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de tenir les troupes prèles à partir. VA au lion <lu mut : A Paris î qu'attendait certainement l'empereur. Camhrnnnc avait répondu : <• — J<» n'ai jamais cherché à pénétrer les secrets de mon souverain, .le vous suis tout dévoué*. » Pons de l'Hérault, Peyrusse. le rolonel Mallet questionnaient l'empereur avec inquiétude sur ses moyens d'action. Pour leur «lonner confiance. Napoléon finit par dire : « — l ue révolution a éclaté à Paris, un gouvernement provisoire est établi. Je compte sur toute l'armée. J'ai reçu des adresses de plusieurs régiments. » Après avoir débité ces mensonges, il dot l'entretien par cette prédiction « 1 1 1 ï allait devenir une vérité : .< — J'arriverai à Paris sans tirer un coup de fusil ». >»
Kntre midi et une heure, l'empereur qui s'était retiré quelques instants dans sa cabine remonta sur le pont. Il tenait dans la main les manuscrits de ses deux proclamations au Peuple français et à l'Armée et de la proclamation des soldats «le la garde à leurs camarades de l'armée. Les fourriers assemblèrent tous les grenadiers qui savaient écrire et leur dictèrent ces manifestes. (Juand on «Mit achevé les copies, une vingtaine d'officiers et «le sous-officiers furent invités a descendre «lans la cabine «l<* l'empereur pour signer la proclamation à l'armée*. On a vu que contrairement à la version «lu Mémorial, suivi»' par tous le> historiens, l'empereur avait rédigé ces trois proclamations h» 25 février et les avait fait secrètement imprimer à Porto-Ferrajo*. La prévoyance, qui est une
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«les parties essentielles de Fart de la guerre, était trop grande chez Napoléon pour qu'il s'embarquât sans proclamations imprimées. Comment les paysans, les soldats, les ouvriers, qui connaissaient à peine leurs lettres, auraient-ils déchiffré des proclamations manuscrites ? Et Napoléon savait-il où et quand il pourrait les faire imprimer en France ? Si pendant la traversée, il fit copier ses deux proclamations au Peuple et à l'Armée, dont existaient déjà des exemplaires imprimés, c'est vraisemblablement qu'on en avait tiré trop peu. Mais pour la proclamation de la garde. Napoléon, il semble, avait un autrr motif. Le placard imprimé à Porto-Fcrrajo portait la signature de vingt -quatre officiers et sous-officiers de la vieille garde. Le temps avait manqué pour les faire signer avant l'impression, et d'ailleurs Napoléon ne voulait pas encore révéler le but de son expédition. 11 fallait bien cependant que cette pièce, qui était censée émaner de la garde, fût connue d'elle et portât quelques signatures authentiques. De là l'idée de la dictée sur le pont de C Inconstant, stratagème qui permit de faire signer l'adresse par les ofliciers sans leur apprendre qu'on avait pris leur signature avant de la leur demander. Kn outre, cette proclamation était d'une extrême violence. On v lisait : « Camarades, foule/ aux pieds la cocarde blanche, elle est le signe de la honte î » et encore : «< Soldats de la grande nation, soldats du grand Napoléon, continuerez-vous à l'être d'un prince qui vingt ans fut l'ennemi de la France? » Les capitaines et les sergents auraient néanmoins signé sans scrupules. Mais Cambronne et Drouot eussent peut-être hésité. I n an plus tard, devant le conseil de guerre, tous deux reconnurent avoir signé une proclamation à l'Armée rédigée par Napoléon à bord de C Inconstant, mais l'un et l'au-
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tro nieront «pie la proclanuilion qu'on lonr présentait fut celle qu'ils eussent .signée1. (Test que lu proclaniation copiée par les grenadiers pendant la traversée contenait seulement les trois derniers paragraphes de la véritable proclamation, de celle qui, d'abord imprimée à Porto-Forrajo, fut réimprimée à Digne et à (iap et en lin reproduite dans le Moniteur du 21 mars ».
