LES PREMIÈRES MALADRESSES
pie, qui raisonne peu, se contente aisément et a la longue accoutumance «le la résignation ; c'était de se conserver les classes dirigeantes, naturellement irritables et frondeuses.
La signature de la paix et la promulgation de la charte ne profitèrent pas à l'opinion. Cette paix, tant désirée, existait de fait depuis deux mois. On s'y était habitué : avec raison, on la regardait comme acquise. La publication du traité n'apprit donc rien aux Français, sinon les sacrifices que les vainqueurs leur imposaient. Un avait fondé des espérances chimériques sur la Déclaration du czar !. On se tlattait que la France, tout en perdant la majeure partie de ses conquêtes, ne rentrerait pas dans les frontières de 89. Les uns songeaient à la rive gauche du Rhin; de plus modérés croyaient à la conservation partielle des départements de la Sarre, des Forêts, de Sambre-et-Meuse, de Jemmapes et de la Lys. Or, le traité du 'M) mai nous dépossédait de l'île de France et de quelques autres colonies, et n'ajoutait«à l'ancien territoire royal qu'environ 170 lieues carrées*, au nord et à l'est. Ce n'était pas ce que l'on espérait. Kn vain, pour préparer et calmer l'opinion, les journaux plaisantaient sur la question des frontières naturelles: << Comment, nous allons perdre toutes nos complètes! Oh î l'heureuse perte! Désormais, du moins, nous serons entre
l . I.rs fcouwraiiix .illirs pn-lainrnt qu'ils rr*|wtcnt l'int. irrite l'ancienne France telle qu'elle a existe sous >es nus lecilime* ; qu'il* peuvent nVinr faire plus, car |>nur le Ih.iiIi.-ui «le |'Kur»q>e. il fnul que I:> Fr.m< *oil grande et furie. # l»ce|arali<>n -lu./ar. • Vuiiirrur, t" a\nl
i Note »ur les traites de IM4 el 1*1 >. (Aivh. A(T . t-tr ..<>">' - Selon |e* plénipotentiaires allies. !»• territoirv français allait lr-.<i\ « r aucuietite <1e t9% lieurn carrei-s, mais ils emploient dans ce ■ aloul le o-mlal Venaissin, U principauté de Muntbelwrd et autres en< la\e>.
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nous et à nous, nous ne verrons plus dans nos assemblées, dans nos tribunaux, dans nos armées ces hommes du Nord et ces hommes du Midi s'eflbreant maladroitement de s'assimiler à nos lois1. » Os odieux sophismes ne faisaient qu'irriter. Les frontières naturelles, que deux mois auparavant on eut abandonnées d'un cœur joyeux pour obtenir la paix, maintenant qu'on avait la paix, on s'indignait de les voir céder*.
Les principes essentiels «le la Charte étant contenus dans la Déclaration de Saint-Ouen, il n'y avait point à espérer de frapper une seconde fois les esprits en renouvelant solennellement un contrat vieux déjà de deux mois. Toutes les garanties énoncées dans la Constitution, on les attendait. Ce que Ton attendait moins, c'étaient les articles XXXVI 1 1 et XL île la Charte qui réduisaient à douze ou quinze mille le nombre des électeurs directs et à quatre ou cinq mille le nombre des éligibles, en sorte que plusieurs députés en exercice, nommément le président delà Chambre, Félix Faulcon, perdirent leurs droits à l'éligibilité \ Ce que
!. Journal de» Itébais, 26 mai et i juin.
t. « Le mécontentement de la paix est prand. On voudrait leg frontières du Hhin. On se sent humilie. • Winzin$rerode au roi de Wurtemlierp. Paris. T3 ni.ii (An-li. AfT. elr., 675 ;. Hapports de lluss. tin mai. Rapport de police, s. d- La Ferronays à K#Uf?not, î» juillet. (Arch. nat. F. 7, 3100»; F,f li*.) Beujriiot, Mém. Il, U4. — Ce sentiment se manifestait surtout h Paris, bans la plupart des départements le traite de paix fut mieux accueilli (Corrcsp. des préfets, Arch. nat. F'«. jHI). La raison est que l'occupation étrangère ne pesait pas sur Paris, ou les troiqies observaient une discipline exacte, tandis que les réquisitions arbitraires continuaient en province. Lit. la signature de la paix annonçait la délivrance.
3. I» "après la conslitulion de l'an VIII et le seiialus-consulle organique du 16 thermidor an X. les Assemblées cantonales ou Assemblées primaires, composées de tous les citoyens actifs «c'est-à-dire de tous les Français â^res de i> ans et payant une contribution directe enraie au moins à trois journées de travail), nommaient sur une li»ie, formée dans chaque département des tiou contribuables les plus imposes, les membres des collèges électoraux des départements, et nommaient, parmi tous les citoyens inscrits sur le registre civique, les membres des collèges électoraux des arrondissements. — Les deux collèges» électoraux, ceux des de-