‹ 1815 (volume 3)Chapitre 211 sur 226 · OUI · texte numérisé non relu

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béissance aux constitutions et de fidélité à l'empereur », la répétition de ce serment par les délégations civiles et militaires et par les grands corps de l'Etat, enfin un Te Deum solennelle tout accompagné de bans battus à la fois par les tambours de tous les régiments, de fanfares, de musiques et de nouvelles salves d'artillerie* dont la longueur et la fréquence exaspéraient les assistants, énervés et assourdis 1 .

« — Empereur, consul, soldat, je tiens tout du peuple. Dans la prospérité, dans l'adversité, sur le champ de bataille, au conseil, sur le trône, dans l'exil, la France a été l'objet constant de mes pensées et de mes actions. » C'est par ces paroles que Napoléon commença son discours, ("est par celles-ci qu'il l'acheva : « — Ma volonté est celle du peuple, mes droits sont les siens ; mon honneur, ma gloire, mon bonheur ne peuvent être autres que l'honneur, la gloire et le bonheur des Français. » Entre cet exorde et cette péroraison, à peu près identiques, l'empereur rappela qu'il avait abdiqué dans l'intérêt de la France, « comme ce roi d'Athènes, qui se sacrifia pour son peuple », et qu'il s'était déterminé a quitter l'île d'Elbe afin de sauvegarder les droits menacés des Français. Puis il expliqua pourquoi il avait dû préférer à une longue discussion des lois constitutionnelles la présentation d'une constitution toute rédigée, reconnut, non sans réticences, le principe de la

l. Moniteur, l,f et 2 juin. Journal il? (Empire, 3 juin.

i. Chaque salve comportait tou coups par batterie, soit 600 coups pour le* six batteries. Le programme de S«*f?ur et le rapport de Lobau, «tu 30 mai (Arch. nat. AF. IV, lî»36 , sont précis sur ce point. Mais il est bien possible que l'on ait abre^ré ces salves •|tii auraient dure au moins une heure chacune. Néanmoins, même réduites a il ou à it coups, ces salves répétées devaient porter sur les nerfs de personnes peu accoutumées au bruit du canon et qui se trouvaient précisément au contre du feu, entre les batteries du Pont d'Iena, de l'Ecole militaire et des Invalides.

révision de cetie constitution ci exhorta tous les citoyens à l'union, à l'énergie, à la persévérance.

(> discours fit peu d'impression. On attendait autre chose. Parmi ces dix-huit mille auditeurs, les uns espéraient que Napoléon avait reçu d'heureuses nouvelles de Vienne et qu'il annoncerait la prochaine arrivée de l'impératrice et du jeune prince: d'autres s'imaginaient qu'il allait abdiquer en faveur de son fils, d'autres qu'il allait proclamer la république, d'autres qu'il s'attribuerait la dictature pour la durée de la guerre. Amis et adversaires espéraient un acte; ils entendirent des mots, et ces mots ils les avaient déjà entendus, ("étaient des redites éloquentes des proclamations du golfe Jouan et du décret du 'M) avril. Les acclamations des députât ions militaires furent assez nombreuses pour sauver la vanité de l'empereur, mais sur les gradins du centre on n'entendit que de rares vivats*.

Après le Te Oentn, les porte-aigles de l'armée et les officiers tenant les aigles des gardes nationales des départements s'avancèrent au pied du trône, (lamot portait le drapeau «le la garde nationale de la Seine, Davout celui du l"r régiment d'infanterie de ligue et Décris celui du premier corps de la marine. L'empereur devait distribuer les aigles une à une

1. M<,n,t-m\ 2 juin. Miot de Mol»!»». Mém.. III, » H. Lavalletle, l/e m . II. IM. K. «le Cliaboul'.n. -l/"'».. 11, 10 \ loi. Ilol.hoiise, b-ttrr*, II, 3!*». Villemain. S-w-furn, II. 1<>3. Mtm. »//• F»tt*-he, ||, 3to. Ilelena Williams, /ï'/.i/v»» ./.•» AY.-#ifwn/.f, I3H. Ttmr*. 5 juin. Uarére. .l/ew., III. ii >. Rapport «l'un ofthicr royaliste, 9 juin. 'An h. Guerre.)