Le vent ayant fraîchi, le brick marchait assez vite. On découvrit les cimes «les Alpes. Alors l'empereur annonça au capitaine Chantant et au lieutenant Taillade qu'il leur donnait la Légion d'honneur. Kn mémo temps, il mit à l'ordre qu'il décorait tous les officiers et soldats qui l avaient suivi à l'ile d'Llbe et qui comptaient quatre ans «le service* dans la garde, (maulard lit découper un pavillon rouge servant aux signaux et distribua ces lambeaux d étamine aux nouveaux légionnaires qui les attacheront incontinent à leur capote. « Ils étaient d'ailleurs peu nombreux, «lit l'adjudant-major Laborde, car presque tous ces bravo avaient «l«;jà re«;u lu croix sur les champs de bataille".»
Vers neuf heures «lu soir, les vigies signalèrent les feux «le plusieurs bâtiments. C'était la flottille qui ralliait. L'empereur averti monta sur !«• pont pour s en assurer, puis il rentra dans sa cabine linir une partie «l échées qu'il avait c<»mmen<*ée avec IWtraml* . Ce soir-là, le grand-maréchal aurait été mal avisé et mènm un pou cruel s'il n'avait joué «!<■ fa<;on que son mi fût fait é«,h«»e «'t mal par Napoh'on.
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Le lrr mars, au point du jour, la flottille était à la h autour du cap d'Antibes. L'empereur parut sur le pont do r Inconstant, la cocarde tricolore au chapeau, b'après ses ordres, les soldats quittèrent leur cocarde pour la cocarde nationale. On amena le pavillon de l'île d'Elbe, et le pavillon aux trois couleurs, hissé on môme temps à la corne du brick et des autres bâtiments, fut salué par une grande acclamation \
A une heure après midi, le convoi mouilla au polfe Jotian'. Auparavant, l'empereur avait détaché dans un canot le capitaine bunouret avec vinjrt grenadiers et chasseurs, un lieutenant et un tambour, pour s'assurer de la batterie rase do la fiabelle * qu'il savait exister sur ce point. <> petit ouvrage était désarmé. Les grenadiers débarquèrent sans opposition, irainièrent la route de ( Cannes à Antilles et vinrent m1 poster en obserxation sur les hauteurs voisines île cette petite place de guerre. \ n capitaine à la suite. n-»mmé llertrand. s'acheminait presque en même t»Miip< vers Antihos., xvtu d'habits civils et porteur *ie proclamations. hr«'U-«t. qui était débarqué peu a;r«s l^Mvnreî a\ ce un autre d.-t a. h. -ment . axait ,>v\.<xr e-'t i-ttiri-T p.-ur rv.train-r la iranien à |-r. -n.'neer et p ur s,- î.,iîv ,i -rm-T *i<-s pa>s.j..irts .-n l'I.uu . l e c.r. lî.iie.e \l -îtran.L arr'V à premier» pa* da:> la x ;'..<• \ ar ;m s |..r a,: i! fai-
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sait des ouvertures, est conduit chez le major <lu NT". Celui-ci prévient incontinent le colonel Cunéo «l'Omano, commandant d'armes, qui après avoir lu les proclamations et interroge" l'émissaire le maintient en arrestation. A ce moment, on l'avertit qu'un détachement de grenadiers de File d'Klbe se présente à la Porte-Royale et demande à entrer dans la citadelle. C'étaient les vingt hommes de Lamourct. Siit qu'il agit de sa propre initiative, comme l'a dit Napoléon dans la relation du Moniteur, soit, comme l'a dit Peyrusse dans son Mémorial, qu'il en eût reçu l'ordre de l'empereur sur le brick.il s'était déterminé à soulever la garnison. Cunéo d'Ornano accourt fort troublé, car les soldats du 87* sont à l'exercice avec «les pierres en bois à leurs fusils, et les hommes du poste eux-mêmes n'ont pas de cartouches. Il s'avise d'un stratagème. Après avoir parlementé quelques instants avec Lamourct, de façon à donner le temps d'exécuterses ordres.il le laisse entrer, lui et sa petite troupe. Mais à peine ont-ils franchi l'enceinte que le pont-levis se relève derrière eux. Le détachement pris comme dans une souricière se trouve en présence d'un bataillon l'arme au bras. Il y a cependant des velléités île résistance chez les grognards, tandis que dans la ligne, émue à l'apparition des bonnets à poil.souftle un esprit de révolte. La disproportion des forces, d'une part, et, d'autre part, l'accoutumance de la discipline l'emportent cependant. Les grenadiers se résignent à se laisser conduire au quartier de la Courtine, où ils déposent leurs fusils qui sont aussitôt enlevés par ordre de l'adjudant île place
». Kapportx de Cun<t> d'Ornano n Sonll. »*t aux e»Mioran\ <:<>rsin et \\>b*\ Anlib*'*. t"#*t i mars. Arrli. Cu^rro Cuiwm d'Oni.mo. .\,iPol. •<„ ,,>,ll* J^ ttn. . iù-ii. *:>. H*»«'it d»« Cirsin rapport»1 par <;.'tnipl««-ll r.V<i/.-/ ,it t:iUt, 390|. — l.et entrai Cnrsin. oxnmandant l;i Mil>divi>i<m d'Antib<*« • Uni aile le Cnurs en partie d«- plaisir ii ni»; Sainic-Mur^-rilr.
