du pain donna malheureusement à ces rumeurs absurdes une apparence de vérité. « — Va donc ! disait un paysan à un autre Breton, en lui arrachant sa croix du Lvs. avec ton bon roi, nous payons tout plus cher qu'auparavant1. » Dans tous les ports, depuis Dunkcrquc jusqu'à Morlaix, lafoule ameutée s'opposait à rembarquement des grains. A Boulogne, la populace profita d'un de ces tumultes pour saccager les maisons du port. A Saint-Main, de vieux matelots qui avaient fait la course jetaient des sacs de blé dans le bassin en s'écriant : « — Il vaut mieux les f.... à la mer que de les porter aux Anglais! »» Au Havre, à Dieppe, à Cherbourg, la gendarmerie et la troupe durent dégager les quais, la baïonnette au canon. L'exportation des grains ou plutôt renchérissement du pain mécontentait aussi le peuple de Paris. On disait dans les faubourgs que le roi était un accapareur et qu'il envoyait le blé en Angleterre pour le faire revenir pendant la famine et le revendre deux fois plus cher'.
Depuis la chute de l'empire, la validité des ventes
qui ne comprend »ruère moins de *ou lettres. e«U entièrement relative aux desordres provoques en France par le maintien «te» droit* rvnniv) Rapport* de pohee, * juillet. 17 .mut. A. 10. 24 «*-t. (Arrli nat F. 7. i7i«, F. 7. 3773. ) l>u|w.nt a Louis. I* juin , Yialanm-s n Impont. Moulins. 16 juin. Rapports de Kcllermann. Slra*l»mrtr. î» juillet et to août. l>upotil h Reutrnol, 7 août. Dupont à Sou ha m. i^ort., el«-. lAnli. «merre
I Hap|K»rt «te poli'v. Ht iH-tohn*. (Areh. nat. F. 7, 377J.)
t. Pro« es-vrrf>aux des .«mseilMde* ministre*. 2 wpt. (Anh. nat AF' VV) Mortier a Impont. Boulogne. 13 août. Autren-au a hupont. < ;»en. U aoftl. Jourd.m a Impont. Rouen, il a Mit. Pr<« « s-verkal du maire de Morlaix. \" sept. UvM>nâ Impoiit, Dieppe, * septembre. OfT.irelh a Impont. Rennes, ta ««pl. «Areh. tluerre.i <iorre*p. de*» préfet» et rapports de pu|n*e. v, 17, 21 août. » nept., 15 ocl.. et--. ..Arvh. nat. F. 7, j: <s, F. T.
nationales avait été proclamée trois fois : par l'Acte constitutionnel, par la Déclaration de Saint-Ouen, par l'article IX de la Charte. Mais les émigrés ne regardaient pas cette triple sanction comme irrévocable, et leurs propos et leurs menées alarmaient la masse des acquéreurs1. A Bordeaux, les royalistes avaient brûlé sur le théâtre l'Acte constitutionnel ; ils avaient tenté d'en faire autant à Nantes, et bien volontiers ils auraient aussi brûlé la Charte*. En Vendée et en Bretagne, les prêtres et les nobles annonçaient la restitution des biens confisqués, dénonçaient les acquéreurs et excitaient contre eux les anciens soldats des armées catholiques3. Une insurrection royaliste, préparée depuis l'hiver, devait éclater à la mi-avril4. Bien que la chute de l'empire eut rendu ce soulèvement sans objet, vingt mille paysans n'en prirent pas moins les armes. Organisés par paroisses, ils se tinrent prêts à se ruer sur les bleus au premier coup de tocsin. Sur la rive gauche de la Loire, nombre d'acquéreurs, parmi lesquels le maire de Montaigu, qui faillit être massacré, quittèrent les villages et se réfugièrent à Nantes. Dans cette ville même, on redoutait une attaque des chouans ; la gendarmerie et les cohortes urbaines restèrent sur pied toute la nuit du .'1 au i mai5. Au mois de juil-
1. En juin mr>, Talleyrand écrivait encore au roi : • Il serait bon qu'il y eût une déclaration sur les hiens nationaux et qu'elle s'exprimât d'une façon plus positive, plus absolue, plus rassurante encore que la Charte dont les dispositions n'ont pas sufll pour Taire cesser les inquiétudes des acquéreurs. Correip. arer f,om$ A'V7//. 4«t-4Hi.
t. «apport général de police, il uvril. (Anh. nat. F. 7, :»:::».) (tarante,
Sourruirt, il, :>7 -S*.
3. Moneey à Beujrnot, 16 août. Rap|>ort de police, 14 août. (Areh. nat. F. 7, 3773.. Dupont au roi, s. d. (première quinzaine de juin). Ilamelinayo à 1 m pont. Laval. 27 juillet. Arcli. Guerre.)
4. M— de la Itodiejaquelein, M>m., 4<i:i. 470. Cf. Préfet des Dcux-Scvre*» â hupont, 4 juin. Arcli. Guerre.)
s. G«> C» la I.oire-lnferieure à Impont. s mai. Préfet de Vendée à Gouverneur de la li' [>»»» Mr#, 7 mai. Huty a Hupont. Angers. Il mai. hupont au roi, Itt mai. Préfet des Deux Sèvres ji Dupont, 4 juin. (Arrh. Guerre.)