‹ 1815 (volume 3)Chapitre 59 sur 226 · LA RENTE DE DEUX MILLIONS · texte numérisé non relu

LA RENTE DE DEUX MILLIONS

se passer de lu rente qui lui était assurée par le traité du il avril. Jusqu'ici, il avait pourvu aux dépenses avec l'arpent sauvé des griffes du gouvernement provisoire. Mais ce petit trésor — reste du fameux trésor des Tuileries économisé sur la liste civ ile et dont les huit dixièmes avaient été employés à des dépenses de guerre — n'était pas inépuisable. Des 3,800.000 francs qu'avait l'empereur à son arrivée dans l'ile1, la moitié était dépensée quand il s'embarqua pour la France1, et bien avant le mois de février, il avait prévu que dans un temps donné son trésor serait vide \

Admixistiutio* t>K l'Ile. Traitements, frais de bureaux, clergé, postes, assistance publique, travaux publics, etc. . . |4.î.?3J fr.

A«M>» KTMAMXB I.4W.309

Mai.*ox i>k r .'i ■mpvhki n. Traitement des officiers, gages des employa», cuisine, écurie, toilette, cassette gratifications, bibliothèque, bal* et réception». Palais impériaux (construction, aménagement, mobilier, jardin, iâo.uoo fr ). . êio.w

1. Le II avril l»H. quand Peyrussc fut nomme trésorier, il y avait en caisse à Fontainebleau 4k<j.913 fr.

I,e IS avril, Pey russe reçut a Orléans des mains de La Uouillerie 6.000.000 dont il fit charger, dans les fourgons de l'impératrice. 1.4(9. || apporta donc à Kontainebleau. . i.SaO.Oo*

Les 1» et 19 avril, il reçut de Kambouillet sur l'argent remis à l'impératrice su .000

i.vw fli'fr"

Du 11 avril au 4 mai, date de l'arrivée à l'Ile d'Elite, il fut dépens*? en gratifications, frais de chancellerie, frais de v<«\aire, etc U9.H1T fr

Le trésor ne montait donc plus au 4 mai qu'a 3 *;n oth fr.

Cf. Livre de caisse de Pevnissc Urmor.. Annexes . Meiieval, Sourrnirt. II. «tt-lol. KL'ils du Tr.-sor. An h. nat.. AK. IV, iwn

t. L'avant veille de sou embarquement, il restait il l'empereur environ i 1104 imhi fr. -• Vois donnerons au chapitre V du livre II le décompta de-» dépenses de la travers' f de l'Ile d'F.lhe au golfe Jouan et du \oyaee de Cannes à Paris.

a. «iampU'll écrit dans son Journal, a la date du 13 octobre- • Napoléon parait très auite par le besoin d'argent. » — On voit nennrnoins par les comptes précités que l'empereur nVlatl pas eic-on- a court d'argent et qu'il n'en était pas réduit, comme il l'a pri-t<-n<hi ltap|>ort du nmscil d'Klat du 3 avril ins. r>- dans le Votn/fur du 1 1 avril n recourir aux l-.m qmers de (i. tu > et de home. Peyru-se. tn-M.rier de reuq»ereur. « t.ul bien.

De rensemble dos rapports secrets, envoyés de Porto-Ferrajo à Paris et à Vienne, il ressortait que Napoléon resterait dans son île tant qu'il aurait de l'argent pour y vivre L'inexécution par Louis XVIII des engagements pris envers l'empereur n'était donc pas seulement un manque de foi*; c'était une imprudence. A la vérité, le gouvernement français avait toute raison de croire qu'avant que Bonaparte eût épuisé ses dernières ressources, il serait pourvu à son sort d'une façon définitive.

on effet, en rapport avec ces banquiers, mais cVlait afin de négocier des traites qu'il recevait en paiement |Kiur le minerai de Rio.

1. Rapport sur la situation de l'Italie et de l'Ile d'Elbe, 19 sept. (Arch. Guerre). Extrait de lettres, 31 janv. (Arch. nat., F. 7, 3739. , Campbell. 344. Cf. Rapport de Jordan. Rome. 4 août. (Arch. A (T. etr., 1800.)

î. Aux termes du traité du 11 avril (Art. VI et IX), la France devait servir en outre une rente annuelle de 2.500.000 fr. aux membres de la famille impériale et acquitter, jusqu'à concurrence de 2.000.000 de fr., les donations et gratifications de l'empereur b des officiers de la garde et à des personnes de sa Maison et de celle de l'impératrice. Le gouvernement des Bourbons regarda ces clauses connue également nulles, et non seulement il ne paya rien, mais le conseil des ministres adopta la proposition du général Beurnonville, ministre d'Etat, de mettre sous séquestre tous les biens appartenant aux Bonapartes. (Procès- verbaux des séances du conseil des ministres. 5 septembre. Arch. nat. AF * V». Cf. la Décision du 1» décembre 1814. publiée dans le Monitrur du 11 avril 11*15. A en croire La Fayette (Mém.y V, 364;. si la mesure ne fut pas appliquée, c'est que les bureaux de la Chambre des pairs la repoussèrent a une assez grande majorité.

Or il faut remarquer :

1* Que ces sommes étaient représentées en tout ou en partie par les fonds appartenant à Na|>oleon et places sur le (irand-Livre. à la Banque de France, en actions des canaux, dont, par l'article IX du traite, il avait ratifié le retour au domaine de la couronne;

Que dix millions du trésor prive de l'empereur {économies sur la liste civile que l'empereur s'était expressément réservées par l'article XI du traite, avaient été indûment saisis — pour ne pas dire davantage — par les ordres du gouvernement provisoire, le 13 avril, à Orléans, et que ces dix millions, après avoir été quelque peu écornés par les familiers du comt« d'Artois, avaient défraye les premières dépenses de l'administration royale ;

3* Que le traité de Fontainebleau avait rendu à Louis XVIII le trône de France, avec 2:-» millions de liste civile pour lui et ti millions pour sa famille, sans compter les :jo millions qui lui furent donnés pour payer ses dettes contracteesen exil ;

4* Oue b*s elauses de ce traite dont l'exécution concernait la France avaient été garanties le II avril, par une deelaration officielle des membres du gouvernement provisoire, et le 30 mai par une déclaration officielle de Tallevrand au nom de Louis XV11I.

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