Napoléon. Correspondance. i1«.si, 2I6SJ
hans la f ormpondanrr, .-es proclamations prétendues improvisées pendant la traversée et prétendues imprimées pour la première f..is a Cap. le <i mars, portent : Colfe Jouan. I" mars. Or, nous avons découvert aux Archives .les Affaires étrangères l'ipiert <b*i tionnp.tr tr, \»o\ ., les premiers exemplaires imprimes de ces trois proclamations. Ils ne |»orteut pas la mention de ^olfe Jnu.in ni de t" mars, et on lit au bas : A t'orio-Ferrmjo, <htt Hrof/h.t. tmfunur,,, du yo-.cer,.' — Nous reviendrons sur ce point de délai i 1815, I, ïin-'o.s .
Le même jour, ou dam la matinée du lendemain. Napoléon rédigea aussi quatre d- < r. ts relatifs ii la Corse- - d< "dilution de • l'infâme Rrusart .. nocninatious d'otfleiers généraux, etc. — et deux proclamations : l'une à l'armée de Crse. l'autre au peuple de Corse (Copies certifiées par le général Hruny, nomme commandant militaire de Bastia, Archives delà gu<rp-, carton de la correspondance de Napoléon.) Os divers écrits furent emportes par les émissaires qui, trois jours après rembarquement de l'emi*reur. partirent pour révolutionner la Corse Happort a Mariotti. I" mars.) La pn h.' la ma li on à l'année de Corse Unissait ainsi : • Arrachez ces couleurs que pendant vinv't ans nous avons combattues. Arbore/ k [tavillon Incolore, c'est celui de la nation, c'est celui dr la \ict >ire. •
Napoléon, si simple et si précis dans ses lettres et ses admirables commentaires, semblait, pour ses harangues, avoir hérité des orateurs de la Convention, ces proclamations enflammées étaient grossièrement mais superbement éloquentes. Rien de mieux conçu pour frapper les esprits, pour attiser les colères contre les Bourbons, pour réveiller dans l'àme de la France les souvenirs de l'égalité républicaine et de la gloire impériale. L'empereur commençait par attribuer ses revers à la trahison. Sans Augereau et sans Marmont. les Alliés auraient trouvé leur tombeau sur le sol français. Il donnait ensuite pour raison à son abdication l'intérêt de la Patrie. Mais les Bourbons imposés par l'étranger ri avaient rien appris ni rien oublié. Ils voulaient substituer le droit féodal au droit populaire. Les biens et la gloire des Français n'avaient point de pires ennemis que ces hommes qui regardaient comme rebelles les vieux soldats de la révolution et de l'empire. Bientôt, il faudrait avoir porté les armes contre sa patrie pour prétendre aux récompenses, il faudrait une naissance conforme aux préjugés pour devenir officier. Les patriotes auraient les charges ; les émigrés, la fortune et les honneurs. « Français, disait-il au peuple, j'ai entendu dans mon exil vos plaintes et vos vœux : vous réclamiez le gouvernement de votre choix qui est seul légitime. J'ai traversé les mers. J'arrive reprendre mes droits qui sont les vôtres. » « Soldats, d i sa i t - i l à l" a r m ée , v en ez v o u s ra n ge r sou s l es d ra peaux de votre chef. Son existence ne se compose que de la votre; ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres... La victoire marchera au pas de charge. L aigle, aver les routeurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame. »
Le 20 février, tout le monde était dans l'attente du départ, mais sans qu'on sut encore s'il aurait lieu ce
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jour-là. C'était un dimanche. A neuf heures, l'eraperetir entendit la messe. L'office terminé, il passa une revue, fit manœuvrer le bataillon corse, puis remonta aux Mulini. Vers onze heures, Cambronne avertit les adjudants-majors que les troupes mangeraient lasoupe à quatre heures et s'embarqueraient à cinq. A midi, le bataillon franc et la garde nationale relevèrent les postes occupés par la vieille garde *.
