LA CAPITULATION DE LA PALLID
durent croiser la baïonnette pour se frayer passage à travers la foule ameutée1.
\a* It» avril, une salve de cent coups de canon tirée dans toutes les villes de France annonça au pays la lin de la guerre civile*. Selon la volonté de l'empereur, il n'y eut aucune répression. On n'établit point de commission militaire, personne ne fut déféré aux tribunaux. Napoléon se borna à destituer le colonel d'Ambrugeac, du 10* de ligne, les généraux d'Aultanne. Ernouf, Monnier, Briche, Loverdo, et les préfets du Var, des Bouchcs-du-Ithonc, dos Basses-Alpes, de Vaucluse, du Gard, (pli avaient si ardemment secondé le duc d'Angouléme 3. (Juant aux gardes nationaux et aux volontaires de l'armée royale, gradés ou non gradés, ils reçurent des feuilles de route régulières pour regagner leurs fovors4.
Malheureusement, 1rs paysans du Midi étaient plus vindicatifs «pie Napoléon. Pendant les vingt-cinq jours de cette prise d'armes, les miquelets, par leurs propos furieux, leurs menaces, leurs exactions et parfois leurs mauvais traitements, avaient exaspéré leurs ennemis politiques, irrité les indifférents, terrorisé toute la contrée5. On n'attendit pas la défaite
t. Massena a \«|*.leon. Toulon, I* avril <Ar-h. mil. AF. IV. IDjsi. \» ration »lu r.itivil municipal «1.? M;irs.>i|].\ M avril. et lettre de (Ir;»*s.ili.-i». Marseille, H avril \r\Ws dans le .Vtmmrr «le Massena. Appen- «lir»- j (irouchy a Napoléon. Avicuon. u avril, (ignorai Miollis a lirouohy, Marseille. I» avril. <»<neral Le. U-rr à r.n.u'hy. Marseille. 14 avril. lAreh. Guerre.)
t. Itavout. t orrrs/t , l.iTO et I .'»70. Journal <U l /' „f,irr, 17 avril.
.1 NapoLon. forrup., U.Hi. et 1/-.N. r<ur. I» .ivnl. — Plusieurs de ee* c{fl' i'-r» et de ces préfet», d'ahord arr>"l<s, furent relAi lies dans !»• > ouraul du mois. Loverdo. .vctisi' plu« tard d avoir tue de sa main un maire Louaparliste. échappa aux poursuites.
*. Pavant, t'orretp., l'A*.
5. A Auhenas une troupe de ro> iIisI>'h .-..lutnil ton* le* ev.*«. : iN hle««è. rent ou tuèrent plusieurs personnes. ..sommèrent Muuuier et Kili >t aine. (Lettre de Tournon, il tnar*. Anh. n il. K. 7. tUî.i — A .M"iitHim;ir, un i-royail iju»* k* v«»loiiUir»'> aliment piller la ville et ma»«a< rer l"U«> les républicains et bonapartistes. ^Lettre interceptée, du du ■ a la duchés*?
des royaux pour les attaquer. A Nîmes, le 24 mars, un fanatique poignarda en plein jour, place de la Comédie, un volontaire du bataillon de Montpellier. Dans plusieurs villages des Cévenncs et des Alpes, les habitants arrêtèrent et désarmèrent des détachements de miquclets ou fusillèrent avec eux \ Après la capitulation de La Pallud, quand on vit revenir les volontaires, sans armes, marchant isolément ou par petits groupes, les rancunes et les haines se réveillèrent. Avec leur mine patibulaire et leurs propos menaçants, ils avaient sans doute causé plus de peur qu'ils n'avaient fait de mal, mais les lâches sont accoutumés à se venger de leur peur. Un grand nombre île ces malheureux furent insultés, battus, repoussés des villages comme des chiens enragés, pourchassés dans les champs comme des bêles fauves. Dans la Lozère, des montagnards cévenols se postèrent sur une hauteur, à l'entrée du défilé de Pompidou, pour faire rouler «les rochers sur les volontaires à cheval
d'An£<»ulême. Pont-Saint-Esprit. 30 mars. Journal de l'Empire, 9 avril. Imposition de Kresly. l*rore*-le Debrlle, ik-I1*.) — Sur la rive droite du Rhône, le détachement du colonel M.*i*rnier « s'attacha particulièrement à enlever les caisses publiques et s piller les particuliers • (Mémoire manuscrit de VTirle cité p.ir liruquehay. Le gênerai Merle. iOS H)6\ - A Livron.les soldats du lo* de liKne et le duc d'Aiiirmil^me lui-même durent empêcher les volontaires de maltraiter les prisonniers bonapartiste». (Rapport du colonel d'Amhruccar, 4 avril. Arcli. Guerre.) — A Mines, les catholiques chantaient dans les rues :
Lavaren noslri mans
Inn lou saiiK di pruutestans !
Si l'on remarque aussi que la commune d'Arpaillargues. où les nnqueleis furent licitement attaques, à leur retour, par la population, kc trouve précisément sur le » hemin qu'ils avaient suivi quin/c jours au|>antvant pour se rendre de Mmes a l'ont- S.-iint-Esprit. on est porte à croire que ces hommes y avaient laisse de douloureux souvenirs:.
i. Lettres interceptées du comte de S.unt-I'ricst et du préfet Harmand. Sisteron, * avril [Journal ite l'Empire, 14 avril. j Mémoire conctrtfnl let irouhlts du MtJi, *, iO. Mamelle et .Viwnt jHitifiee*. «.V Préfet de Menti* * Carnol, * avril. (Arch. nat AK. IV, m.Vj Sous-I'refet dlssoire a Uawut, « avril- (Arch. Guerre.)