‹ 1815 (volume 3)Chapitre 4 sur 226 · Villèle. St m. |, sw-Sks · texte numérisé non relu

Villèle. St m. |, sw-Sks

mis la suppression. Dans plusieurs communes du Doubs, du Jura, du Bas-Rhin, des Charcntes, de la dirondc, de la Seine-Inférieure, les habitants chassèrent les agents du fisc et brûlèrent leurs registres 1 . Quant aux Bretons et aux Vendéens, ils se tenaient prêts à se servir de leurs vieux fusils plutôt que d'acquitter ces taxes détestées. Ils prétendaient même ne point payer l'impôt direct. « Nous avons combattu pour le roi, disaient-ils. Toutes les contributions doivent être abolies pour nous V »

Au reste, on était encore dans une période de transition. Il y avait à s'inquiéter, non à s'effrayer de l'esprit public. Si chez les soldats, compagnons de gloire de Napoléon, et chez quelques bonapartistes, comme Bassano, Lavallettc, Caulaincourt, Flahaut, dévoués à l'homme autant qu'au souverain, on pouvait craindre que les regrets et les sentiments hostiles ne persistassent longtemps, on devait espérer que dans le peuple des villes et des campagnes, le mécontentement tomberait quand la défiance aurait disparu. L'opinion était troublée et hésitante ; il n'était pas impossible de l'amener tout entière à soi. Il v avait individuellement des opposants, mais les partis d'opposition n'existaient pas. Il fallait ne point les laisser se former. Dans le monde de la politique, de la finance, des lettres, du barreau, dans la bourgeoisie, dans l'étatmajor général de l'armée, parmi les dignitaires des loges maçonniques, tout le monde, à quelques exceptions près, était pour le roi. Il en était de même chez la plupart des manufacturiers et des commer-

1. Moire de Lons-le-Saulni.-r a e» la «'InM". 3 mai. Préfet du Loiret à Dupont, 5 mai. Despeaux au m^me. 6 »*t s mai. Dupont h Bcufrnot.s. d. (2* quinzaine de mai) Arch. Guerre . Correspondance des préfets, avriljuin. (Arch. nat. FV »Hi )

5. Hntv à Dupont. Angers. 29 mai. (Arch. Guerre } Rapport de police, f juin. (Arch. nat. F. 7. 3773.)

LES OPINIONS AL RETOl II DES BOL RBONS 1

<;ants, encore «pie les uns et les autres redoutassent avec raison une baisse énorme sur leur stock par suite de l'invasion subite des produits étrangers. L'immense foule des indifférents se réjouissait de la paix. Les bonapartistes, qui ne s'en réjouissaient pas moins, se (laltaient de conserver, sous le nouveau régime, grades, fonctions et traitements. Ceux des terroristes qui ne s'étaient pas ralliés à Napoléon, ou qu'il avait dédaignés, attendaient île la royauté plus de liberté que de l'empire. Les libéraux voyaient dans la monarchie, tempérée par la Charte, la réalisation de leurs vieux.

Les plus glorieux représentants de l'empire, comme Ney, les plus grands patriotes, comme Carnot, avaient accepté franchement la royauté'. Augereau écrivait dans une proclamation: « Soldats! arborons la couleur vraiment française qui fait disparaître tout emblème de la révolution*. » Fontanes disait au roi. au nom de Université «le France: « Sire, les vertus royales, apanages de votre Maison, feront bientôt oublier les temps douloureux qui s'écoulèrent loin de vous3 ». Fouché intriguait pour être pair de France et ministre de la police. Il exhortait Napoléon à refuser , la souveraineté «le l'île «l'Flbe, où il serait toujours un suj«*t d'inquiétude pour l'Europe, et a aller vivre aux Ktats-t nis«Mi simple citoyen, envoyait au comte d'Artois ctqiiede sa lettre à l'ex-empereur, <'t écrivait à Hlacas : « Il faut que le dix-neuvième siècle porte le nom «le Louis XVIII comme le dix-septième a porté celui de Louis XIV 4. » Rouget «le l'Isle composait un

t. Ordre du j«>ur de Ci mot, Anver*, U avril (Arrh. «luerre . Mtm . tur Cmr»*.ll, 3 .S. «if Hovtp.. Mtm VU, 3.W. î. Hroclaïuniion d Autrereau, Valeure, U avril (An h. (luerre .

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