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LA CONSPIRATION MILITAIRE DU NORD

Compiègne commentaient cependant à faire réfléchir les ofliciers. An lieu d'agir de concert avec douze ou quinze mille hommes qui devaient rallier chemin faisant, comme l avait annoncé Lefebvre-Desuoèttes, le régiment continuait à courir les grandes routes seul avec un escadron de dragons, un bataillon de ligne et une batterie d'artillerie. Le général Lion, major, et les chefs d'escadrons déclarèrent à Lefebvre-Uesnoêttes qu'ils se refusaient désormais à le suivre et qu'ils n'avaient plus qu'à implorer la clémence du roi. Desnoèttes, désespérant aussi du mouvement sur Paris, proposa de se jeter en partisans vers Lyon. Sa proposition ayant été repoussée, il prit des vêtements civils et sortit de Compiègne dans la nuit ainsi que les frères Lallemand, le colonel Marin, ex-chef d'escadrons de l'artillerie de la garde, et quelques ofliciers. Le lendemain, les différents corps se mirent en roule séparément pour regagner leurs garnisons1. Le général Lion, que Napoléon avait appelé jadis : « Mon lion du 2" chasseurs1 », adressa de Hani un rapport au ministre ; il y présentait les choses sous l'aspect le moins défavorable pour lui et ses ofliciers et soldats, affirmant qu'ils avaient été abusés et protestant de leur fidélité au roi 3.

On était dans un moment à accepter sans y regarder de trop près les actes de repentir, fussent-ils tardifs ou suspects. Le général Lion fut nommé au commandement des chasseurs royaux en remplace-

i. Rapport du gênerai Lion. Ilam. 12 mars, lu à la Chambre des députe* le tJ mars. Sous-prefct de r.imipi. trne a Maison. 12 mars. Coluticl (iuichard a Maison. S..i*>ons, 12 mars. Sous-prefet de Saint-Umntin àClarkf, li mars ■ Arrh. (iu»»rn ).

i. Dtipuy. Sourrnira militaire». II».

i. Rapport preeiWî du jf< ner il Lion. — Pour un (id.di' *<>M;it du roi. If lu ral Limi avait siu?ulM>mu'>nl tar.lc a sViwjucnr ayptvs >\<- L»(Waiv. i>i-Mi«<oltcs du l»ut de ce m*tuveni»nl »'t d avait t«>krr rh,-/ |,'s chatte tirs d.-s ••ris. des violences et antres manifestations «pu cadraient p«-u av.-,- se«* prétendus sentiments royalistes.

ment de Lefebvre-Dcsnoettes, et sur la proposition du ministre de l'intérieur, la Chambre vota que les garnisons de Lille, de La Fère et de Cambrai avaient bien mérite1 du roi et de la patrie, et qu'il leur serait décerné une récompense nationale *.

Les frères Lallemand. arrêtés dans leur fuite par la gendarmerie, furent conduits à la citadelle de I^aon-. Le comte d'Erlon avait déjà été écroué à Lille en attendant l'instruction de son procès*. Lcfebvre-Desnoëttes trouva asile chez le général Rigau. commandant la subdivision de Chàlons 4. Pour Fouehé, qui avait prudemment attendu des nouvelles du mouvement avant de le seconder à Paris, il apprit dès le

10 mars qu'une seule fraction des garnisons du Nord s'était mise en marche. Il se désintéressa d'une tentative désormais condamnée, et afin de détourner les soupçons, il afficha un royalisme ardent qui lui valut bientôt d'être reçu par le comte d'Artois5.

1. Séance du 14 mars. — Le gouvernement n'ignorait pas que la garnisonde Cambrai, ces chasseurs qui avaient crie : Vive l'empereur ! arrache les fleurs de lys de leurs sabretaches et brise les ecussons royaux aux devantures des boutiques étaient loin • d »voir bien mérité du rot ». mai»

11 tenait a le faire croire.

2. Procès- verbal d'arrestation. Marolle li mars (Areh. Guerre'. Ordre de Davout au préfet de Laon de mettre en liberté les généraux Lallemand, Pans, il mars i>ossiers des généraux Lallemand).

- Cl.irke a Louis XVIII. Paris. 13 mars. Ordre de Davout d'élargir Drouel et de lui rendre son commandement. Paris. 2 » mars (An*h. Guerre '..

4. Happon du commandant Viôiti au Conseil de guerre ( f'rocrt de Lefefure-Otsno^tiei. 13). Dépositions diverses yl'roces de Ittgam, t.,.

■>. Hovitro. M> m., VII. 373. — Comme on verra plus loin. Potiche eut cette au.h.Mic.» h» 15 mars, mais de graves soupçons pesaient sur lui : un tnand.it d'arrêt fut lan«*e ce même jour e l il n'y échappa qu'en se cachaol.

De deux lettres adressées le «> et le t<» mars a M-* de Custine. où Fouche manife>t- des sentiments avalistes et exprime des doutes sur la réalité du débarquement. M. Hardoux \Mm' de Cmttne, îlS-ilT) croit pouvoir inférer que le du. d'Otrante n'était pour nen dans le mouvement militaire. • Foudie. dit-il. ne ment pas a M— de Custine. •

<>r, I* Fouehe n'était pas assez imprudent pour coofler par écrit, mAme a M"** de Custine «le se-ret d'une conspiration ou il risquait sa tète; f il est certain qu'eu écrivant le lu mars — le lu mars, trois jours après b publication de l'ordonnance du roi convoquant les Chambre», trois jour* aj res la prise de Grenoble, et quand tous les journaux étaient pleins de

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