HOSTILITÉ DES MAIRES
faut que l'administrai ion elle-même ait bion peu do coiilianco dans la durée do l'empire ' ! » Lo provisour do Lyon défendait aux élèves do crior : Vivo l'empereur! dans la cour du lycée. M. do Wailly agit do même au lycée Napoléon ; il y eut do sévères punitions qui provoquèrent une révolte générale, et le grand-maî- Iro de l'Université donna raison au provisour! Un rapport du préfet de l'Hérault mentionne qu'un instituteur de Lodèveapris la fuite après avoir imprimé au for rouge une Heur de lys sur le bras de plusieurs de ses écoliers*. Ce bourreau d'enfants était bien digne du nom do « convulsionnairo royaliste » que les patriotes lorrains donnaient à leurs adversaires*.
hans une lettre pastorale, l'évèquo d'Agen enjoint à son clergé d'exhorter les bons catholiques à n'obéir qu'au roi légitime. L'évèquo do Vannes déclare que jamais il ne chantera un Te Deum pour le Ivran. L'évèuue do Soissons écrit au ministre dos cultes qu'il ne reconnaît d'autre souverain que S. M. Louis XVIII4. Le curé d'Haineville met le village en interdit comme en plein moyen-àge ; il n'y a plus ni office divin ni sacrements. Le curé de Villeiieuve-d'Agen annonce» qu'il va fermer l'église. Le clergé tout entier du département du Nord, jusqu'aux religieuses du couvent d'Esquermes qui font copier à leurs élèves les proclamations de Louis XVI II, se croise pour les Bourbons. En Alsace, les prêtres menacent de damnation éternelle les
i. NhU? de IIush, Purin, U mare. Rapport général. 30 mai. <Ardi. nat. F. :. 3ii*»*, F. 7. JTiU.)
i. Rapport* du préfet de Lyon, I juin <t «lu préfet «Je l'Hérault, iv niai. Napoléon a «larnot. H mai. <Ar.:h. nat. F. j::4. AF. IV, Uurry, Vahirr d u* Rhrtonet*n ilt WS, 113 IJ»
3. Major Auranice à Davout. Montmedy, 15 mai. (Areh. Ourrre.»
4. l-ifîarelli à havout. R<nnes, il mars. Cireulairr de I Vve<|ue d Apen. 21 mant (Ar« h. lîuern-;. Rapport du préfet du Morbihan, iu inar*. Hmr<>t de Preameneu à Napoléon. £\ mai Ar< h. nat. F. T, JT74, AF IV, «l>r» )
paysans qui obéiront au décret sur la garde nationale. In nin; de l'Ain dit au prone que les enfants des individus qui ont dansé quand on a arboré le drapeau tricolore ne seront plus admis à communier. A Brest, un vicaire refuse l'absolution à la servante d'un bonapartiste. Le jour de la Fête-Dieu, à Saugues. un prêtre se détache de la procession et abat, d'un coup de poing, le shako décoré de l'aigle d'un soldat en permission. Les séminaristes bretons attendent dans une pieuse veillée des armes le premier coup de fusil pour prendre part à la guerre civile. Dans la moitié de la France, les prêtres se refusent à chanter le Domine sttlvum. Quelques-uns font des compromis. Ils disent: Ikmtine. servum fac imprratorem, ou bien ils psalniodient les paroles sur le ton du De Proftmdts1. • Le clergé e>l animé du plus mauvais esprit, écrit l'ofheierd ordonnance l.annoy en mission dans le Midi, lin va {m> de moyens que les prêtres n'emploient |n»ur *^arvr l'esprit public. Ils font beaucoup de mal . . — M^soldats provençaux, écrit le colonel du .~*7\ r>^ : -.t des lettres de leurs parents où il e<l dit k.i^ le> menace de ( enfer s'ils ne dé<*ert»-nt ï».** • — L tant ^iiTt^er le c'en:-- en Bn-ta^ne et à:..-':^ . r. \eut exiter \\ in>TTv civile, dit Da* ;:î à :-rv :~—
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LES CKAIMKS DE liUKHRE
Napoléon avail «lit : l'empire, c'est la Révolution. Il avait «lit aussi: l'empire c'est la paix. Il répugnait à refaire la Révolution et il ne pouvait pas maintenir .a paix. Ceux qui s'étaient déclarés pour lui avec le plus d'élan se trouvaient ainsi déçus dans leurs espérances tandis que la foule immense des indifférents se voyait menacée dans son repos et dans ses intérêts.
