‹ 1815 (volume 3)Chapitre 141 sur 226 · KI · texte numérisé non relu

KI

les ordres formols des Tuileries où l'on craignait que la formation d'une nouvelle armée vendéenne ne mécontentât le parti constitutionnel *. Dans la nuit du 21 au 22 mars, le duc de Bourbon apprit le départ du roi. Cet événement lui rendait sa liberté d'action. Il revint au projet d'armer la Vendée et la Bretagne. Dans la pensée du prince ou plutôt dans celle île ses conseillers, car il pensait peu par lui-même, l'insurrection s'étendrait des deux rives de la Loire jusqu'à la (iaronne où elle se relierait au mouvement royaliste de la (iuyenne, du Ijuiguedoc et de la Provence. L'usurpateur aurait en armes contre lui presque la moitié des Français*.

A Angers, cependant, les nouvelles de Paris avaient consterné les blancs et exalté les bleus ; déjà ceux-ci en voulaient beaucoup au duc de Bourbon à cause de la contribution de 2,500,000 francs qu'il avait imposée à la ville pour l'armement des volontaires et qui portait principalement sur les acquéreurs de biens nationaux. La garnison et le peuple étaient pour l'empereur, la garde nationale déclarait qu'elle resterait neutre, les volontaires royaux eux-mêmes semblaient suspects. Le général d'Auticbamp conseilla au duc de Bourbon de se rendre à Bcaupréau où il serait en sûreté et au centre même du pays qu'il voulait insurger. Le prince partit le 2.'l mars à trois heures du matin*. Besté h Angers pour y maintenir l'autorité royale, d'Auticbamp reconnut bien vite que la partie n'était plus lenable. Le colonel de gendar-

Page 1