I)';ipit'H l'auteur de \'R*qaix$r hutorit/ur M»r /<•» Crut Jimrn (IJ-tl>, La Fayette aurait propost1 a Carnot et à Fouche . de protlter du rassemblement «lu Champ <1«' Mai • pour contraindre \apole<m ii aNdiquer. Mais Carnot s'était montre partisan dévoue «Je l'empereur et Fouche avait d«*- «lare !«• projet inexécutable. \'i L.i FayeMc ni l'auteur des .Wi» F»urh* ne mentionnent ce pn^jet. et l'auteur «i»'s .Vs™. Mur ('«mot le révo'pie .it- S"limi- iit en doute.Ue fait, si plein d'illusions «pie fut toujours La Fayette, il ne pouvait penser à tentVr un coup d'Etat précisément le jour ou NV po|,-,.n avait autour de lui toute la pirde impériale.

aux présidents des collines électoraux et aux députai ious des régiments. Mais il était déjà tard. Napoléon différa celte parlie de la cérémonie ; il se borna à prendre les trois ailles portées par les ministres el à les leur remettre après avoir prononcé une courir harangue. Puis descendant vivement les marches du troue, il traversa l'hémicycle, escorté par les porteaigles, et sortit dans le Champ de Mars où il prit place sur une plate-forme en pyramide de quinze pieds de haut. Les trois cents porte-aigles se postèrent sur les degrés. Les troupes, serrant en masse, vinrent former autour de l'estrade un immense carré de lignes multiples et profondes. L'empereur paraissait porté sur un pavoi de drapeaux au milieu d'un champ de sabres et de baïonnettes. Il distribua leurs aigles a sa garde et à la garde nationale parisienne, puis s'adressant à tous ces bataillons, il dit : « — Je vous confie l'aigle aux couleurs nationales. Vous jurez de périr pour la défendre... Vous jurez de ne jamais reconnaître d'autre signe de ralliement... Vous, soldats «le la garde nationale de Paris, vous jurez de ne jamais souffrir que l'étranger souille «le nouveau la capitale de la grande nation. (Test à votre bravoure que j<^ la confie. Kl vous, soldats de la garde impérial«\ vous jurez de vous surpasser vous-mêmes «lans la campagne qui va s'ouvrir, et «le mourir tous plutôt que «le souffrir que les étrangers viennent dicter des lois à la patrie! » Cha<pie parole <l<* Napoléon était interrompue par d éclatants : « Nous h' jurons ! » mêlés à des cris formidables «h' : Vive l'empereur! (juand il se tut. les acclamations reprirent avec la même force pour ne s'arrêter «ju'à la tin «lu tlélilé'.

I. \t»ntt.tn . t juin. ll"Minus.\ l.<ttrr*. II. l«<» v.»i. H.ip|M.rt it'un i»fli<-fr r«.ynli*lf. '•» juin. (Arrh. «im rr»-. ' Himii y d.» «;h:il...<i)nii. 11. lo .1. \tt,„. n-r f>V*o/. II. U». «If. I. iv.illrtl,-, \l> m , II, iht.hu.

Luck-n iN"(.«s. Ar< h. AIT. »«tr.. 1*1 •) nicnliomu* IVnlhousia^ni^ public.

