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LES PREMIERES MALADRESSES

I on attendait moins, c'étaient les mots de concession et iV octroi insérés dans la Charte et la formule singulière qui la terminait : Donné à Paris, l'an de grâce 1814, et de notre règne le dix-neuvième. Les politiques épiloguèrcnt avec plus ou moins d'amertume sur ces inoflensives prétentions : les bonapartistes, parce qu'ils regardaient la mention de la dix-neuvième année du règne comme un outrage au gouvernement qu'ils avaient servi quatorze ans et dont le chef avait cependant fait assez de bruit et assez de choses pour compter; les libéraux et les révolutionnaires, parce qu'ils voyaient dans l'octroi de la Charte une atteinte aux droits du peuple1. Mais le peuple lui-même ne s'inquiétait pas de ces subtilités.

Il allait s'émouvoir davantage de la malencontreuse ordonnance de Beugnot. D'accord avec la cour, niais sans consulter le cabinet, le nouveau di recteur général de la police, enllammé soudain d'un zèle ardent pour la religion, prescrivit l'observation rigoureuse des dimanches et fêtes. Interdiction de tout travail et de tout commerce : défense d'ouvrir les ateliers, chantiers et boutiques, de faire déménagement ou charroi : fermeture obligatoire des cafés, restaurants et cabarets pendant la durée des offices; le tout à peine de 100 à "»00 francs d'amende. Cette ordonnance fut rendue le 7 juin; le 10, Beugnot s'a-

partrrncnlH »-t c»mix il»** arromlissi-iiMml*, nommaient ou plutôt pr«'>«*nlairnt au cUoïx du Senal les dopule«, |*»ur Ics«|uHh n 'était r»»«jui*»* aman»- . .■million de f*'n*.

Kapiv* la Charte de Ml 4, il fallait, notirMre nomm»' im'inlon* de> <oll»*ires électoraux, i-tre au*r île J« an** v\ payr une ■ oMrit.ul'on <lir«-<-l«« 0** J(iO fr. ei, pour tlo' d<pute. il fall.nt pa\er une ••onlnlmlion il»- l.»<*» fr.

Sur les reslrirtion* ap'M.rliT» par In Charte aux ilroit* delrd.ir.it «-t d>li*rihilite, voir principalement tieu^not, .Htm. Il, ivT-îul. et SiMm-mli. A'xnmum dê in CoiutHuhon, 41-4H.

I. HapjK.rt perieral de p<'li-»\ s. d (Juin ou juillet m*ï 'Ar.li nat. V'*, 1M\ llohhouse. Ltttrtt, |,rt:rt«, Chatpauhrtaml, Vem .. VI. 31 . M«l M'hee, D**û*ciatnm mu roi, 9, ikmjamin Constant, il<m ., 1, 16-1 ê. Lamarquc, lf>w., I, 1. Bannie. Somv . II, M.

visa qu'elle était incomplète. Par un nouvel arrêté, il rétablit les processions de la Fête-Dieu et de l'Octave. Pendant ces deux jours, la circulation des voitures serait interdite de huit heures du matin à trois heures de l'après-midi, et il était enjoint de tapisser toutes les maisons sur le passage du Saint-Sacrement !. « Le peuple des boutiques et des ouvriers a été ulcéré, écrivait J. P. Brès le 4 juillet. Il va à la messe, mais volontairement, tandis que les processions lui barrent le chemin et le forcent à saluer ; cela le rend furieux. » Il y eut des résistances, de petites émeutes. Des gens qui refusaient de s'incliner devant les processions furent frappés. Hue Saint-Honoré, la police repoussée parles marchands dut appeler à son aide la gendarmerie pour faire fermer les boutiques*. Beugnot reçut des lettres d'injures, une pétition fut adressée à la Chambre des députés. On disait: « Bientôt on sera forcé d'aller à confesse. » Kt de fait, dans certaines communes, les indigents eurent à produire des billets de confession pour obtenir des secours. On accusait Louis XVIII de se laisser mener par le clergé. Tue caricature représentait le vieux roi, ventru et impotent, dans un fauteuil à roulettes, sur le dossier duquel un prêtre avait les deux mains. La légende portait : « Va comme je te pousse3.»

Les cérémonies funèbres à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette, célébrées dans les cathédrales du royaume, prirent malheureusement un caractère politique par la faille du clergé. Les prédicateurs

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