Circulaires <l«* l>a\out. et 20 mai. .'Areh. C.uerre.'i
i. Fr<M ««s verl>al «lu Conseil des ministres, séance du 21 mai. (Areh. nat. A F. IV, If» ta.) Circulaire de l>avoiil.29 mai. Allix a l>a\out, Lille, 14 juin. (Aroh. liuei'iv.Cnrn sp. générale. <-t Année du Nord.)
:\. l 'rocs-verbal du Conseil des ministres, séance du 24 mai. Aroh. nat. A F. IV, WHV-.)
\ I.t Censeur tir* t 'entrurs. 27 mai. Hulletm d<- Pnrit,
•V Lemarrois à iMvout, to mai Ar-h. (luerre .
»i. Jiilly à [lavout, 6 juin. et I>ecaen à Dav..ut. il juin. (Areh. (iuerre. dossier de (iilly. et Armée des l'y reiiees-Orient.des. T. Clausel. A'x/,oir ju.%f,firati'f. U-U».
*. I).i\mii| à llfiaeii, .".» mai. I»ei ;o'ii a l>a\oiit. Toulouse, rî. 9. 10. 12. IJ. ! • juin An-li. (itierre. Arm«-e des l'yi^-ncos Orientales
L'OIMMON A LA VEILLE DE LA filERRE 621
réchal Bruno se décide à mettre Marseille en étal de siège et à y désarmer la garde nationale
Sous l'influence île ces mesures, les bourbonistes baissent le ton. les bonapartistes reprennent courage, les insoumis demandent leurs feuilles «le route, les agitateurs et les embaucheurs font (rêve. <* Presque tous les insoumis, écrit le '.l juin le préfet de l'Oise, sont en route pour rejoindre leurs corps. » — « Les colonnes mobiles, écrit de Kouen le général Lamberdier, ont fait de l'effet : iOO insoumis «le l'arrondissement d'Yvetot sont déjà incorporés dans la jeune garde et au 72' ». — « (îrAce aux colonnes mobiles, écrit de Périgueux le général Lucottc, j'ai pu réunir treize bataillons de garde nationale sur dix-huit demandés; les cinq autres suivront*. » Les rapports do llonloaux.de Perpignan, do Hodez, d'Albi, «d'Auçh, de Montauban, «le Nîmes, do Privas, de <>abors, du Puy, d'Amiens, de Dunkerque, do Montpellier, de Digne, de Draguignan. « où. dit le cbef d'escadrons Hey.jo ne conseillerais pas au parti royaliste de lever le nez »», signalent une réaction dans l'opinion en faveur de l'empire. « L'esprit public s'améliore depuis le désarmement de la garde nationale, écrit-on de Marseille. Il v a de nombreux emblèmes nationaux aux fenêtres ; les patriotes ont promené dans les rues le buste de Napoléon, et beaucoup do gens qui ne s'étaient pas encore déclarés
1. Davmit, Cormp., li>'>*. ! : l I7n. I7JI. 17*1». \>n1i«r h l>avmit. il mai (Arcli. (iu'-rro. Arni' i- <lu Varï. Happ. «lu |>r«-M <l«- MarviHe :i juin Ar.li. nat. F. 7 JT7i ; - Il fall.nl nu il ■r i-. t .1.- ! •m|.rr. (ir |.« «nr m«Mlt«- M.im.'iII»* «n^lat d<- M<"i;t\ mais l»av<ml. tonj-nirn rin'r^i'|tir, v-nUnt >\*\>' Krun** |»rH <*rU«* mfMirf «h- lui in>Mno H la fil ••ii<*uil«' r;ilili<-r |or I • iii|>rr. ut • A la pla»-»; «lu m;ir> < Hrumv <■< rivait il le 1* mai. j'aurais <!» j,i «!•< I.ir»> l.i ville fn ftal .!<• si«'*k'o <*l mis a rx«Vuli<ui l«>s m.sur.*> |»-.»»r l.-s j tir 1k-» il <Jemandr uiu- auloris.tti<>n. •
S. Pr«f«-l l'o^p a |)av ->il. t juin. Lnml>.T'1ii*r a [lavi.nt. K<.n«n. I*'juin. LiK'-ii»^ a l».iv<mt, iVriirm-uï, it> juin 'Ari h <iu- rr« «if l^irr»-*!! <l«:s profcls. «lu ;> mai au juin. (AMi. mil. F. 7. J"H\ F. 7, .IT7 «V.>
