PARIS EN AVRIL ET EN MAI
noir. Napoléon fait ces promenades sans escorte, accompagné seulement d'un ou deux aides de camp : Drouot, Flahaut, Corbineau, La Bédoyère. Dans les quartiers populeux, il descend de voiture, marche au milieu de la foule, s'arrête pour causer avec les ouvriers et les femmes du peuple1.
L'empereur voulut se montrer une fois à l'Opéra et une fois à la Comédie-Française. À l'Opéra, il arriva à l'improviste. au commencement du ballet de Psyché. Mais aux Français, sa présence était en quelque sorte annoncée par le choix du spectacle. L'affiche portait : La Mort (ÏUector, et l'on savait que l'empereur aimait particulièrement cette tragédie de Luce de Lancival. La salle était comble: K\)Vù\ francs de recettes! Avant le lever du rideau, on demanda la Marseillaise et le Chant du Départ. « On était au milieu de la troisième scène, raconte Hobhouse, quand Napoléon entra; tout le monde se leva en jetant des cris qui retentissent encore à mes oreilles. Les vivats continuèrent jusqu'à ce que l'empereur, après avoir salué à droite et à gauche, se fut assis; abus on recommença la pièce. » Tous 1rs vers qui pouvaient paraître faire quelque allusion à la situation présente — ils étaient très nombreux5 — furent applaudis avec enthousiasme. A ces mots :
C était Achille I
Il reparaît eudn ! . . .
I. Vnnilrur, Journal dtt l)< b<\li . Journal d* /Wii, linzrtte dt Franeé. :«\rilmai. H»bhuus<\ Ltliret. I, Mlk O.. Im !.M. M>-nt.. III, U-l*. i. Je »»• suis |m« :i moi Jr suis a la patrk
- M.iih Imi A«ty.niax a droits a l;i vi<?. — Il »m» aura |muiI ♦ Ire a limmorlalik. S'il imite *on père. . .
Com nu- un r..l»»ss.« imim'iise a r.irni»- immokk Appareil un pi-TiitT...
Qu'arme pour la |>alno. il soit toujours \aiu<pi<ur.'
le parterre se leva et interrompit Talnia par une immense acclamation. « L'empereur, «lit Hobhouse, était très attentif. Il ne parlait à personne tle ceux qui étaient derrière lui et paraissait insensible aux vivats. Il se retira si précipitamment à la fin de la pièce que la multitude n'eut pas le temps de le saluer1. »
Ou avait dissuadé à Napoléon de passer en revue la garde nationale. Composée en majorité de commerçants, presque tous hostiles à l'empire par besoin de la paix, la milice parisienne pouvait, disait-on, faire quelque manifestation qui produirait une impression funeste en France et îi l'étranger. D'autres personnes redoutaient, non sans raison, une tentative d'assassinat *. Napoléon goûta peu ces conseils. La revue eut lieu le dimanche tC> avril. Les quarante-huit bataillons tle grenadiers et de chasseurs des douze légions parisiennes les fusiliers n'étaient pas habillés ) se massèrent dans la cour des Tuileries et sur la place du Carrousel. Napoléon, suivi de ses seuls aides de camp, «< pour témoigner à la garde nationale son entière conliance en elle ». passa devant le front de chaque compagnie. Les lrr.2\.'l\ 10' et 1 1* légions (arrondissements du centrei gardèrent un froid silence, mais d'assez, nombreux Vive l'empereur! se firent entendre chez les autres miliciens qui mirent leurs chapeaux au bout des baïonnettes, et, après la revue,
1. IImMiou«p. fsttrt*. I. Nap..l<..n, Corrnp.y XXXI, 10*. Journal dr
V Empire, r», if, »:i avril. Ar«li. de la ComMi^-Krançaise.
i. I>e nnmf.mix ren«»Men<*ments des départements annonçaient que des yvns détermines à assa^irn-r l'empereur étaient partis pour Pari*. • Des conspirateurs s<.nt partis di'i pour asvi«<»in»*r IVtnjK'reur. » Général Blanm«»nt a ha\ont, AM^vdle. is mars. Cf. le m*me au même, ifl mars. —
lue \ieille Vendéenne, nommée la Lanwreun. vi.-nt de se rendre à pans jM»iir tuer l'empereur I.e monstre en est hien rapaMe. • Général Saulnier a Hovk'H. An-ors, A avril. — • I n sieur JalTartl <-a parti pour Paris, pour lu. r |V|i,p..pMir. • General I.apiane a bavout. Montauhan. 8 avril. uVnh. (iiwrr. m if C'Tresp. de» préfets, mai. (Arch. nat. Y. 7. i7"4.)