‹ 1815 (volume 3)Chapitre 87 sur 226 · L EM'H É E DE NAPOLÉON A LYON · texte numérisé non relu

L EM'H É E DE NAPOLÉON A LYON

riait encombré par une colonne d'infanterie. Pour se porter plus facilement a la barricade, Macdonald mit pied à terre. Mais à peine avait-il franchi le <piart du chemin que déjà la barricade «Hait démolie par les canuts et les hussards avec l aide des soldats de la garnison ; les deux troupes fraternisaient en poussant « des cris prodigieux » de : Vive l'empereur! Macdonald n'eut que le temps de sauter en selle. Il s'enfuit au grand galop, poursuivi trois lieues durant par des hussards jaloux de l'amener à Napoléon « J'ai quitté Lyon, écrivit-il au ministre de la guerre, ou plutôt je m'en suis échappé après avoir été témoin de la défection de toute la garnison qui a passé sous les drapeaux de Napoléon aux cris de : Vive l'empereur î cris répétés du faubourg de la «iuillotière aux quais de Lyon par la multitude de peuple qui se pressait sur les deux rives du Rhône*. »

La population et la troupe, espérant à tout instant voir apparaître Napoléon, restèrent sur les quais jusqu'à la nuit. Vers neuf heures, des acclamations qui s'élevèrent du faubourg et qui gagnèrent de bouche en bouche les ponts et la rive droite du Rhône apprirent à tout Lvon l'arrivée de l'empereur. Pour atteindre l'archevêché, où il vint occuper les appartements quittés le matin par le frère du roi, il dut, dit

I. Macdonald h Clarke. Ci mars. Dijreon au même, »i mare. Terray a Heudelet. 1 S mars. AMt Guerre.; Ma<d«.naM, So>„ , ;U4-JtH. [nie d"Orl« ans. if»n Jonrnal. IT -1* Kabry, 7* *1» Cf. Lord Kit/Koy Sommcrset a Wellington, t* mars. Ihapalrfn of Wrlhnçfim, Suppl'-meni, IX. •

|»aprèsle récit du dur d'Orl.\ms. que .elui-oi assure tenir du du<- de Tarante lui-même et cjui ne dihVre d'ailleurs que dan* quelques détail* dr« .SoMi'onri if At'irdoHald. le marn liai serait aile jusqu'à la l»arri< i.|<\ min» au lieu de tirer sur 1rs lius.xards, eoinme il assure «ju'il y «'lait d.-.j.k. il les aurait haraii»rui-v Les hussards, tout eu démotivant la l.arrc n-le. lui

auraient répondu: • — Tout • ela e«d bel et Loti. n>ieur le mar. -. liai, mai*

m >«* qui ete* un si hra\e liomm*. vous devne? Sen quitter lti.url»>n« cl venir avec nous Nous vous mènerions a IVmpen-ur qui s.rait Lieu montent de vous voir. •

f. Macdonald à Clarke, ti mars. (Areh. (»uerr<- !

un témoin oculaire, « passer sur la foule1 ». Apre* avoir accompagné l'empereur à l'archevêché, le peuple se répandit dans la ville, portant des torches «*l chantant la Marseillaise. Les canuts s'arrêtaient devant les maisons des royalistes pour lancer des pierres aux fenêtres. Place Bellecour, on saccagea le Café Bourbon signalé comme lieu de réunion des émigrés. Toute la nuit, les rues retentirent de vivats enthousiastes et d'imprécations menaçantes. Aux : Vive l'empereur î se mêlaient les cris : A bas les prêtres ! Morl aux royalistes î A Téchafaud les Bourbons ! On >c serait cru à la veille d'un second 93 i.

l. Colonel Mathieu, chef d'etat-major de la division militaire, à genre 1 Hey, Lyon, Il mars (Arch. Guerre).

t. Laborde, lu», Fabry, 8o-«i. Cuerre. Lyon en l&U-fHS, 194-195. Fleun de Chaboulon, 1, io4, ili-*l3, iià. — Napoléon (Xotts M«r rouvrit rf- Flwy de Chaboulon ) a nie que se» braves Lyonnais aient pousse d'aulrr> cris que ceux de : Vive l'empereur ! Il voulait n'avoir ete applaudi a Ly«m que par des mains gantées.

Page 1