crient: Vive l'empereur! A bas les royalistes! » Le préfet île Lille écrit île son côté, le 9 juin : « Pour la première fois j'ai entendu des Vive l'empereur!1 » Iians l'Ouest, la mort de La Rochejaquelein a décapité l'insurrection. Les blancs rentrent chez eux. battus et mécontents, tandis que les bleus se révoltent contre la guerre civile avec son cortège de réquisitions, depilleries et d'enrôlements forcés, s'animent, demandent des fusils pour se défendre. « On tiendrait les chouans en respect si Ton pouvait armer tous les habitants bien intentionnés, » écrit le général Schramm. Le préfet d'Ille-et-Vilaine, l'officier d'ordonnance La Kiboisière. envoyé en mission par l'empereur, les généraux Lamarque, Bigarré, Charpentier louent le zèle et le courage des gardes nationaux, des fédérés, des chasseurs de la Vendée. Le 4 juin, les iOOO Morbihanais de Desol de Grisolles attaquent la petite ville de Redon, occupée par une seule compagnie du II' léger. Les habitants s'arment, font le coup de feu coude à coude avec les soldats, abattent deux cents chouans et contraignent les assaillants à la retraite5.
Dans toute la France, les fédérations s'organisent « pour défendre la liberté » et « terrasser la contrerévolution ». Il y a les fédérations des provinces: fédéral ions bretonne, angevine, picarde, alsacienne, lyonnaise, périgourdine. Il y a les fédérations des départements : fédérations du Var, des Bouches-du-
l.Corresp. d.-s préfets, du <» niai au ii juin. Bapports à l'empereur Arvh. mit. F. 7, 30*4*. F. ", :<774, AF. IV, tvuti). Corresp. trône raie et Années du Nord, des Pyrrnees et du Var. aux mêmes date*. (Arrh. (iuerro.)
i. l'refet d'Ille-et-Vilaine à Davout, i». mai. Lamarque a Davout. !•». 9 el 11 juin. Bigarre à Davout. 7 juin. Charpentier à Bicarré . Nantes, l,r juin. La BiboiM.-rra Na|Kjl.nn, Nantes», 9 juin Schramm a Hamelmaye. Angers. 1 » juin. Bclation de Suzannet. [Arrive de l'Ouest, Are h. Guerre.; Correspondant» des préfets, il, ii mai. 5, 7, 8, 9. 10 juin. tAreh. nat. F. 7. 3044*.
l/OPINION A LA VEILLE DE LA GlERHE 62*
Khône. du Gard, des Hautes-Alpes, de l'Isère, du Jura, de l'Ain, des Landes, de l'Allier, de l'Aisne, de la Moselle. Il y a les fédérations des villes: fédérations de Brest, de Nancy, de Dieppe, du Puy, de Saint-Etienne, de Nevers, d'Albi, d'Angouléme, «le Toulouse dont, au grand scandale des royalistes, les membres prennent une église abandonnée pour y tenir leurs tumultueuses séances Il y a, enfin, les vingt -cinq mille fédérés des faubourgs de Paris5 «fui se rendent en masse le dimanche 14 mai dans la cour des Tuileries, à l'heure de la parade : « — - Sire, dit le délégué des ouvriers, nous avons reçu les Bourbons avec froideur parce que nous n'aimons pas les rois imposés par l'ennemi. Nous vous avons accueilli avec enthousiasme parce que vous êtes l'homme de la nation, le défenseur de la pairie et que vous conserverez les droits du peuple La plupart d'entre nous ont fait, sous vos ordres, la guerre de la liberté et celle de la gloire. La patrie doit remettre avec confiance des armes à ceux qui ont versé leur sang pour elle. Donnez-nous, Sire, des armes en son nom. Nous jurons entre vos mains de ne combattre que pour sa cause et la votre. Vive la liberté! Vive la nation! Vive l'empereur! » Napoléon répondit : <« — Soldats fédérés, je suis revenu seul parce que je comptais sur le peuple et sur l'armée. Vous ave/ justifié ma confiance. J'accepte votre offre. Je vous