L'empereur ne pouvant disposer que d'un petit nombre de bâtiments s'était résigné à embarquer seulement des chevaux pour l'artillerie et l'état-major et à laisser à l'ile d'Elbe ceux de sa cavalerie, dont les hommes seraient remontés en France». Mais malgré ce sacrifice, Napoléon n'avait pas une flottille suffisante pour embarquer tout son monde. Par bonheur, l'état de la mer avait contraint une polacre d'Agde, le Saint-Esprit, jaugeant 194 tonneaux, à relâcher le 18 février à Porto-Ferrajo. Ce bâtiment n'ayant pu appareiller le 2i, à cause de l'embargo, se trouvait encore dans la rade. A deux heures, Jermanowski, sur l'ordre de l'empereur, aborde le Saint- Esprit avec vingt hommes. Le capitaine ne fait aucune résistance, seulement il commence à crier comme un brûlé quand il voit les Polonais jeter toutes ses marchandises à la mer. Le trésorier Peyrusse arrive pour le calmer. Il était chargé par l'empereur de solder incontinent la cargaison en
1. liapport précité a Mariotti, Porto- Kerrajo. fevr. [ctU- par P»>llel, Appendice !•>■>). Li»*ul»«nant colonel Laborde, JVa/*»/. rt la gurd* dr ntt dElb>\ 47-49. Las Cases. .V> ,»or , U, jol .
i Napoléon Liled "Elbr et t*t Cent Jovrt,Corre$p..\\\l. M) dit '((ion emmena »i chevaux dont s de selle. Mais d'après Peyrusse ,.\trmonal, xTvi et le rapport du secrrtaire «le la princesse UorKh^s** icit»* par llelfi*rt. Jearhnn V*r*t wuf Ututn Ktimpf' , il semble qu'on embarqua seulement un ch. val pour l einprreur et un très petit uombiv de ehevaux d'artillerie SH«.n llobhouse m«vmr [Ltltr+i, I, lli-llf , qui prétend tenir s» s reuseik'ueim-nt» dr Jermanowski. il n'y aurait eu en tout que quatre, chevaux emltarquev et b-s chevaux pour I artillerie auraient ete achetés a tonnes.
beaux rouleaux d'or. Mais d'interminables débats'engagent entre le capitaine et le trésorier, celui-là demandant le plus cher possible de ses marchandises, celui-ci cherchant à les payer au meilleur compte, chicanant sur tout et exigeant chaque facture. La longue absence de Peyrussc impatiente l'empereur : il saute dans un canot et monte à bord du Saint-Esprit. D'un revers de main, comme il en avait l'habitude aux Tuileries, il fait voler tous les papiers étendus sur la table. « — Peyrousse. dit-il il prononçait les noms propres à l'italienne 'i. vous n'êtes qu'un paperas>ier. Payez au capitainetout ce qu'il demandera. »• l'evrusse s'incline et donne aussitôt vingt-cinq mille francs pour la cargaison détruite'.
A peine l'empereur a-t-il regagné le palais des Mulini. que la générale bat. Les troupes s'élancent des casernes, la foule s'amasse sur le port, chaloupes et canots sillonnent la rade*. Pendant rembarquement. Napoléon reçoit, aux Mulini, les membres de la junte, qu'il vient de nommer, et le directeur des domaines Lapi. promu gouverneur et général, l'ne compagnie du bataillon franc et un détachement de garde nationale forment le cercle. Napoléon proiionre une courte harangue : « — Je vous conlie. dit-il. la défense de la place... Je ne puis vous donner une plus grande preuve de confiance que de lais>er ma mère et ma sœur à votre garde*. » Sa physionomie est calme, son regard assuré, mais la tristesse et l'inquiétude régnent autour de lui. Drouot et Bertrand
I fvyru--*. \t'-mor,.it,ri-r3. r'intorn. aratoire du capitaine dr la parure lr ^amt -E%j,r\t. Antiïfv i rtinrs. Ar«'h. <iu»irr<*.