« C'était un spectacle d'une grandeur impossible a décrire », dit Hohhouse1. Malheureusement, les constructions de l'architecte Fontaine étaient si mal ordonnées que l'armée et le peuple n'avaient rienaperni de la cérémonie civique et que le public des tribunes ne vit pas la distribution des aigles*. Tandis que cette scène grandiose, à laquelle les circonstances donnaient tant de pathétique, se passait dans le Chanip de Mars, dans l'hémicycle les délégués électoraux et les représentants épiloguaient sur la réponse de l'empereur à l'Adresse, raillaient son costume et faisaient remarquer qu'il avait gardé sa toque empanaché»' alors que Dubois d'Angers lui avait parlé téte nue. D'ailleurs, la fatigue et l'énervement de cette interminable cérémonie avaient fini par mettre tout le monde de méchante humeur. Pour les adversaires de l'empire, le Champ de Mai fut une vaine pompe, tenant de la mascarade d'ancien régime et de la manifestation prétorienne. Pour la plupart des assistants, l'impression fut grande mais profondément pénible. On sentait l'embarras chez Napoléon, la défiance dans l'assemblée. Il était visible que ce nouveau pacte entre l'empereur et la nation était consenti avec contrainte par Napoléon, accepté sans sincérité par les représentants, fcnfin, c'était le spectre de la guerre qui présidait cette féte. Tous les cu'urs étaient oppressés. Il y avait îles vivats mais pas un cri de joie. Les soldats eux-mêmes étaient sombres, farouches ; un feu étrange brillait dans leurs regards, et leurs acclamations formidables et leurs épées bran-

• le spectacle superbe H enivrant • et il ajoute : . ijuel beau moment pour abdiquer en faveur de son llls ! Au milieu de ce triomphe national, on n'y paraissait pas contraint. • 1 ll'.bliouse. L-ttr,*, II, 3^0.

2. Ilidthouse, qui remarque cette disposition virteusc des hnli***s d»- Fontaine, ne vit la distribution des aides que parce qu'il quitta «a plai-e des tribunes pour dépendre dans le Champ de Mars.

«lies d'une façon menaçante faisaient moins penser à rhosannah qu'au te morituri salutant* .

Le dimanche suivant, 4 juin, l'empereur convoqua de nouveau les délégations électorales et militaires alin de leur distribuer les ailles des gardes nationales des départements et des corps de troupes. Faute de temps pour l'accomplir, celte partie de la cérémonie du Champ de Mai avait du être différée. Huit nu dix mille personnes furent réunies dans la grande galerie «lu Louvre*. L'empereur profita de cette secnnde assemblée pour causer familièrement avec les membres des collèges. Il savait que malgré l'accueil llatteur qu'ils avaient, par ordre, reçu des princes, des ministres et des chefs de l'armée3, quelques-uns étaient mécontents. Il les cajola, se montra simple, affectueux, bon homme, et réussit à effacer l'impression de défiance que leur avait produite son apparition au Champ «le Mars dans l'appareil de la souveraineté et au milieu de cinquante mille baïonnettes4.

Pendant la solennité du Louvre, il v avait fête populaire aux Champs-Klysécs, avec cirques, théâtres gratuits, orchestres en plein vent, mats de cocagne.

!. S.llvamiv, Ohtrrr. *(»r /* Chninp >ir Uni, .S-rt. LaV.'ilU'tlr. M'M., II. IKK.

K. ChatM.uInn. .»/*«.. II. mi. Mmt d<- Melito. Mtn,., III, Ui. Il.d,h..u>e, tjrttrr*. II. :i*m-3!i.i. Rapport d'un nfHcH-r r'»y:»lisl»«. '.» juin. (Areh. liui-rre. Villemain, .NW\. Il, in-.» S.uvenirs manus< rils du ehef dVscadron Bourgeois ((?rand-père d»« 1 auteur . aide de cjuip de llullin lleWna William». H< lntt>,n */»•« E , ,,„:,»»■>>!>, \ i> , Un. Iju' de liroglic. *»'•>«• «lin. I. ïi'K. U r.Y».

»rur. Il" VI.

ï. Moniteur, 5 juin. Jnu, mil </»• r/;,u/.o 6 juin.

a. Le* princes, ministres, grands olii. i. |>. de la couronne, etc., avan-nt été inviif» a donner audiem »• chaque j->ur a un • e rlaui iioint<re de d« le- »rue* électoraux et de dcpuhs et a leur ouvrir leur maison tou* le* siurs. llullin lui-même avait re«;u ••'•s instructiuus. (Napoléon. ( ••rr,-*/,., -ii ^f*. et Napol. à llullin. t7 mai. Areh. (iuerrt? ) - Le mai. Muntalivet écrivait a Napoléon : • Ma maison est ouverte a MM. les électeurs. J en ai eu hier plusieurs à dîner, domain j'en aurai vinvt ■ in | Je continuerai. • .Areh. nat.. AK. IV. i'Jii.)