I. Corresp. des préfets, mai-juin. (Arch. nat. F. T. 3it>0», et F. T. 3*74.)
i. Ce chiffre de ih.Ooo eat un minimum. bans le Journal de V Eminr* «les 15 et 16mai.il n'est question que .le U.oou ou la.ooo. mais il Vavit d'une deputation composée seulement des ouvriers des faubourirs Srunt-Antoine et Saint-Marcel. Or. les ouvriers des autres fauhounra et de la ville entrèrent le 19 mai dans la fédération (Hohhouse, Lettre*. I, ?M>. 1»»mix état* de situation portent à 14.701 hommes au 10 juin et à li*,oot> hommes au ïi> juin les tirailleurs fédérés 'Arch. nat. AF. IV, !»K), et An h. (iuonv, Corresp.irenerale). Et certainement plus d'un quart dos fédères n otaient pas enrôles puisque l'on n'admettait dans les tirailleurs que les hommes de 18 à W ans.
r.24 I8ir>
donnerai dos armes. Soldats fédérés, s'il est des hommes nés dans les hautes classes de la société qui aient déshonoré le sang français, l'amour de la patrie et le sentiment de l'honneur national se sont conservé> tout entiers dans le peuple et dans l'armée, .le sui> bien aise de vous voir. J'ai confiance en vous. Vive la nation1 î » Cette journée valait mieux pour la cause impériale que la pompeuse cérémonie du Champ de Mars. Les paroles de Napoléon trouvaient toujours plus d'écho dans le cœur du peuple que dans l'esprit inquiet et déliant de ses prétendus mandataires.
Telles étaient cependant les préventions de l'empereur, de son entourage, de presque tous ses ministres contre l'élément populaire, et si invincibles leurs répugnances à l'employer, que les ouvriers parisiens ne furent, à vrai dire, point armés. Napoléon ordonna la formation de vingt-quatre bataillons de tirailleurs-fédérés, de 720 hommes chacun, commandés par des officiers de l'armée, et destinés, en cas d'attaque, à occuper les ouvrages de première ligne et les postes avancés; mais il décida que les fusils de ces tirailleurs seraient conservés en magasin et ne leur seraient distribués que pour les exercices et le combat. Va\ outre, les bureaux apportèrent tant de nonchalance et de mauvais vouloir à cette organisation que six semaines plus tard M.'UH) fusils seulement avaient été mis à la disposition des chefs de bataillon pour les exercices*.
1. Journal ét r Km/pire, 13 et 16 mai. N a poltron, Corrttp.. î\9i*t. Il >a sans dire que l'empereur avait été prévenu de relie visite populaire et que le Ik u de rassemblement des fe.|«ns et l'ordre de leur marche a\annt ete n-tfles |»ar Keal.
i. Napoléon, Currt>$p., in»<n. Davout a Napoléon, " juin : u Ivarn<-au. !»• juin Areh. nat. AF. IV, lï3<i, AK. IV. UUo,. Darrwau à Ha vont, pariv Ï'J juin (Areh. Guerre; <:f. Fleur) de Chaboulon, Vrm., Il, 3ti*-360.