j. «apport a Mjri'.tii. pn-.-ito. Porto-Ferrajo. fevr. Pryrus«*. Ch. Li^Mt»-n;iri(-< ' l'ci< l Laï^nl»*. Xofril. *t la ynni' à l'ilrdElbe. 4*. i' inlrrroyatMjp" 'hi '• (pitauir <lu S'uui-E*prit . AntiU'ft. J mars. An h. iiu»'rrv
s. Pr<« 1 dn.-it:"]] de Lapi. Porh-r errajo. s. d. i" fevr Arrh. AfT Hr-, 1 lianp'Tt d#- Mariât». P<»rl<> rVrraj<-. 2t> ft vr. cile par PHIct, Xapoi-;u tt itt- d'FAb*. Api»<>iHii»e . «apport du secivtairr d»' la prince*s«
iSor-'lc c r t« • par H» If'Tt, M «ml und te, ne Ufzte* A'*mm/i/>, lTi-174).
LE DÉI'AHT DE L l LE DE L H E 493
sont soucieux, Mudanie mère et la princesse Borghèse versent des larmes, madame Bertrand Moufle ses sanglots. Sept heures sonnent. L'empereur embrasse une dernière lois sa mère et sa sœur et descend vers le port dans une petite voiture dont les chevaux vont au pas et que suivent à pied Drouot. Bertrand, Peyrusse, Pons, le docteur Fourreau-Beauregard. Bathery, Marchand, les fourriers du palais et les magistrats de l'ile. La ville a été spontanément illuminée. A la lueur des lampions et des lanternes de couleur, la population entière, massée sur la marine, sur les remparts, sur les toits en terrasse, peut encore voir l'empereur. Il porte sa tenue de campagne, la redingote grise déjà légendaire. Yiva ttmperatore ! Evviva Napoleone ! mille cris éclatent lorsqu'il s'embarque sur lespéronadc la Caroline, qui va le conduire à bord de f Inconstant. On suit des yeux le fanal du petit bâtiment. Bientôt un coup de canon tiré du brick pour donner au convoi le signal d'appareiller annonce l'arrivée de Napoléon1.
Il ne fait pas une haleine de vent. La flottille, composée du brick C Inconstant, de l'espéronade ta Caroline, de la polacre le Saint-Esprit, des chebecs [Etoile el le Saint Joseph et de deux grosses felouques, reste plusieurs heures au mouillage. La lune qui s'est levée éclaire la rade, (l'est une de ces radieuses nuits méditerranéennes, sans brume et sans nuages, où les montagnes, les arbres, les maisons se modèlent avec leurs plans distincts, leur relief et leurs couleurs, où la mer brasille et s'argenle sons le bien profond «1 h ciel étoile. I)e Porto-Ferrajo ou apcn-oil le brick impérial toujours immobile. Knfin, un peu
i. Ilap|*>rt |ir«vi(f du vctvl.nn» I,i [*rin>*''s«*' It^rcti*-*'' >rt |irv.-ii«
,i M.irii'tti. l'ort.. Krrrajf». iù f.-\r iv>ru*s»-. i::> \ >\r>- -\ "I / »!••
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après minuit, une légère brise commençant à -<nil- 11er. on voit les bâtiments se couvrir de toiles «»t vi>guer lentement vers la haute nier1.
