‹ 1815 (volume 3)Chapitre 28 sur 226 · LK MINISTÈRE DU MARÉCHAL SOI LT · texte numérisé non relu

LK MINISTÈRE DU MARÉCHAL SOI LT

date fixée par les conjuras pour ce coup de main, soit qu'il ne crût pas a cette conspiration, il n'avait pris aucune mesure particulière pour la surets de Louis XVIII.

Le duc de Baguse, lui, ne perdit pas cette occasion de faire parade de son zele. Toujours fort glorieux du rôle de faiseur de roi qu'il avait rempli à Essonnes, il n'aurait pas été moins jaloux de celui de sauveur de roi. Le maréchal entra très agité chez Louis XVI II. lui révéla tout le complot et le supplia de ne point aller au théâtre. « — Mon cher maréchal, répondit spirituellement le roi, votre affaire est de me garder; la mienne est d'aller m'amuser à la comédie. » Aussitôt Marmont fit appeler le général Maison, gouverneur de Paris, et le général Dessoles, commandant de la garde nationale. En une heure, toutes les troupes furent consignées, tous les postes doublés. Dix mille hommes s'échelonnèrent des Tuileries au Luxembourg. Marmont escorta à cheval la voiture royale, avec ses gardes du corps armés jusqu'aux dents. Quant aux conspirateurs, si conspirateurs il y avait, ils étaient restés chez eux. Aucun incident tragique ne vint troubler la représentation de la Petite ville, de Picard. Le lendemain, on rit un peu de la grande prise d'armes de Marmont, mais Beugnot, regardé comme peu vigilant, n'en dut pas moins quitter son poste

Le roi donna à Beugnot le portefeuille de la marine, sans titulaire depuis la mort de Malouel, et, sur l avis du comte d'Artois, il mit Dandré à la police. Ancien constituant, promoteur d<> la loi martiale, émigré en 92, Dandré était rentré clandestine-

I. Ferretle au rrand-d** d« Bad*\ Pari», a <lrr (Ar«-h AfT. «Mr.. «"5.1 WVUintfU.n à Caatkmrh. Paris. * d.v. {Ihtfxtich». XII J;ui<-»urt .1 Talkvrand, J der. (orr—p.d* Talleyrand «t d* Lou>* A t7//, H<> n,,t,- Marmont.

y*m., vil. :«-::.

» 'N< t> .mi 97, s'était mêlé aux conspirations de iuu* . t n lit rie le conseil do Louis XVIII

i«« temps iju'il déplaçai! Beugnot, le roi ,v t thi|Hi|it. Avant son entrée dans le cabinet, .M ut £Ottéralemeut méprisé par l'armée qui » Mil de llaylen ; au ministère, il n'avait rien ieeoiu|uêrir son estime V II avait réduit les n miNvli\ mille officiers à la d«Mni-solde. con- . e de scandaleuses nominations dans la Lésion u m » il avait souffert la création des compa- »'>>^'v l mtniMon dans los cadres de chouans • •>•. !••**, la réorganisation aristocratique de militaire, U* licenciement des invalides, lasup-

"» de* maisons de la Légion d'honneur*; enfin » ol p in su obtenir l*exéCUtion do rordonnance du I juillet relative au paiement des sommes

m > ol liciers, sous-officiers et soldats pour leur niicive, h'un autre côté, malgré son inlas-

i oui plaisance envers les protégés des Tuilel*>i|M»nt «'lait attaqué par les royalistes. Ils lui

h uellt de niani|uer de l'ermeté, l'accusaient «le ol vouloir sévir et le rendaient responsable du

ii i cipril de l'année. Louis XVIII hésitait néan- » ic m parer d'un ministre de la guerre d'un

> h i facile, toujours prêt à devancer ses <lé- >•« >|ue b» I «I octobre une pétition qui dénonçait «»i pour avoir pré\ ari<jué dans l'adjmlication «le ,ei * I • * vivres'* fut portée k la Chambre. Les \ otereitl l'ordre «lu jour, mais un ministre «le

. i \\ uni. t d«.»c. ^Corrttp. it Ta'.lfjranH et dê Lotit» XVI//.

.. i .« mi. 1815. I. 71. cri ordonna»» !** fur** ni rapport»*-*» ou i.. i li l.hJUlbrr* àt*t dtput****, mais rlN-s nVti aNSi'-ul pat . • ..ni* •|Utr l'upvnt y cul oppoMUon.

I || %H lo|> If.

LE .MINISTÈRE l) V M AH ÉC 11 AL SOILT

la guerre no doit pas être soupçonné, surtout quaml pose sur lui l<^ souvenir d'une capitulation en rase campagne, signée, a-t-on dit. pour sauverdans ses bagages personmds un million en or et en argent D'ailleurs, des nouvellesde Vienne, où se négociait une alliance entre la France, l'Autriche el l'Angleterre, faisaient prévoir, sinon la guerre, «lu moins la nécessite* d'une mobilisation'. Il importait que le ministère fut en de meilleures mains. Dupont reçut comme dédommagement une pension de 10.000 francs et le gouvernement de la 22° division militaire.