Itavoul et Carnot étaient partisans île l'armement tles fédères, mai> il > avait une grande opj>osition chez Fouehe et les autre» ministres et chn
l'opinion a la veille DE LA GUERRE 62j
Los fédérés ne garderont pas rancune à Napoléon <lo sos déliâmes et do sa parolo faussée. Quand ils se rendaient dans les lieux de rassemblement, pour y faire sans armes l'école du soldat, ils mêlaient les cris de : Vive l'empereur ! aux couplets de la Marseilluise et du Ça ira. Le 1er juin, six cents fédérés portent professionnellement de la rue de Grenelle Saint- Ilonoré à la barrière d'Italie un buste de Napoléon couronné do violettes et de lauriers. Arrivés place d'Italie, ils dressent un bûcher et v brûlent, aux roulements des tambours, un drapeau blanc et la dernière proclamation de Louis XVIII \
De mêmes scènes se passent dans les départements. Les habitants de Sainl-Mihiel élèvent sur la place publique un autel à Napoléon ; son buste repose au milieu «les drapeaux tricolores sur un tertre do gazon décoré d ecussons où se lisent les vers de Voltaire :
Le premier qui fut roi fut un soldat heureux. Qui sert bien sou pays n'a pas besoin d'aicux.
et autres contons de mémo goût. A Strasbourg, on inaugure la fédération alsacienne par un repas de oOO couverts, des chants patriotiques, «les promenades de drapeaux. « L'enthousiasme est extrême, écrit le général Happ. On n'a pas vu cela depuis la Dévolution. » A Dijon, des jeunes gens saccagent le café des royalistes, surnommé le Café Daguse. Au théâtre «le Rouen, le public réclame chaque soir la
le trônerai lUimsnel eotnmaudant la irarde national*' . Le e.mseii d'Kut. saisi de la «piestion, dérida «pie « les iueonvenients «le la levée, ni masse ne paraissaient pas devoir l'emporter sur l'avantage d'armer la < hisse des citoyens ehe* la-juelle le sentiment <lu joui? de l'vlrau^er se développait I»' plus fortement .. (Aroh nat. A F. IV, l'-'t'..)
I. Itapiwrt de pi.ti.-e, l"et ï juin (Areh. nat. K. .TU», et K. 7. 3io*.l Cf Gui70t. I. Tt-Ti. Voir aussi le Journal de t'K mpire. ik mai : . On a entendu ave»' peine le nom de rempereur m 'le a des chants «pii rap{H-l.ii<Mit une épomie trop f.nn»mse • : et lt.ir.inte. ,SV<.\. II. I io : • Utaeun a d.-k'out et horreur d.- la fédération des faubourgs. •
Marseillaise et la Lyonnaise. Sur le refus du clergé de Limoges de chanter le Domine salvttm, la foule assemblée dans la cathédrale entonne elle-même l'hymine liturgique. Le maréchal Suchet loue l'extrême patriotisme de l'Ain et du Hhone. « Si les royalistes osaient bouger, écrit le capitaine de gendarmerie d'Angoulême, ils seraient écrasés par les paysans qui sont très montés. » « Dans tout l'arrondissement, écrit le sous-préfet de Saumur, l'amour pour Napoléon va jusqu'à l'ivresse. » Malgré la pluie, dix mille personnes se portent à une lieue de Nîmes au devant du O.T de ligne en criant: Vive l'empereur! Le* citoyens de Landau donnent un drapeau d'honneur à la garde nationale des Vosges pour sa défense de la place en 181V. Les jeunes tilles de Mulhouse décident qu'elles n'épouseront que des hommes qui auront combattu dans la prochaine guerre; elles viennent en prêter le serment solennel entre les mains du général Rapp. A Bar-su r-0 main, le jour de la Fête- Dieu, les habitants placent sur un reposoir un enfant de cinq ans, habillé comme le roi de Home, et forcent le curé à lui poser une couronne sur la tête1.
(Tétaient là des paroles et de faciles manifestations, mais il y avait des actes. A la fin de mars, Davout estimait que l'on pourrait faire rentrer dans l'armée de *>9,000 à 85.000 hommes appartenant aux classes antérieures à celle de l8lo et alors en congé'. Or. le 11 juin, malgré l'opposition des maires, les menées des royalistes, les nianu'uvrcs des embaucheurs et les troubles de l'Ouest et du Midi, où les levées avaient
I. Correspond.inr-e des prefWs et rapports a lVnipercur, tu avril. I". n-. li mai, 4 et 6 juin. tArcu, nal. K. T. 3.>4V, V. T. J7T4. K", I. «... llapp. .V '»» . x, !■ •>>*. Correspondance u'enerale. 4, H et il avril. *. i» mai. 6. ' et '.» juin. An h. Guerre.)
