TROUBLES ET SÉDITIONS
20 mars, mais les mômes sentiments n'animent pas tons les hommes en congé. Dans l'Ouest et dans le Midi, où d'ailleurs il y a toujours eu de la répugnance pour le service, et dans plusieurs départements du Nord, ils subissent l'influence de l'esprit de révolte. Ils écoutent les conseils des parents et des amis, se rendent aux raisons des orateurs de cabaret, se laissent gagner par la prime à la désertion qui leur est offerte sous forme d'argent, de refuge, de promesses, ♦t I^i désertion, écrit-on de Lille, perd chaque jour son caractère de gravité. Dans la langue de ce pays, déserter c'est faire preuve de loyauté et de fidélité. ►> Aux revues d'appel, il se présente seulement la moitié ou le quart des inscrits. A Bordeaux, le il mai, les rappelés se ruent sur les membres du conseil de revision en criant : Vive le roi! Il faut les baïonnettes du o2e pour maîtriser ces furieux. Dans le Languedoc, la Provence, la Normandie, l'Artois, la Flandre, ce sont les mêmes tumultes1. L'empereur donne l'ordre de suspendre les levées dans les départements de l'Ouest, espérant par cette mesure empêcher l'insurrection vendéenne1. Les marins de La Bastide et Berck, rappelés eu vertu de l'inscription maritime, déclarent qu'ils ne partiront pas. Ceux de Dieppe» montent en barques pour déserter en Angleterre ; deux coups de canon tirés de la batterie du goulet arrêtent à la sortie du port leur petite flottille3. Dans la moitié de la France, les gardes nationaux mobilisés ne sont pas moins récalcitrants. A Dunkerque, dixhuit partent sur deux cent quatre ; à Alençon, cent
I. Corrp'pon.JatH-c pnioraW», avril juin lArch. Oihtp»;. Kxlrail «!<' la i.orn-Hp. il»** pn-ft-U. avril-juin, et rapi«>rls a IVmpfivur et à F<.u.-)i<\ niaijmu Ar.li. ti.it. F. 7,177 4, fl A F. IV. l'.'U. A F. IV. 1'.m7. AF. IV. r»i«r. i. Itapporl .If Davoiit a Vip..l»'<»n. H mai lArob. nat. AF IV. i'M.o i. (;. rau.l. J.n.n.til ,;tt'»,-, m. «apport «If Uonk, »t juin. (Anh. n.it .F.7, J774.) Lfinarrois a l>a\..ut. liout-n, li mal (Arrh. (iu. rr. ;.
sept sur deux mille cent soixante. Les bataillons île Rouen et île Beauvais sont exclusivement formés de remplaçants
Mis en route par petits détachements, les rappelés et les gardes nationaux mobilisés ont à subir des tentatives d'embauchage dans les gîtes d'étape. Le 2 mai. les habitants du village de Saint-Bonnet itiard i parlent si bien que tous les hommes d'un détachement, dirigé sur Nîmes, rebroussent chemin et rentrent chez eux. Le 12 mai. une châtelaine des environs de Montbrison fait déserter trentehuit soldats en leur lisant le Journal du Lys et en donnant .'10 francs à chacun d'eux'. I^a gendarmerie éUmt impuissante à faire rejoindre la foule des insoumis et des déserteurs et à réprimer les séditions, il est formé des colonnes mobiles dans cinquante-deux départements 3.
Dans la France agitée. Paris reste calme. « On e>t aussi tranquille qui' si ce singulier changement île scène ne s'était pas produit, •> écrit le comte de Montlosier. On est tranquille mais on est triste. L'argent devient rare. La rente, qui avait atteint le cours de 78 au commencement de mars, tombe à 08. à .'»7, à .'ii*. Les recettes des théâtres baissent de plus d'un
i. Kxtrnit dr la Corresp. d<* préfets, mai-juin. Arrh. nat. F. 3"4.» <:r. Ilapport ir« ix-ral à |Vmp.-rrur. 31 tn.ii <Vicli nat. A F. IV, » rt Ktat d»-s farde* tint inn;tl«*s d'ditr AF. IV, i'U». .
J. Hapj*.rt du ll d«» p..li.-.\ Mr.ntpHlirr. 4 mai Arrh. nal.. AF. IV. i'.'i' «i^nrral H«Mirr»-t a l>a\..u«, Monthi ison, 12 mai. (Anli. (iurrrr. <:f. i irni lain; df l>a\out, <iu i«> mai. sur 1rs mcsur»** a prendre < i.ntrr les eiiil.au clirur>. ri la lettre dr F<<u<he ;i 1 >a \ < <n I . u juin Anli. liuerre .
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4. I>« th fr. cours du 4 mars, la rente toml«a n t>».lï le 19 mars cl r*--