PARIS EN AVRIL ET EN \IAI
rant et on protestant1. Les royalistes et les modérés s'indignent des motions faites à la Société libre des Amis de la patrie et de f humanité, nouvellement fondée sous la présidence honoraire de Curant, et dénoncent les soirées du théâtre Montansier, transformé en café-concert, comme des saturnales odieuses. C'est un véritable club, à la différence qu'on y chante au lieu d'y parler. Des sous-officiers de la garde font le service d'ordre, le programme se compose non seulement de la Marseillaise, du Ça ira, du Chant du Départ, «le saynètes contre les émigrés, d'hymnes napoléonistes, mais aussi de chants qui appellent tous les peuples de l'Europe à la liberté et à la révolution \ t
Il ne se passait guère de jour que des gens du peuple ne vinssent crier : Vive l'empereur! sous les fenêtres «les Tuileries. Los rovalistes prétomlirent «jue ces rassemblements étaient payés par la police, qui «»nrolait à cent sous la séance tous les commissionnaires et tous les déerotteurs de Paris. Un a si beau jeu dans notre pays à mettre la police en cause î II semble certain, au contraire, que l'empereur, heureux tout «l'abord de ces acclamations, en fut vite importuné. Dans l«»s premiers jours, il s'était montré à la foule «lans un dessein de popularité. Il se créa ainsi une sorte de servitude envers les enthousiastes et niènu* envers les simples curieux. On conte que des individus
1. Journal dr* Ih'bnt*% 16, IH avril. Journal uni»cr*el de G and, n** ï et .'». La l>ounrcoisic avait une telle répugnance pour les chants de la R<>w.lution que «les musiciens «le la tfarde nationale ayant commence Yeill-,„t ■au Salut df l'E m/tir? , Aeloque, chef «Je la II* lésion, les arrêta en disant : • — Tant qu«" je commanderai, on ne jouera pas des airs incendiaires. • {Rapp. de Real. Ie' juin. Arch. nat. K. 7, JT74.)
2. Rapports de Real. I*', :i, 4 avril. (Arch. nat., AK. IV. IVi» ) lltddiotisc, Lettres, I, 205-iOti. — Une partie du répertoire du cafe Montansier fut publiée en avril, mai et juin la 15. dans un recueil périodique ayant pour titre : J> nouf/mt df vinh-tte* oh la JtèunioH des finît es. Parmi ces chansons, il s'en trouve une de Mery.
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se firent une industrie de cette exhibition. Pour quelques pièces de monnaie, ils criaient : Vive l'empereur I jusqu'à ce que le souverain eût paru au balcon. Lue des causes qui engagèrent Napoléon, au milieu d'avril, à quitter les Tuileries pour l'Elysée fut vraisemblablement le désir de se dérober à ces ovations tyranniques. Le charme, en cette saison, du beau jardin de l'Elysée, où il pouvait se promener et converser à l'abri des regards, le détermina aussi à changer de résidence'.
Les malveillants ne manqueront pas d'attribuer l'abandon des Tuileries à certains scrupules et à la peur des assassins. Comme si Napoléon s'était fait jadis un cas de conscience de « souiller la demeure des rois >. et comme s'il s'enfermait à l'Elysée pour n'en jamais bouger! Presque chaque jour, il passe en revue, au Carrousel ou aux Champs-Elysées, des régiments qui partent pour les frontières. Le dimanche, il va entendre la messe dans la chapelle des Tuileries ; à l'issue du service, il v a audience publique. Puis c'est un déjeuner à la Malmaison avec la princesse Horteiise. Molé, Denon et La Hédoyère, ou une excursion à la maison de la Légion d'honneur de Saint- Denis. Ce sont des visites aux Invalides, à l'Ecole polytechnique, au Muséum d'histoire naturelle, aux galeries du Louvre, chez le peintre David, à qui l'empereur remet la croix de commandeur devant le tableau des Thernwpyifis, aux travaux du Champ de Mars, aux ouvrages «le Montmartre et de Charonne. aux ateliers d'armes, à la filature de liichard Le-
I. NajH.I^-n à Jus^ph. ?.. mnrs (Arvh. tint. AF. IV. W<. Cf. IMalion «lu l'iTf M.-Miri'**' 'Anli. Aff.Hr., f H I H . Knhry, ///>.• v-n-v de linona/tart*, Mi!»s ||< l.'ij.i Williams. Helatton <i i ëf'-nemenls. ».*»-7u. Uarry. Cahirrê, »>. Hohli«ms<\ Lettre*. I. i* r». et «iiii7.>| < \frni ., I. ~i'> «(ui 'lit : • ... J« vi> < laiiviikmiI \ajH»l< oii ne. rt'lirer ou haussant Ws ♦•paulc*. plein d'humeur san* «loule davoir à s«> pn-lor à o?s .leiuonslrations. .