i. {(apport» de Davout a Xapol.'.m, s. d ou i« mars, et 3 ou 4 avril (Arch. nat. AF. IV. PJJ6
l'opinion a la veille de LA i.I Kll KK »»27
été suspendues par ordre de l'empereur, 76,000 rappelas étaient incorporés dans les régiments ou en marche pour les rejoindre1. A cette même date du 1 1 juin, les conscrits de 1813, dont le rappel avail été déciilé seulement le 'A0 mai, étaient mis en route au nombre de lb\000 sur 55,000 désignés pour partir*. La levée des gardes nationaux mobiles de vingt a quarante ans, qui si impopulaire en 481 i n'avait donné pendant la campagne de France qu'une quarantaine de mille hommes3, en avait déjà donné 150,000 au 15 juin*. Des bataillons étaient entièrement formés de gens mariés. Les mobilisés quittaient leurs foyers aux cris de: Vive l'empereur!
I. Rapport «le Davout à Napoléon, Il juin. Arch. nul. AF. IV, I93«>
N<uis donnerons nu tome II de 1815 tous les détails sur l'organisation de l'armée et des pardes nationales mobiliser* pendant les Cent Jours.
i. NajK>lcon à Drouot, 30 mai. (Arch. Guerre. carton de la e^rresp. de Napoléon 0 Rapports de Davout à Napoléon, ï3 mai et tl juin (Arch nat AK. IV, 1534, et AF. IV, 1M6.)
«. II. Houssaye. 1814, tl.
4. L'n él it du * juin contresigne par Davout (Arch. nat. AF. IV. porte a l Ji.i'i le chiffre des gardes nationaux arrives ou en route, Carnot dan* son rapport du 13 juin a la Chambre des pairs « lève ce chiffre a I .">«•, I SI . Bien que les différents effectifs cites dans le rapport oftW iel de Carnot soient généralement major* s d'un quart, le chiffre de 1 ju.m'ii parait à |»eu prés exact, car du * juin au IJ juin les opérations du recrutement avaient continue. Ainsi, le continrent des Landes. jx»rte Reniement a 20*» hommes dan* l'état du « juin, s'était augmente le 17 juin au point «h- former trois bataillons • partis pour Ha\onne • (Situation du trônerai d'Armagnac, I7juin. Arch Guerre,. Les mobilisas de .Seine-el- Oise. comptant i.iiù hommes le 8 juin. étaient 4..i00 le 16 juin. (Préfet de Semp-et-Oise à Carnot, 16 juin. Arch. Guerre.)
Les départements les plus empresses a concourir a la défense furent l'Aisne, l'Aube, la Côte d'Or. la Marne, le Hhône, la Haute-Saone, les Vosges, l'Yonne, qui donnèrent tout le continrent demande ; l'Ain. qui donna 4,53s hommes sur 5.030 demandes ; les Ardennes : 1.475 sur s.mo , la Haute-Marne : 2.164 sur i,Si0 , la Meurtti» : Moo sur I.O'H*. ; la M.-um- : 4.1 37 sur 5.1HM); le llaut-Hhin : 7,519 sur I0,ui»u ; Seine-et-Marne : 3.J40 sur j.«40 ; Seine-et-Oise : 4.500 sur 5.040.
Les départements les plus refraclaire* (sans parler de l'Ouest et du Midi où la levée ne fut pas ordonnée ou ne le fut. dans certains départements, que postérieurement au 1 1 mai' furent le Calvados qui donna ± M) hommes sur 3.7«*o demandas ; le Gers: 'J* sur i.I*j; la Loire :5s.' sur î.\<>>) : l'Orne: 107 suri 100 ; le Pas-de-Calais : 4J7 sur 7.41J; la Seine -Inférieure »i"»o sur lO.Oso. (Liais des gardes nationales d'elilc. 31 mai et » juin. Arch. naL AF. IV, I9ii. et AK. IV, ivjo.)