*. Fleury de Chahoulon. Mtm.. Il, 10 » I0<».

1 Ni:»

danses sur la corde ; douze buffets colossaux, garnis de volailles froides, de pâtés, de charcuterie, et trente-six fontaines de vin bordaient la grande avenue. Le soir, les édifices publics furent illuminés et l'on tira sur la place de la Concorde un magnifique feu d'artifice dont la pièce principale représentait lo vaisseau qui avait ramené Napoléon en France, le brick Y Inconstant, voguant au milieu dune mer de flammes1. — Déjà un autre vaisseau, qui allait devenir plus fameux encore, le Belléropâon, croisait sur la cote de France.

La Chambre des députés, cef te singulière représentation nationale qui avait été élue à peine par la centième partie des citoyens français *, se constitua le 3 juin. Jaloux de manifester au plus vite leur indépendance, les députés nommèrent La nj ni nais président. Membre de la minorité opposante du Sénat sous l'empire et rédacteur, lui cinquième, de la proposition de déchéance en 1814, Lanjuinais était l'homme dont l'élection devait déplaire le plus à Napoléon. 11 fut élu au second tour de scrutin par 277 voix sur V27 votants, contre 75* voix données à La Fayette et .">(J données à Flaugergues, tous deux

i. Moniteur, 3 juin. Journal <lr I Kmpirr, 5 juin.

i. Les collèges électoraux. «|ui comprenaient 'Jh.iwvj membres surplus de cinq millions de Français ayant dépassa vingt-cinq ans. étaient bien l'un .l'être au complet en 1*1 ». Kn outre, il y eut plus de la moitié des .-lecteurs qui s'abstinrent de voter. Six députes des Mouches du Hhône furent nommes par trei7e électeurs ! (Imvergier de liauranne, lit, 3.) Jotnmi (< Vi-n/>. ISfS, !»J) a dit justement des chambres nommées par le suffrage restreint en gênerai et de la chambre des tient Jours en particulier : • Les Chambres sont loin d'être toujours la représentation fldMe du pays. Kl les n'en représentent souvent qu'une mince fraction, et la fraction peutêtre la plus égoïste et la moins nationale. •

LA KKL'MON DES C Il A M H H E S 607

non moins ennemis du gouvernement autocratique. Merlin, Regnaud, Boulay et (iinou-Dcfermon, qui à eux quatre avaient obtenu «les bonapartistes déterminés NO suffrages au premier tour, n'en retrouvèrent plus qm» 12. II y eut un certain nombre d'abstentions

L'empereur, qui n'avait pas voulu ou plutôt qui n'avait pas cru pouvoir influer sur le vote en désignant un candidat, espérait cependant qu'on nommerait un ami de la veille, comme Merlin, Doulay ou Kegnaud, ou un ami du jourcomme Dédoch ou humolardV Le choix de Lanjuinais lui parut une offense.

I. Journal de r Empire, 4 et 5 juin. — Il faut remarquer d'ailleurs que la Chambre comptait 010 députes et que parmi les absents il y avait un îrrand nombre d'officiers généraux et de fonctionnaires.

ï. h'apr.s le seul témoigna** <ie Klcury de Cbaboulon (If**., II. Ilij, qui, par j»arenthese. se trouvait a iMleà l'époque de la réunion des Chambres, t"n> fes historiens ont dit que l'empereur voulait faire nommer président son frère Lucien députe de l'Isère, et que c'est pour cela que la liste des pain* ne fut publiée qu'après le vote. Or le comte Roulay clans son livre . //.)« !a y lie la Meur'.he [iftl >t>:\\ relève celle assertion comme absolument inexacte. . Les quatre ministres d'Klat, dit-il, n'avaient re.;u aucune instrurdi.n pour la nomination du président et ils se plaignaient même de n'avoir pu donner aucune indication aux députés qui les consultaient. • Nous dirons a l'appui de la remarque de lb.ulay :