Le colonel Campbell avait quitté l'île d'Elbe I»' Mi février, sans la moindre défiance: mais dans le> derniers jours de son excursion à Florence, où. dit-on. il était attiré par les faveurs d'une belle dame, des lettres de l'orto-Ferrajo troublèrent sa félicité et sa quiétude. Il revint en hâte a Livourne pour prendre passage sur la Perdrix, (a* bâtiment étant arrivé le 20 dans l'après-midi, Campbell s'embarqua à huit heure*» du soir, à l'heure mémo où Napoléon montait à bord de l'Inconstant. Campbell comptait partir sur-lechamp. Mais le manque de vent, qui retint à l'ancre plusieurs heures la llottille impériale en rade de Porto-Ferrajo. retint également la frégate anglaise dans le port de Livourne. Au reste, le capitaine Adye était très rassurant. Il n'avait, disait-il. rien remarqué d'insolite à Porto-Ferrajo qu'il avait quitté l'avanl-veille: les sodats de la garde s'occupaient à planter «les arbres, et la veille encore, il avait vu des eaux de Palmayola les mats de l'Inconstant dans le port. La frégate appareilla dans la nuit. Mais le peu de veut qu'il y avait étant contraire à la marche du
1 . «apport h Mariotti, l'orto Ferra jo, Jt; f.vr. cite par ivilet. Af-f- n <li i l I" et l" uitern'wMtmies -lu e.ipitaiiie du Sutut-tîsprit. Antd>es i »-t : ni'trv i Vr. h. tluerre .) N;»p.il.-.in. I. t!>- <l /.(/>« rt /<î Ont Jour* ,Corr*t.- .
'»«. i Kl.il des depeti>.* du v.'N.iire de l'Ile «l'Elbe, dans Pe>ru».-. \nue\e«c. l"\ u>«.
h'aprè* l'.it.Mit -le M,m..1ti et le ■ :i]»it;iiiie .lu S,unl-Ki/n'it, la n -ttille n i ait compte i|ue m\ I • 1 1 ii i«* ! 1 1 s. iiinis d'après le livre de eusse de lv> m>«..-
I - t H '>■/;•» .(r S<i>>it-~ff «t le rapp<>l't du Secrétaire de la priUvevtt-
U <\ •.•lie".' i> il'1 p:u* ll.'lfert. t/ n at u>..i sei-,e jVf;f.-.i h»>n>>f''. ITi-t'i . il > . n .sail v. pi
RETOUR DE CAMPBELL A PORTO-FEKKAJO !9.i
navire, on devait sans cesse courir des bordées. Le soir du 27, on était seulement au nord deCapraja. Le 28, à 8 heures du matin. la frégate s'approcha à quelques milles du port, mais un calme plat qui survint alors la mit dans l'impossibilité d'avancer. Campbell, impatient, descendit dans un canot pour gagner Porto- Ferrajo à la rame. H avait, dit-il, le pressentiment non pas qu'il ne trouverait plus Napoléon, mais qu'il le surprendrait au milieu de ses préparatifs de départ. Il craignait même d'être arrêté, et dans cette prévision, il convint avec Adye que s'il n'était pas de retour à bord au bout de deux heures, le capitaine se rendrait aussitôt à Piombino d'où il enverrait un officier à lord Burghesh à Florence1.
D'abord mal impressionné de ne point voir le brick dans le port, Campbell en débarquant remarqua avec stupeur que des miliciens gardaient les postes ordinairement occupés parles grenadiers. Comme il se rendait chez le général Bertrand, il rencontra un touriste anglais qui, tout en marchant, le mit au fait des événements. Campbell annonça à madame Bertrand, espérant par ce stratagème obtenir d'elle quelque révélation, que Napoléon et ses compagnons étaient prisonniers. Bien que très troublée par cette nouvelle, la générale eut la présence d'esprit de ne point dévoiler le but de l'expédition. De Madame mère et de la princesse Borghèse, qu'il interrogea ensuite, Campbell n'apprit rien non plus. Son dépit engendrant sa colère, il menaça Pauline qui dut lui rappeler qu'il parlait à une femme. L'ex-iutendant des domaines Lapi, devenu un foudre île guerre depuis sa nomination de général et de gouverneur, le reçut en souriant el lui déclara qu'il ne rendrait l'île aux Anglais ou à
i. CamphHl. .V'i/w/fOM at FAbn. 3Ti-:îTT. Rapport «lu capitaine Adye, cite it.d., j«; j-.Vifc, note.