Vive la nation! Mais ce qui valait mieux que leurs cris, c'étaient leurs sacrifices et leur mâle résolution. Ceux qui avaient quelque argent s'armèrent, s'habillèrent et s'équipèrent à leurs frais ; les autres, c'était le plus grand nombre, restaient sourds aux propos des royalistes que tout combattant fait prisonnier sans uniforme régulier serait impitoyablement fusillé. et parlaient en blouse, en sabots, pieds nus1. 2">.00O militaires retraités après vingt-quatre ans de service officiers, sous-officiers et soldats) se présentèrent pour former des bataillons de forteresse !. 15,000 engagés volontaires entrèrent dans la jeune garde et dans la ligne3. Sur la demande des élèves des lycées, on organisa dans chaque ville, avec de> collégiens volontaires de seize ans et au-dessus, des compagnies d'artillerie*. Des jeunes gens de dix-huit à vingt ans se formèrent en compagnies franches. Il y a leséclaireurs achevai de la Cote-d'Or, les francstireurs de Maçon, les tirailleurs de Saone-et-Loire, les 000 chasseurs des Landes pour la défense des Pyrénées ; il y a le corps franc de la Seine, de 700 hom-
t Carnot a Napoléon, 10 mai. Rapport du comte de Sussy, I* mai |»av,. il à Ytpol.-oii. iT i*t in mai. (\ivli. nat. AF. IV, 1933. et Ar.'lV, f». . Lettre* à Oavniit : de (iruyer, Vesonl. ;o avril : de Uni v ct, Lum-vill**. il avril ;de Fririon. l'ans. •> mai ; de ller\o. l'oi tiers. 0 juin ; de Suehel. Ch nn»M-ry. »o juin. An h. tluertv } Corresp. de, préfets, I". t. t .. t*. t:. ii .1 r, mai, t. V. r». «. h. y. tl.fi juin .Arch. nat. F. 7, Mil*. et F. 7. ►
i. ltapport> de lia vont, a Napoléon. H. i>. il et ï» mai. (Arch. nat. AF IV. I".t'i). — l>»m» \ f-:,pn^ ,ie In *ttuat>on >l- l'Kntnir*. fait le 13 juin à la Chambre des pairs. Carnot porte à vj.ooo le ehiffre de* retraites rentn*N sous le* drapeaux, mai*, il y a majoration.
3. Carnot. dans YKxix.ié p'reeite. dit : iiu.oo. Il e*t possible qu'il n'exavrere point. < ar >i I»* rp< ''t>s<Miietit total de* volontaires ne semble |>as avoir ete fait. I»**» rapport* des L'eto-raux I'"* 1 — 1 1 r»*«* des préfets établissent .pi il eut •!••* vl - H lires e:i pinson lirons ucand nombre dans Ions le* d«-;iarl»*in>,:its i'» i dans les Vosges, ois <!,ins la Cironde, J<>dans le Loiret. IJ7d.ni> l'Ard-'ln*. <t . I.e.ima1. Pan-, av.nl <l m ne I , I iH> volontaire», el le t " j iin. Lyon ru avait donne i. ion. Napoléon a Lobau, b mai. Arch. nat AF. IV. •»!>: . hipport <li- Ltrmoy a Napol.-oi Lyon. I" juin. Arch. Guerre.
t. < li t-'--i!:i i rt- d<* r.aniot aux préfets. Ijnni \r -!i. nat. F»', 31 •. Cf. Harry , C<tfi,, r ,(\,n rt,-tr>rtc<<-*, '.»J, lit. J<turn>tl CKmmre, 10 avril.