Marmont espérait être appelé au ministère de la guerre. Il était bien en cour et très protégé par Vitrolles*, mais il était encore plus décrié que Dupont. Les soldats «lisaient : « Si le maréchal Judas ose prendn» un commandement en temps «le guerre. s«ui affaire sera bientôt faite. » Dans les salons comme dans les corps de garde, on contait «pie beaucoup «le personnages déclinaient ses invitations à dîner, qu'à Chatillon d«is ouvriers avaient refusé de travailler | nui r lui, que la duchesse «le Haguse, honteuse d<> porter un nom déshonoré, demandait le divorce \ .Marmont étant impossible. Louis XVIII nomma un autre royaliste zélé, le maréchal Soult.

I. F.itrall d»M.i Gazetttd* Madrid du 9 <»*t»|.r«» ?*<m. H n >|.- ,),• IVmptrrur joint*- a rentrait. (An li. Guerre. Aruie»\H »l h^ui^nr. , — l.jrtiilo XI do la r.t|iitiil.iti<iii <1<* H.ivlrn stipul.iit er» elTVt «. 1 1 j - - -.fli- i> rs w.n.i.iux cou- **nrt»ralenl une voiture et un f.»ur»c«»n. ■ '|ui iw senii.-nt «. mmhis ;i nueun «•».irn«n ». M:«h ••sI-.f- un»- r.usMii Miflis.iiiti" p"ur ;u rus. r i>uj><>nt •

t. TMIfvrnii'l n l.»m«- WIH. \'i<-im«'. 17 et i.» n<-v»mltv fnrr«p. m*r LoMf AT///. «:f Impont « kelkrm.ïnu. 17 nov Arcli. «,u. rr.* )

3. VilroHes. ii>-n< , II. iot, iit:. Cf. .'.niourt :i 'I\ill<-\ r.tu>i. :\> u<>\ru\\>r>- ,{ 0 d«*<-emi>rr t oriftp d* /'«!.'/* y f -im'/ artr /ami XVflf. 14". - M-irtiinut n"nvoue pas dan». s«>* .\t-m»<m j.i il <-<,n\..iiM k immst. r.\ m;n> I '..m. -ri unn» ■vih- la«|uflU- il park d<- Impuni cl d«- Soult VU, 7>T*. 71 7- in.hil

IKMt «I J.lloUM»'-

4. Rapport* de '» judlel, < ;i..fil . 31 o< t . 1'. n..v. . -'I jrmvi.-r *\ih. nat. F. 7. I7i* .1 i:r.»., Al.-»:»n.lr.> ;»u •••»mt«- <1<- «.i iin-'.i r,| . I« j..uv. (Arch. AfT. <'lr , (.:>. Cf. M.initunl. A/<-»i.t VII. .7

D'abord on disgrâce, Soult avait été relevé de son commandement et exclu de la Chambre des pairs. Ce n'était pas qu'il eut tardé à se retourner du côté du soleil levant, puisque le premier mai, à Toulouse, il proposa au duc d'Angoulème de marcher sur Paris, avec ses vieux soldats d'Espagne, « pour jeter par les fenêtres » les constituants trop libéraux du Sénat. Mais on l'accusait « d'avoir fait verser inutilement le sang français » en livrant la bataille de Toulouse, et on redoutait l'audacieuse ambition de ce capitaine qui avait rêvé la monarchie du Portugal et que les couronnes de ses camarades, Murât et Bernadotte, empêchaient de dormir'. Dans les derniers jours de juin, cependant, sur les instances du comte de Bruges, qui se porta garant de son dévouement, le maréchal fut nommé gouverneur de la 13° division militaire. A Rennes, il fit éclater son zèle pour la cause du roi et de la religion. Déjà, en écoutant à Notre-Dame le panégyrique de Louis XVI, il avait été tellement touché « que des larmes roulaient dans ses yeux' ». Après avoir publié une ardente proclamation royaliste \ il s'occupa de faire offrir à Louis XVIII par les populations bretonnes, en don de joyeux avènement, une grosse somme d'argent 4 : puis il provoqua dans toute la France une souscription pour ériger un monument aux victimes de Quiberon. On blâma généralement ce projet, qui réveillait des souvenirs blessants pour tout le monde ; mais la cour en sut gré au duc de Dalmatie, et si grands que fussent ses talents militaires et administratifs, le monument de Quiberon ne fut pas son moin-

I. Villèle, Mtm.. I, 210, 2*7. Vitrolles, Mém., II. U. I. Vilrolles. -V/<m.. II. 14-35.

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