LES OPINIONS AU RETOUR DES BOIRBONS
L'armée on pleine dissolution — il y eut en deux mois 180,000 déserteurs 1 — menaçait d'entrer en pleine révolte. Dans vin^t villes fortes, la garnison se souleva au cri de : Vive l'empereur! Partout les soldats méconnaissaient l'autorité des chefs, brùlaient ou traînaient au ruisseau les drapeaux blancs, refusaient de prendre la cocarde royale et disaient qu'ils ne serviraient jamais que leur empereur \
Dans le peuple «les villes, et plus encore chez les paysans, l'opposition était très marquée. Le quai de
neral pour nous rassurer sur le» dispositions des Français, et M. L... me dit qu'il ne croyait pas que les Hourttons pussent rester six mois en France après le départ des Allies. • Journal d'un Officier anglatt ( JUvue Driimnniçnê, VIII. si . — • Il ne faut pas croire que I opinion pour les Bourbons ait ete générale. • Mme de Witnpfen (royaliste) au baron de Stenge|. îs octobre 1814. (Arch. Art", étrangères, t»7~>). — • Depuis que le roi a mis le pied en France, Jamais son gouvernement n'a ete affermi ». Rapport général sur l'esprit public, 2 mars t»l V (Arch. nat. F. 7.3731».) - Cf. Duc de Rmirlif. Sour., I, 2W>. Rapport gênerai de police. 14 avril. Rapports des préfet», du Si avril au fi juin. Minutes de rapjtorts de police générale avril-mai. (Arch. nat. F'» 58», F. 7. 3Wt.)
Le mot de Carnot. répète de confiance ou rappelé dans un intérêt politique partant d'historiens et de publlcistes : • Le retour des Bourbons produisit un enthousiasme universel • (Afem. au roi, en a impose a l'bistoire. Or. d'uni* part, Carnot qui resta jusqu'aux premiers Jours de mai 1*U à Anvers, où la garnison tenta de se révolter aux cris de : Vi\c l'empereur ! ne pouvait être témoin de l'enthousiasme universel des Français D'autre |*rt. *i Carnot s'exprimait ainsi, r efait par un artilloe de discussion. Afin de mieux démontrer l'action néfaste sur l'opinion publique des fautes ef îles maladresses du gouvernement royal, il commençait par dire qu'à l'origine fout le monde était pour le roi. — Dans une brochait? publiée peu apivs le ,l/e»i»oiee H* Carnot ( IU fitJ ions $ur quelque» éerttt du jour, 42-49 , Chateaubriand a réfute cette assertion, que démentent d'adfeurs tous les témoigna ire* • N'-n-* avons ete témoin, dit Chateaubriand, des premier* moments de la Restauration, et nous avons pre eiseinent observe le contraire de ce que l'on avance ici... Li venir est que la conllan- e ne fut p.»s entière au retour du roi. Beaucoup de gens étaient alarmes, les provint es mêmes agitées, incertaines, divisées. On craignait le» fers, on redoutait les vengeances. •
1. Bapp. de D. ivout a Napoléon, s. d. ydu i> au !*>mars tat.V Arch. nat. AF. IV, ivio . - I n état de situation «lu I" janv 1*1% An b. t.uerie, ne porte les déserteurs qu'au chiffre de tûl,:>uï. mais a cette date, un nombre considérable de déserteurs avaient, les uns, rej .iul leurs o»rps les au très, obtenu de* <*ongcs absolu*. Knf)n,les *v©ou ou 4*.i»<h> conscrits de I»» ». pres«jue tous déserteur» en avril, avaient ete re^uln-remcut liceo. ie» par l'ordonnance rovale du n m il 1M4
1 On tn>uvera U s détail» de ces faits dans 1814. tu:-«is .édition» de IMV et suivantes.! .
Cesvres, où s'assemblaient les ouvriers sans travail, retentissait de cris et de menaces contre les Bourbons. Le H mai, une colonne de populaire se porta jus<jue sous les fenêtres des Tuileries, vociférant : De l'arpent ou la mort! Vive l'empereur 1 ! « Pour le moment, écrit le 23 avril le duc de X... au comte d'Artois, la masse de la nation donne des regrets au gouvernement d'une régence, et l'armée est toute à Napoléon*. »» — « Les campagnes et une grande partie des villes sont en opposition avec les amis du roi, »» écrit à Dupont le général Boudin 3. — « Au moins la moitié du peuple, surtout dans les campagnes, écrit le 2'> mai à Beugnot un président de collège cantonal, est contraire au rétablissement des Bourbon* et ne veut pas se détacher de Bonaparte. Il ne veut pas croire à la réalité et encore moins à la stabilité de cotte révolution \ » A Toulon, le 4 mai, on colle des aigles sur les Heurs de lys des affiches administratives; à Dôle, le 9 juin, on appose ce placard : « Vive le roi pour trois jours! vive Bonaparte pour toujours! » Lu Alsace, en Champagne, en Lorraine, en Franche-Comté, en Dauphiné, clans la Saône-et-Loire, dans la Cote-d'Or, les Charcutes. laCorrèzo. le Lot, le Loiret, l'Allier, la Nièvre, on lacère les proclamations ofticielles. ou enlève des clochers les nouveaux drapeaux, on insulte, on maltraite les gens qui portent la cocarde blanche5.
I. Vitr'ille* ft Anirl«'«. I i mai Kftrisln* d»» «wivsp, «1»» Vitroll»»s. Arrh. nat AK* V Rapport? d*» p«. !>•-*», U rt M avril. Happort de Hu*s. Il mai. Rapport entrai do p"h •« i:> mai. Ar-li. mit. K. *. '<■!»«•* «M K. 7. 373*.)
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