L OPINION A LA VEILLE DE LA l» l E li II E f>2J
mes, les francs-tireurs de la Meurthe, de 10 compagnies, les tirailleurs de la Moselle, de aOO hommes, les lanciers-chasseurs de la Moselle, de 400 cavaliers. <« Tous ces hommes, dit Davout, rendront de très grands services »
Les fédérés de Lyon, les ouvriers de Vesoul, les paysans de l'Argonne travaillent gratuitement aux redoutes, aux tranchées, aux palanqucs, aux abalis. A l'exemple des grenadiers de la garde impériale, qui ont pris l'initiative d'aller remuer la terre sur les hauteurs de Montmartre et de Belleville, les douze lésions de la garde nationale et les vingtquatre bataillons de tirailleurs-fédérés fournissent chaque jour des terrassiers volontaires non rétribués. Le 2e bataillon de la 12° lésion* construit à ^baronne un petit monument avec cette inscription: Liberté! Patrie! Napoléon! La /2e légion qui a élevé ces retranchements jure de mourir pour les défendre*. Le 7" bataillon de la garde nationale du lîas-Hhin demande à faire partie de la grande armée, les mobilisés des Vosges veulent qu'on les emploie en première» ligue, les mobilisés de Cherbourg sollicitent leur incorporation dans la ligne1. « Cinq mille hommes, volontaires, rappelés, retraités, mobilisés, sont partis en deux mois, écrit le préfet du Mont- Blanc, plus qu'à aucune époque de la Révolution *. »
i Davoulà \n[»..l«..n. 1* H il avril, i:> « t 4i»tnai Ar.li.nat. AK. IV, l'JJfi'.. 4îorard à Davout. Mrl/, 29 mai. l'ivfol (I< h Landes a Oirnot. !" juin. It.ip- |»ort du eolontd Vu ii.l et du major LommuiMe, .ï cl 14 juin. (\r>h <;u«-rr*- )
i. \U* arrondifcM'iuiMil : faubourgs Samt-Vi-Mor, Saint-Jacques et Saint- Mar<«d.
A. Hapnorls de Davout.de I>i je.™ et de Lannoy à Xn|»ole»n, I?». J<\ 2L *9 mai. ltapp.de p«.li.e. 1", a. * juin. (Aroli. nat. AK. IV, lî»-n». F F. 7. 3771. : Journal dr. /'/.'»«// ne, li juin, tlruyer A Oavuit. Ve.«»ul. .0 ,i\nl. Lee 1ère des i:s>.irtsà Lonau.Sainto-Monchould, 2!» «'I 3! mai. (Ar< li. «ni-i n\ )
4. Lr* ofli. i. rs du 7- bataillon a l'empereur, Strasbourg, li juin. Hap- <iort d Kpuial. ii avril, General l'roleau à Davout, Clierl.our*r. ■• juin. (AitIi. (iuerre.)
b. Preftt du Mont-Blanc à Carnol, ChamUry, i juin. (Areli.nat. F. 7, m.)
Davout reçoit des roquâtes comme celle-ci : « Je soussigné, juge «le paix du canton «le l'Àrbresles tJUn'me . demande a reprendre le grade de maréchal «les logi> que j'avais il y a vingt ans'. »
On est prêt à donner son sang, et, ce que l'on n'a pas l'ait en 181 i, on donne son argent. Les oHYandes patriotiques sont innombrables. I n groupe «l«* négociants de Bordeaux arme, babille et «;<juipe une compagnie de garde nationale mobile. Les acquéreurs de biens d'émigrés du Puy-tle-Dome fournissent cinquante chevaux tout harnachés, In armurier «le Marseille donne cent canons «le fusil, un sellier de Boulogne-sur-Mer vingt selles de gross<» cavalerie, un distillateur de Jonzac quaraut«> fûts d'eau-«lc-vie, un aubergist*' «le Hennés o.oOO francs. Le commandant Miteau, «le la garde nationale «le Heims. promet une pension viagère de 2o0 franc s à chacun «les quatre gardes mobiles «jui se seront le mieux conduits dans l«»s trois premiers mois «le la guerre. Les élèves «lu lycée «le Grenoble donnent 400 francs, les élèves «lu lycée «le Nancy donnent îiOO francs, une orpheline d«> la Légion «l'honneur donne 100 francs, l ue (homélie parisienne écrit à tiarnol : « Je vous envoie c«»nt francs, ("est le protluit «le mes bijoux. Pour la première fois j'ai r<>givtlé «l«* n'avoir pas d'autre parure que mes enfants. » Le 1" lég«»r (officiers <kt soldats) abamlonne un jour de solde, le 70e «le ligm» deux jours de solde, le i' tirailleurs de la jeune gard«' (juatre jours de sol«l<\ le 7e tirailleurs cinq jours «l«» soble. la ge mlarmcri<» «le l'année du Nord un jour <l«' >ol«l<» par mois pendant la duré»' «le la campagne. Des officiers donnent 100 francs, :>00 francs, 1 ,000 francs, i.000 francs. Les employés «le llntéru'ur souscrivent pour
\. Pitrcard à D.ivout, I/Arbreslos. s. d. fin mars». (Arcli. Guerre.)
