‹ 1815 (volume 3)Chapitre 172 sur 226 · V- • r. '. U iv* r : ^ « 4>>\ • : :i r >.or · texte numérisé non relu

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INERTIE DES PKEFETS

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L'empereur, qui dans le parcours de Cannes a Paris avait déjà prononcé plusieurs révocations, pressait son ministre de l'intérieur de faire une exécution générale. Carnot comprenait aussi bien que Napoléon la nécessité d'un changement complet . mais il voulait y procéder graduellement « de peur d'arrêter le mécanisme administratif1 ». LeO avril seulement, la liste des préfets fut définitivement arrêtée. Des 87 préfets que le précédent gouvernement avait nommés ou conservés, 01 furent révoqués, 22 maintenus ou déplacés5, (iamot resta a Auxerre, Plane v à Melun, Girard in à Rouen ; Hambuteau passa de la Loire dans l'Allier, I^ameth de la Somme dans la Haute-Garonne, Bessieres de l'Avevron dans l'Ardèche. De nombreuses nominations de sous préfets suivirent celles des préfets. Mais parmi ces nouveaux fonctionnaires, plusieurs mirent peu d'empressement à rejoindre leur poste. Les plus zélés eux-mêmes, comme Harel nommé préfet des Landes, durent compter avec la lenteur des moyens de locomotion. La plupart d'entre eux n'entrèrent vraiment eu fonctions que du 10 au 20 avril*. Ainsi, pendant prés d'un mois, l'administration était restée aux mains d'un personnel secrètement ou ouvertement hostile à l'empire. Kn outre, les choix de Caillot ne furent pas tous bons. On nomma des incapables, des maladroits, des gens

nu m^nw, avril-juin. F'' I, i<$, et F. T. Jt»4T. Note du ministère remise & l'empereur. U mai AF IV, I ■»*.•>[.

». Nap«ù>'»'>. C-nmtp., ilTiH. Napoléon a Cirnot. mars. An-h nal AF.,

IV, ÎN»7 ) CartlOl. f orreap. tirée .Wap»/*-'»». J6-JV

i. ttmUei'H Loiê. » avril. Plusieurs préfet» nomme* par d.vrets des H,, t* et jo mars n«* furent pas maintenus <lan* le gr*n<l mouvement «lu « avril.

Parmi 1rs fit préfet* rr\.>.|ur*, un»- vingtaine. Ira plus cmapcoinK elaient en fuit»» ou avaient envoyé Irur «1emi««i<in.

3. \.i|wi|> <>ii, l'orrrtjt tirer f '<i mr>t , tu. II. ?»>, !.<"* «•••pi^* »r»pr»*<i les

minutes <!♦* plusieurs lettres .le t-e volume *»• tr«>uvrn< ;iux An luv<*» n:t luinalfs. A F IV vnT.

sans expérience. On destitua dos préfets que l'on aurait pu conserver et l'on en garda qu'il eut fallu révoquer, nommément le préfet dïlle-et-Vilaine qui avait quitté Rennes le 22 mars pour ne pas assister à la proclamation de l'empire, et le préfet du Tarn qui, sur les ordres de Yitrolles, venait de dresser une liste de proscription contre les bonapartistes'.

Parmi les fonctionnaires nommés ou maintenus par Carnot, les préfets de Lyon et de Marseille n'ont ni énergie, ni fermeté. Le préfet de Niort fréquente les royalistes sous prétexte « qu'il veut les faire causer » ; le préfet de liordeaux fait obstacle à tout ce qu'ordonne Clause! ; le préfet de Caen entrave l'organisation des fédérés. Le sous-préfet de Senlis refuse de signer l'Adresse des habitants à l'empereur ; celui de Lisioux donne Tordre d'enlever du clocher le drapeau tricolore, « dans la crainte d'exciter des troubles»; celui de Hocroi, place frontière, montre de telles dispositions que Yandammc le destitue de sa propre autorité ; celui de Nogeut-le-Hotrou fait afficher sous le porche de l'église une proclamation de Louis XVII P. Pendant tout le règne, ce furent île nouvelles destitutions, de nouveaux changements, un chassé-eroisé incessant de préfets et de sous-préfets3. Kl le f S juin encore, le jour de Waterloo, un habitant de l'Aisne écrivait à Carnol : « Le gouvernement veut-il se maintenir ou veut-il remettre les rè-

I. CafTairlIi a havout, K<-nncs, 24 mare. (Arch. Guerre.) Meriinà C.araot, io avril. (Arrh. uat. r I, 26. 1 Cf. sur le* mauvais choix de préfets, Napol.-.m, CorrtMj,. atec Carnot. 41, St. »J, 61, 70. *9. etc.

t Lanuoy è N;«|K>lf*>ii, Lyon, t" juin. (Arch. Guerr*.) Itf*y à Napoléon. Mitra ille, * juin. I<< •iiirny à Napoléon. Niort, mai, «-t IlornVaux, M Juin.

[Pore fruit l§ .if n.o>n'ii*irte. * I . t>'i, lu». ) Yamtam à havout. ti mai. Lemar-

r>os à Mavotit. Hoih-i». ift mai. 'Arrh. (?uerre.) Ilassano a Camol, e mai i Arrh nM AF. IV. VeuVI à bavoiil. Caon. M mai. vArch. Guerre.) N.'i|Mj|eou à Kou. h»-. Ifi mai. An h nul. AK IV, ih>7.}

t \.i|M.|»'MH, Citrrt-tp. arec Curnot, 41, 53, 61. 73. Kî), el«\ < la mot a

l'avout. J'» a \ ri I »*t i-'» mai. Ituiirti» </. t h>u >lu M avril au \o juin.

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nés de l'Etat à Louis XYIU?S'il veut se maintenir pourquoi l'administration continue-t-elle à être dans les mains des agents des Bourbons' ? »

Les préfets étaient mauvais. Les maires liaient pires. Sauf dans l'Est de la France, presque tous liaient d'anciens seigneurs de village émigrés que l'empereur, toujours trop jaloux de rallier à lui la vieille noblesse, avait nommés de 1809 à i81lf. Le retour miraculeux des Bourbons, auxquels ils ne pensaient plus guère, avait ranimé leur foi royaliste en même temps qu'il leur avait donné de douces espérances de biens restitués et de privilèges reconquis. I^a restauration de l'empereur les réveillait de ce rêve. Le dépit et la colère les enflammèrent contre cet intrus, et ils le combattirent sourdement ou ouvertement avec les armes redoutables que luimême leur avait jadis si légèrement confiées. « Les divers rapports des départements, écrit le .'H) mars Foucbé à Carnot. s'accordent à nie signaler les maires, qui sont la plupart des anciens seigneurs, comme un des principaux obstacles au retour de l'ordre u. Le 1 T> avril, il écrit île nouveau : « Il m'arrive d'une infinité de points des plaintes graves contre le mauvais esprit des maires. Ils terrifient les bons citoyens, arrêtent l'élan des Français etjaccréditent les nouvelles désastreuses et 1rs bruits sinistres. » Le 20 avril, Davout s'adresse à l'empereur lui-même : « Tous les rapports expriment la même opinion sur la tiédeur et le mauvais esprit des maires, la plupart pris dans la classe des anciens nobles', w

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