la Toscane qu'après en avoir reçu Tordre tle celui qui l'avait confiée à sa garde1. La frégate la Perdrix étant enfin parvenue à entrer dans la rade. Campbell se rembarqua au milieu de l'après-midi. Des renseignements vagues et contradictoires donnés par le*» habitants de l'île — selon les uns Napoléon allait débarquer à Fréjus où Masséna l'attendait avec 10.000 hommes; selon d'autres, Xaples était le but de son expédition* — un seul avait quelque valeur, c'était que C Inconstant avait été perdu de vue, la veille, au nord de Capraja. Campbell en conclut que l'empereur se dirigeait vers les cotes de France ou du Piémont. Il envoya incontinent ces graves nouvelles au gouverneur de Livourne, puis il lit appareiller pour donner la chasse à la flottille impériale 3.
Le matin du 1" mars. Campbell eut un moment d'espoir en apercevant une voile entre le cap Corse et Capraja. C'était la frégate française la Fleur de Lt/s. et loin que le capitaine Carat qui la commandait pût renseigner les Anglais, il ignorait l'évasion de l'empereur. Campbell l'en instruisit et lui conseilla de mettre le cap sur Antibes. Avant de cingler luiui :*me vers les côtes de France, le colonel voulut faire le tour de Capraja. Il pensait que Napoléon avait peut-être arrêté sa flottille dans quelque anse de cette île pour fondre de là sur Livourne*.
Campbell était d'autant plus mortifié de l'évasion de l'empereur qu'il avait la presque certitude qu'on
I. CampMI. 3-i-:-:. Rapport à Mariotti. Porl.vlVrrajo.jsf.-vr. .-is par l'.-ll'-l. Appfruh.'»^. Rapport «lu .«»■<■ r*i:iir»' do la phti'"»**s*» R.«rirh'-^> .-il.- par lli'lfr'rt. Miriit i<».</ %.-,!,•■ l-tzt'x K"'"nf>'. l'J-lTi;. Ro.-il do U'II. rapport.- pnr I- pn-f.-l du Var. mars, s d. Anli. nat, F. T.
i. Rap|H.rt pr> - il»' a Man<tti. e..rl--r .-rraj.>. f«-vr.
:i <;.itnj>(>ell a com . rn.-ar do Li\..iirnt>, à l*-rd do la fro^-nlf ihr p.* /rirfv". fevr. Ar. 1» ii.tt. AF. IV. 1 »v#. < f <: .tisul anglais do Liv..urn.- ;. Rui^h^sh. à • .ast I- : oa-|i. »'t.\ Ltv..unn\ I" luar-v (An h. AfT. « tr..
*. ( :.)inp!»'ll. .V-/-...'. -if LCa, :*» ;• K. Rapport ju*Wli« alif de Garât, o -n. finiitaiH la Fie»,- -<<■ /.y», ni. . ,t, d
RETOLK DE CAMPBELL A PORTO-FEU RAJO 197
l'accuserait de l'avoir favorisée. Depuis longtemps, les nombreuses visites que les touristes anglais et les officiers de la marine britannique faisaient à Napoléon, les sympathies qu'il leur témoignait et l'intimité où il admettait Campbell avaient inspiré d'absurdes soupçons sur les desseins de l'Angleterre. On disait que le cabinet de Londres se réservait de replacer Napoléon sur le tronc le jour où Louis XVIII manifesterait quelque velléité d'indépendance à l'égard du gouvernement anglais, l'ne caricature, publiée à Augsbourg au mois d'octobre, montrait Castlereagb tenant Napoléon par le cou et disant aux membres du congrès : « Si vous ne faites pas ce que je veux, je le lAche. » A Porto- Ferrajo, l'agent de Mariotti se laissait conter, trois jours avant l'embarquement, par un adjudanl-major que les Anglais étaient parfaitement d'accord avec Napoléon « pour qu'il allAt faire la guerre aux Bourbons 1 ». L'évasion de l'île d'KIbc, qui parut extraordinaire bien qu'en réalité on n'eût pu l'empêcher qu'en gardant à vue Napoléon comme on le lit plus tard à Sainte-Hélène, vint donner à ces soupçons une apparence de vérité. Kn Provence, en Piémont, en Toscane, on crut 1res sérieusement que le commissaire anglais avait reçu des ordres du Foreiçn office pour laisser Napoléon s'évader1.