L'OPINION A LA VEILLK DK LA (UKHHK 031
5.777 francs, ceux dos Affaires étrangères pour 5,000, ceux «le la (uierre pour li,000, ceux du Trésor pour 27.839, ceux des postes pour 20,000, ceux de l'Enregistremeut pour 10.000, ceux de la préfecture de police pour 20,000. La Cour impériale de Paris donne .*i0,000 francs, la Cour de cassation fi, 000, la Cour des comptes O.iOO, la Cour de Douai 2.000, la Cour île Poitiers 3,000, les agents du fisc de Colmar 5,300, l'Ecole polytechnique i,000, le Collège de France 1,050, la Comédie-Française 1,500, les agents de change 10,000, les facteurs de la halle au blé 3,700. Hinet, ex-caporal au I V" de ligne, offre le premier semestre de son traitement de légionnaire. Mabillon, ancien soldat de l'armée d'Egypte, offre quatre années de solde de retraite, soit 1081 francs. Lachenadais, bourgeois de Paris, et Frédéric, manufacturier à Mulhouse, versent chacun 10.000 francs au Trésor. l)elorme, le propriétaire du passage de ce nom, donne (iO.OOO francs et s'engage à payer pareille somme chaque année « tant que durera la guerre »>. Il y a enfin un grand nombre de souscriptions anonymes. Ilavout reçoit 2,000 francs pour le soldat qui prendra le premier drapeau ennemi. Le IV mai, pendant la revue des fédérés, une femme s'approche de l'empereur et lui présente une pétition roulée qu'il met dans sa poche. Rentré aux Tuileries avec Carnot, il ouvre la prétendue pétition : c'est un rouleau de vingt-cinq billets de banque de mille francs nmiés par un ruban de la Légion d'honneur*.
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L'opinion troublée et divisée n'est pas telle san> doute que semblait le présager la marche triomphale du golfe Jouan à Paris. L'Ouest est encore en armes, la discorde règno dans le Midi ; à Paris, à Lille, à Rouen, à Bordeaux, il y a des mécontents, des agitateurs, des artisans de démoralisation. L'approche de la guerre suspend Joute affaire, paralyse le commerce, fait tomber la rente à ;>i francs. .Mais cette guerre odieuse, dont la prévision a pendant deux moi> consterné et accablé tout le pays, le ranime maintenant dans un grand mouvement de patriotisme. l)evanl l'humiliant ultimatum de l'Europe et son agression inique, la France se lève frémissante d'indignation el de colère. Au défaut de l'enthousiasme de Ît2 et de la rayonnante confiance de 180*> et de IStM». elle a la haine de l'étranger, la rancune ulcéreuse de l'invasion, le rêve des représailles vengeresses. Il lui manque l'espérance, mais l'espérance elle la retrouvera à la première bataille gagnée. L'ardeur et la résolution des soldats, la lionne volonté des gardes nationaux, la multitude des dons patriotiques confirment ces mots d'une lettre de Mme de Staël à Crawfurd : « Si l'empereur a une première victoire, et il l'aura, l'orgueil national fournira à son vengeur toutes les ressources d'hommes et d'argent qui lui seront nécessaires. »
dette première victoire. Napoléon quitta Paris le \2 juin pour l'aller chercher dans les plaines de la Belgique.
Paris, 1889-1892.