Pendant cette aventure, les onze cents hommes ■ formant la petite armée impériale opéraient leur débarquement. La flottille s'approcha le plus prés possible de la cote et I on mit les chaloupes à la mer. Sans vouloir attendre le retour des embarcations, nombre de soldats gagnèrent le rivajre avec de l'eau jusqu'à la ceinture. On atterrit au fond du golfe Jouau. près île la tour de la(îabelle. vieille construction d'où la batterie rase avait pris son nom *. A quatre heures, il restait encore à débarquer le trésor, les bagages, les canons et les chevaux : mais toutes les troii|M»avaient pris terreet s'établissaient au bivouac dans un*olivette située entre la mer et la route de tonnes à Antibes\ Napoléon, qui avait quitté le brick l undis derniers, s'assit sur son fauteuil de campagne, prè^ des feux allumés par les soldats. Son premier soin eu
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débarquant avait été d'envoyer Cambronne à Cannes, avec quarante chasseurs et grenadiers, pourarrèler le passade de tous les courriers et réquisitionner contre argent les chevaux et les mulets qu'il pourrait trouver. « — Cambronne, dit-il, je vous conlie l'avantgarde de nia plus belle campagne. Vous ne tirerez pas un seul coup de fusil. Songez que je veux reprendre ma couronne sans verser une goutte de sang »
Les historiens ont représenté Napoléon, dans sa halte au golfe .louan, les veux sur ses cartes, hésitant entre deux itinéraires et pesant les avantages et les dangers de chacun. Pour se déterminer, l'empereur n'avait pas attendu l'heure de son débarquement. 11 connaissait trop bien la carte politique de la France, il se rappelait avec trop d'amertume les menaces, les insultes, les humiliations subies à Orange, à Avignon, à Orgon, les dangers évités à Saint-Canal et à Aix. pour songer à gagner Lyon par la grande route. Dans les contrées ultra-royalistes de la Provence, il avait à craindre les gardes nationales et les paysans en armes ameutés au son du tocsin et des tambours de village. Sans doute. île telles bandes ne fussent point aisément venues à bout île onze cents vieux soldais commandés par Napoléon, mais les troupes de Marseille et de Toulon, encadrées au milieu des volontaires royaux, pouvaient être entraînées à combattre. A supposer qu'une première rencontre eut quand même été la victoire, en tout cas c'eût été la bataille, et l'empereur ne voulait point de bataille. Dans les Alpes, il n'avait pas à en appréhender. L'esprit des montagnards de la Provence orientale et surtout des Dauphinois différait absolument de celui des
'. Inl»»rrt»i*a1<iir^ CiMitiPMitii» ' /Vo-yi Cambrante, ;* Cf. I.;it*>r>i< . |Vvrtis>i\ :Sn. l tftit-r ;tl M'i"iu»'i>-s ;i A M*-, lu r nii:n;iM. t iu.tt> \irli. ••urrr»-
riverains de la Méditerranée et du Hhonc ; puis ces populations peu nombreuses, disséminées, communiquant difficilement entre elles à cause des obstacle naturels et du manque «le chemins, ne pouvaient guère être averties et rassemblées. Dès l'île d'Elbe, Napoléon s'était décidé à marcher parles sentiers escarpés des Alpes, et le 28 février, à bord de f Inconstant, il avait annoncé qu'il se dirigerait d'abord sur Grenoble \