I" Lucien dans ses \atn .'Arcli. ArT.etr.. l*r> ditque l'em|>ereur ne voulait pas qu'il se présentai dans l'Isère. Napoléon n'avait donc pas 1 intention, du moins au mois de mai.de le faire nommer président de la Chambre ;

i" Si la lisle des pairs ne fut communiquée officiellement a la Chambre que le '> juin, lendemain du vote, l'appel nominal des pairs avait ete fait des le \ juin au Luxembourg. Lucien y avait répondu, et le l juin, jour du vote, il suffisait aux députes 'l'ouvrir le Journal .le l'Empire pour apprendre que Lucien faisait jiartie de la Chambre haute;

J"l)'une |Kirt, Napoléon ne jHuivail désirer comme président de laChambre Lucien dont il se déliait et qui lui parlait sans cesse d'abdication : d autre pari, il devait penser que jamais la Chambre de 1*15 ne uommerait président le complice du coup d'ktal de brumaire.

Le lemoiirnairc de Kb-ury. b.tijom- rcnsei rue et vendique. n est cependant paa négligeable. Ne faut-il pa» croire que le bruit du «b -.tr de | empereur de voir Lucien président < ournl enehVt a la Chambre, niai» que bruit a\aitete perlitlemcul repamlu par Kou, f,e alin d'augmenter les défiances des représentants contre le «nivcum .'

Itotilay • >ài't. ) dénient également l'a^-erîtou de VEtym r*e «ur l*< C'nt /■■>,!■$ ( 1 T; que l'empereur travailla a faire nommer président l'un .b- v, s quatre ministres d'Etat. Kt de fait, si l'empereur avait |>o>iti\eiiicnt de-i^M». l'un d'eux comme candidat, les voix de- bonapartistes >o seraient poitecs sur ceiui-ci au lieu de se divi-er sur tous les quatre.

Dans un premier mouvement de colère, il pensa à user du droit que la constitution lui donnait de ne point ratifier l'élection. Mais Regnaud puis Carnot le dissuadèrent d'entrer en lutte avec la Chambre. Il lit appeler Lanjuinais aux Tuileries le soir du i juin, et il lui dit : « — Ktes-vous à moi? — Sire, je n'ai jamais été à personne. — Mais enfin me servirez-vous? — Oui. Sire, dans la ligne du devoir, car vous avez la visibilité. » Napoléon faisant à mauvaise fortune bon cumii* parut être convaincu par cet argument théologique et clot ainsi l'entretien : « — Quelques-uns disent que vous êtes bourboniste, d'autres que vous êtes mon ennemi personnel et d'autres que vous aimez véritablement votre patrie. Vous jugerez quels sont ceux que je crois lorsque je vous félicite, ainsi que la Chambre, du choix qui vous a fait son président1. »

Si la présidence de la Chambre des pairs n'eut appartenu de droit &l'archi-chancclier, l'empereur, vraisemblablement, aurait eu aussi quelque déconvenue au Luxembourg. Nommés par le souverain, les pairs n'en semblaient que plus soucieux de n'encourir aucun soupçon de servilité. Leur principale préoccupation était de ne point ressembler aux anciens sénateurs de l'empire. La liste des pairs avait été arrêtée en conseil des ministres dans la soirée du 2 juin*. Ils étaient cent dix-sept: les frères «le l'empereur, Joseph, Louis. Lucien et Jérôme ; le cardinal Fesch, le prince Eugène, les princes Cambacérès et Lebrun; les maréchaux Brune, Davout. (irouchy, Jourdan, Lefebvre, Masséna, Moncey, Mortier, Ney. Soult et Suchet ; quatre amiraux ; trente-huit généraux : tous les ministres à portefeuille; quatre prélats; une dizaine

1. La Fayette, Mèm., V. 443. Esquinte aur In Cent Jonrt, I*.t9. Hohhouar. Uttrr*, 11, 7 *. ljoulay, m. Vtm. sur Camot, II, 4»3. i. Sa\>o\ron, Corrr*P., i\9')i. Ttiibaudeau, X, 350.

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