l/empereur s'efforça d'abord de cacher les dispositions hostiles des puissances. « La guerre n'est plus à craindre. » dit le Journal de t Empire. « Tout répond de la tranquillité extérieure, » déclare le Nain Jaune. Pendant trois semaines, les journaux officieux parlent sur le même ton, reproduisant les articles pacifiques du Morning Chronicle, annonçant l'envoi de courriers diplomatiques à Vienne, publiant des correspondances, vraies ou fausses, d'Augsbourg et de Hruxelles qui concluent au maintien delà paix'. Nombre d'exemplaires de la furieuse Déclaration du
il est dit que 3oévequrs 3o sur *7. c'est peu lui affirment que l'esprit de leurs desservants est bon, ne saurait prévaloir contre les centaines de te moi images contraires «les préfets et des généraux ni contre le rapport général sur lf clerc*- du 2<« mai. ( Vrcli. nat. AK. IV. I'>3>. Carnot lui-même dans plusieurs lettres conservées aux Ar. li. de la Guerre et dans sa cor respondance publiée .111-114, 117, reconnaît les mauvaises dispo
«.liions du cierge.
Au reste, nous lirions, ici comme toujours, d'une façon générale. Il est clair qu'il yavaitdes prêtres patriotes et même anti-hourl>«»iiiens '■ l'evêque I.«vn7,;les deux cures de Salins qui criaient: Vive le Cert? la Violette ! le cure de Oostiequi pronom ;i en chaire, le jour de Pâques, un sermon sur • le retour «le Napoléon le lira ml • ; l'evcque «le Valence qui rappela dans une letii-e pastorale que • c'était l'cuiprreur qui avait jadis rouvert les temples et rc levé les autels ..et ce spirituel evé.jue de Lémures, qui . raconte He.il <l.»:is son rapport du il mai. dirait aux cun-s de Paris : . - Si \ous prête/ -or ment vous s» re/ M-'imcs par trois sortes de gens : t" les ni' r s île I Kk'li-c; ï les lli.-o|i»L'iens de salon, qui ne croi. nl p.i» en lmu : v |e> defroqm coiiniie Tall< \ rnnd et l<- l.aron Louis •
t Moniteur, Jmtrmtl <lr l Hiu/,ire, Journal rit l'ant, du il mars au I > avril I.e .V«i» Jw. i» mars
l.'J mars avaient pénètre" en France. Napoléon assemble les présidents de section du conseil d'Etat; le 2 avril, ils rédigent un rapport où ils démontrent par les meilleures raisons du monde que ce manifeste est l'œuvre des seuls ministres de Louis XVI II, et que les plénipotentiaires des puissances étrangères n'ont pu le signer'. Mais en vain la paix est le vieu unanime, en vain on écrit du Nord comme du Midi que la certitude de la paix ferait cesser toute opposition Ma guerre est inévitable et imminente. Il faut bien que l'empereur s'y prépare. Les décrets rappelant sous les drapeaux les hommes en congé3 et mobilisant une partie des gardes nationales *. la publication dans le Moniteur du \\\ avril du rapport de Caulaincourt, où l'état des relations diplomatiques est exposé sans réticences et qui fait baisser la rente de huit francs en deux jours 5. viennent démentir les assurances de paix et donner raison aux alarmistes et aux malveillants. Ils ont le triomphe gai. Les uns chantent :
Ab! dis donc Napoléon,
A n'vient pas ta Marie-I.ouise!
1. ((apports des présidents du <'<>uscil d'F.tat du 5 avril t Moniteur du H avril . Il est singulier que ce rapport, tvdijre le i avril |w.ur calmer les craintes de guerre n'ait cte publie dans le Moniteur que le n avril, preci- ^monl 1** jour ou parut dans le même journal le très voridique et 1res alarmant rapport de Caulaincourt sur la situation extérieure. A la vérité, le rapport du conseil d'Klat ne portait pas seulement sur la déclaration du contré*. Cotait au^si une sorte de mémorandum rappelant les violations du trait»- de Kontainohl. au et exposant les droits de Napoléon à quitter l'Ile d'Klbepour • venir délivrer la France de la ilominalion d une jx-imee de nobles •.
2. « Si la paix n'est pas troublée, toute la Franc* sera contente . I.emar. rois h Davout. Honeii, M mars.-— t ],<• p.-|j\ assurée ferait bientôt succéder dans toute la Ppivenee le cri de : Vive l'empereur ? au cri de : Vive le roi* . r.ni-Nin a Davout. Antil.es, in avril An h. t;uerre\ i;f. ("...rresp. penerale. in.irs-niai ■ et Corresp. «les pirMs, mars-mai Anh. nat. F. .
a Décret du dinars ' »/.wu/e>o\ ■• w r\\ V I».. r< t du lo avril / Mt»ut>-it> il ;1\ril
... l.e M avril : On fr J.< I,»- it :»\ 1 1 1 ; • *> fr. >n. - Cette publication. <pn p»i-ta l'alarme dans le pa\s, pat>il a première vue inopportune et mala
LES CHAIN TES DE tULHilE
D'autres affichent cette annonce : « Deux millions de, récompense à qui retrouvera la paix perdue le 20 mars. » D'autres placardent ce décret : « Napoléon, par la grâce du diable et les constitutions de l'enfer, empereur des Français, avons décrété et décrétons ce qui suit : Art. 1". (1 me sera fourni .'100.000 victimes par an. — Art. II. Selon les circonstances, je ferai monter ce nombre jusqu'à trois millions. — Art. III. Toutes ces victimes seront conduites en poste à la boucherie' ».