L'était bien l'idée la plus chimérique qui pùt hanter des imaginations troublées. L'Angleterre, à force d'argent et de sang, avait enfin abattu Napoléon ; elle avait la paix, et celte paix était telle qu'elle la
I . r.amptx'll, - 1, .imi. Il apport pnnlr n Mnri-.tti. I'..rt<» fVrrajo,
:i f»'vr. V ft In Imrounr uV Ha» li*l.unuYn, \i-uIm>ui>', U <wt m». Arch. VIT. rtr.. t»T > .-, l»;ins «•«• volume fnrtn»* <ti* 0"pi»-s il»* l»'ltr»"» <hi\«tI«'* par le «;»l.uwt ti'iir. nninl.r»' >\f pièces n'I.itrnt «'elP- in« tn<- cr>>\aw*.
I. t.ainplK'll. :k.«>. IImP- \.>uvill.'. M. m.. Il, i». - llyU» .1»' V umI!c ar iiM-ntionn»- oeil»; opinion <|u<- |Miur la ruml,:*iir»* «t r-ulrv Uinoi- »;iu»k:o a < ainpl»*"ll-
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voulait ; elle voyait aux Tuileries un prince dont depuis quinze ans. seule entre les puissances, elle Mutait rappelé les droits : ce roi déclarait publiquement qu'il devait sa couronne au prince régent : le ministre des affaires étrangères de France était, comme son souverain, inféodé à la politique anglaise: pour sauvegarder le nouvel ordre de choses. Lastlercagh con>pirait avecTallevrand la déportation de Napoléon. El c'est alors que l'Angleterre aurait remis I épée dans la main du perturbateur de l'Europe! Quanta croire comme Ciampi' que le cabinet anglais agit ainsi précisément pour tendre un piégea l'empereur et avoir l'occasion d'en finir avec lui. ce serait prêtera Ca^tlereagb le machiavélisme de (iribouille. On ne joue pas un pareil jeu avec un Napoléon, et d'ailleurs les pourparlers engagés à Vienne afin de déporter l'empereur prouvent qu'il n'était pas besoin d'une nouvelle guerre pour l'envoyer à Sainte-Hélène. En vérité, il ne serait pas plus absurde de prétendre que Louis XVIII. qui avait trois frégates dans les eaux de l'île d'Elbe, favorisa, lui aussi, l'évasion de Napoléon afin d'y trouver le prétexte de ne pas lui payer la renie de deux millions stipulée par les traités.
A Londres, on avait trop de bon sens pour suspecter le ministère, mais on l'accusa île négligence. Lastlereagh prit la parole à la Chambre des communes : « Le colonel Campbell, dit-il. et les commandants des navires anglais étaient chargés de surveiller Napoléon et non de le garder. Les puissances alliées n'onl jamais eu l'intention d'établir un blocus pour empêcher Napoléon île courir une nouvelle aventure. L'auraient-elles voulu, elles ne l'auraient pu, car les meilleures autorités estiment que vu les variation
1 Extrait ti. s M»Mi\"irf> ni;Min»<-n'* .1.- < . ■ t • ;i < 1 1 » • : i < î ;» 1 1 1 f • i . f»«»r lVlt> ! Anti'-v*. i-'.'-i.'ii — i vlli • ■ | ■ s t 1 1 ■ n >a.ii.r> nu«- ;i fini ra «U-s» <J«Ii-nsour» *