Ce n'est pas qu'à Grenoble l'empereur eût des intelligences dans la garnison ni qu'un mouvement populaire fut préparé. Mais il savait que le plus grand mécontentement régnait dans cette ville et dan* tout le Dauphiné, où les paysans, fermement attachéaux principes de la dévolution, irrités de l'arrogance de la noblesse de clocher et tremblant pour leurs droits et pour leurs biens, étaient hostiles à la royauté*. Le chirurgien de la garde Emery, originaire de Grenoble, était passé par cette ville en rejoignant son bataillon à l'île d'Elbe. Il avait donné des renseignements ;i l'empereur, et son rapport avait été confirmé par les lettres ou peut-être même par les paroles d'un de ses amis, riche gantier de Grenoble, nommé Jean Dumoulin, qui, a-t-on dit, vint voir Napoléon en octobre ou en novembre 1811*. Le fait est qu'en arrivant à Gastellane, dans la matinée du mars, l'empereur exigea du maire trois passeports en blanc et en lit remplir un au nom du chirurgien de la garde Emery. prétendu
». l'-ms fi M.isvTh». Mireille. " mars. Atvh. «iurrrv.i
i. Hi'l iti<>n «le Hi.'rri.U S.iitit-I'rix. rcnti' a lirvtiwMc «*n niai 1 3 1 .. »-t puhli> > t-n t s>>ms 1.' t il rt' »\>". .Xajiol,»,, a t;,<> n»W>\ 6 u r.f. sur les s«-!ilm>'nw <le i'.r.-n..Hr : l.-Urcs du l»nf.| .].• l'Is.'-tv <l rap[n»rts *W polir«», il mai,.'a-iùt, i7 janv, ( Ari-h. ti.it . Y'* •'»•'• i.K. 7. :<Mv Y. 7. J7!'o
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<'ii congé. » — Prends les devants, lui dit-il. Va à t irenoble et dis que j'arrive 1 . »
Apres iMre resté assis quelques instants près du feu de bivouac, l'empereur vint sur la route et causa avec des rouliers et des paysans et avec deux soldats du S7r qui avaient déserté pour le rejoindre. Un apprit ainsi que les grenadiers de Lamouret étaient retenus prisonniers dans la citadelle d'Antibes. Sur l'ordre de Napoléon, le capitaine Casablanca, oflicier sans troupe, puis un oflicier de santé nommé Muraoud partirent pour Antibes alin de les réclamer. Ils ne réussirent qu'à se faire arrêter. Ne voyant pas revenir les parlementaires, l'adjudant-major Laborde tenta une dernière démarche. Mais à l'avancée, une sentinelle lui cria : " — Ketirez-vous, mon oflicier, ou je fais feu sur vous. » 11 rebroussa chemin V Quelqu'un ayant dit alors qu'il fallait enlever Antibes de vive force alin île prévenir le mauvais effet que produiraient la résistance de cette place et l'emprisonnement des grenadiers, l'empereur répliqua : « — Les moments sont trop précieux. 11 faut voler. Le meilleur moyen de remédier au mauvais effet de l'affaire d'Antibes, c'est de marcher plus vite que la nouvelle.... Vous jugez bien mal de l'étendue de mon entreprise ! Si la moitié de mes soldats se trouvaient prisonniers ii Antibes, je les laisserais de même. S'ils y étaient tous, je marcherais seul3. » En effet, il importait peu
I. Préfet des Basse?-Alpcs a Soult. s. d. 7 mars Arch. Guerre.'. Interro.-aloin* d Kmerv lissier de Marchand. Anii. Guerre.
i. Laborde. «47. Minier. 107. Guneo d'Ornano. v.\ Si.
I)ans Ki nuit, Gasabianca et plusieurs frena<licrs tentèrent de s'évader. Casablanca se blessa grièvement en tombant du rcm|tart. un des M-ldat* f it atteint d'un coup de feu, les autres furent repris. Le surlendemain, on env.»>a sous bonne escorte tous les prisonniers a Toulon, ou Ils furent jetés dan* les casemates du fort Lamaljjue. en attendant leur comparution devant le conseil de guerre. l«ap[K»rt de Cuneo d'Ornano, Anhles, J mars Ar.b. Guerre ÎVi il de Cor>jn. rapporte par Campbell. ITu.