Le rappel des militaires en congé, la mobilisation des gardes nationales, la certitude d'une guerre effroyable, la crainte d une seconde invasion, la faiblesse du juwvoir, l'inertie des préfets, l'hostilité des maires, les menées du clergé, tout conspire à altérer l'opinion dans le centre et dans l'Est de la France, à la perdre au Midi et à l'Ouest. L'enthousiasme s'éteint, la confiance s'évanouit. Le mot d'ordre des mécontents; « Ça ne durera pas! » s'impose à la masse. Des trois quarts des départements arrivent des rapports identiques sur l'affaiblissement de l'esprit public, et de partout s'élèvent des plaintes et des accusations contre l'apathie ou la complicité des fonctionnaires*.
droite. Mai* il fallait bien cependant donner les motifs des décrets de mobilisation et démontrer c'était l'Europe et non l'empereur qui vou lait la guerre.
I. Note de police. 5 mai. Placard afliche a Fontainebleau, i » mars. (Arch nat. F. 7. 3±uo». F. 7. iTTk - Chanson manuscrite distribuée à Bourges. 11 mai. Placard afiiche a Orléans, 23 mai. i.Areh. Guerre.)
l ue autre chanson ou il élan question aussi de la paix et de Marie-Louise avait ce refrain :
Ah : non. ça ne prend pas, Nicolas '.
1. • Les craintes de iruerre altèrent l'esprit public. . Boucn. i> mars. — • L'enthousiasme pour I empereur Hait -mini, mais il s'aiTatblit. . Stras- )«our£r. h avril. — • I. 'enthousiasme diminue, et cela parée qu'on a maintenu les* fonctionnaires Ipourl-uiiens. » Màr.m, i* avril. . L'élan qu'avait produit le retour de S. M. s'affaiblit chaque jour. . Le Puv. iv avril.
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Restés d'abord comme écrasés par les événements, les royalistes reprennent leurs sens, se comptent, s'enhardissent, correspondent avec Gand, colportent les proclamations royales, répandent des nouvelles sinistres, intriguent, conspirent, prêchent l'insoumission, conseillent la désertion, persuadent les simples, soudoient les gueux, suscitent «les troubles et des rébellions. « L'action du gouvernement, écrit l'officier d'ordonnance Planât en mission dans le Midi, est tout à fait nulle, dominée qu'elle est par les menaces et l'insolence des royalistes. Ils annoncent l'entrée des Bourbons et les vengeances qu'ils exerceront contre tous ceux qui serviraient la cause de V. M. Ces nouvelles absurdes jettent la crainte chez les bons citovens et encouraient la désobéissance chez les autres. » — « Tout s'en va en dissolution et en anarchie, écrit le commissaire central de Lille. Ce sont les royalistes qui ont le ton le plusélevé et qui tiennent le haut bout. Ce ne sont plus eux qui sont notés, ce sont eux qui notent les autres. Il faudrait à Lille des of liciers généraux d'une énergie un peu sabrante. » -« l ue bonne mesure, écrit d'Amiens l'officier d'ordonnance Chiappe, serait d'obliger tous les seigneurs châtelains à habiter leurs maisons de ville. Les paysans n'ayant personne pour les exciter seraient tranquilles et soumis. » — <» Il
— • Il n'y a pas h se dissimuler que l'esprit public s'affaiblit. ■ Lyon. 1 mai
— • Le royalisme fait des propres effrayants par la laule des fonctionnaire*. • Moulins, 15 mai, etc.. etc. (Corresp. des préfets et des commissaires de police. Arcli. nat. F. 7, 3771.) — . Il y a de l'ajrilalion dans la Jt* division militaire. par suite de l'hostilité déguisée de l'administration. • Lepic à havout. Honrires. ». avril — - tlinq bataillons «le jrarde nationale partiront >-es joiirs-«-i malirre l'insouciance autorités et la malveillance du clergé.» fïeneral l.<>is«>n à Ixivout. S unie M'iich<»uldc. > mai. • - - • La )» ► pulation ne "i vse de provoquer les autorité* impuissante*, ou complice*. . < otninandant d'armes . ,«• «jette. !» mai. — . C'est la «uerre qui indispo>ele\ hat. liants, car ils redoutaient la dlme et la féodalité. . Iiavout a rouche, 1: mai, etc. etc. Arch. liuerre.