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Napoléon, Ccrresp.,2l8r>l

3. Le 17 juin, les gardes nationales sédentaires des VosgeS; à raison d'une compagnie par bataillon, partirent pour occuper les déQlés. (Arrêté du préfet, Épinal, 17 juin. Arch. Guerre.)

4. Dès les derniers jours de mars, ï'erapereur avait pensé qu'il lui en faudrait venir là. « ... C'est une idée vide de sens, écrivit-il à Davout, que de se persuader que l'armée peut se recruter autrement que par la conscription. Je crois d'ailleurs avoir assez d'autorité sur la nation pour le lui faire comprendre. » (Lettre du

26 mars. Arch. Guerre. Carton de la Corresp. de Napoléon.)

5. En conséquence, les jeunes soldats de la classe de 1815, déserteurs ou présents au corps, avaient été licenciés. (Ordonnance du roi, 15 mai 1814, Journal militaire.)

I,A CONSCRIPTION DE 1 8 j o. 15

peaux par un sénatus-consulte du 9 octobre 1813, il était à craindre que le rappel des conscrits ne fût regardé comme un abus de pouvoir. Davout luimême, si résolu d'ordinaire, représenta à l'empereur qu'il serait prudent de ne point prononcer le fâcheux mot de conscription : « Il n'y aurait, dit-il, qu'à changer la chose de nom et à déclarer que tous les jeunes gens, entrés dans leur vingtième année depuis le 1" janvier dernier, feront partie de la garde nationale et seront dirigés su<r les dépôts de l'armée, avec promesse d'être libérés, la guerre finie*. » Le conseil d'Etat, auquel le projet de décret sur la conscription de 1815 fut soumis dans la séance du 23 mai, refusa d'y donner son adhésion, « les levées d'hommes étant du domaine du pouvoir législatif^ ».

Attendre la réunion des Chambres! Mais l'ennemi, lui, l'attendrait-il pour entrer en France ? Or la conscription de 1815 devait fournir 120 000 soldats, dont 20 000 avaient combattu pendant la dernière campagne \ L'empereur leva les scrupules du conseil d'Etat en proposant d'assimiler les conscrits de 1815 à des militaires en congé. Pour les rappeler, un décret ne serait plus nécessaire; il suffirait d'une simple mesure administrative. Le conseil d'Etat émit un avis favorable. Dès les premiers jours de juin, Davout put envoyer des instructions pour la levéede la classe de 181 5 \ Le pays avait pris alors son parti

1. Davout à 1 empereur, 3 juin. (Arch. nat. AF. IV, 1936) 2 Mioh de Méiito, Mém., [II. 430-431.

3. Davoul à 1 empereur, 15 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1534.) Cf. 1814, 8, note 4. « Le contingent annuel, écrivait Davout, est de 280,000 hommes, mais il faut défalquer plus de la moitié pour défaut de taille, infirmités, et comme inscrits maritimes, soutiens de famille, etc. La levée doit fournir 120 UOO hommes net. »

4. Napoléon à Drouot, 30 mai. (Arch. Guerre, carton de la Corresp. de Napoléon. Manuscrit de Davout (comm. par le général duc d'Auerstsedl). — Ces ordres ne furent expédiés que passé le 3 juin au plus tôt.

de la guerre. Le dépari des conscrits s'opéra sans les résistances et les rébellions qu'avaient soulevées dans tant de provinces le rappel des militaires en congé et, à un moindre degré, la mobilisation des gardes nationales. Dès le 11 juin, c'est-à-dire une semaine après que le décret eut été rendu public, 46419 cons crits étaient réunis, prêts à partir, dans les chefslieux des départements \ En Alsace, en Lorraine, en Champagne, en Franche-Comté, en Bourgogne, et même dans plusieurs provinces du centre, on signalait une extrême bonne volonté. « Les conscrits de 181S, écrit le préfet de Seine-et-Oise, ont rejoint en trois jours avec une facilité étonnante. » Le préfet du Mont-Blanc remarque que son département a fourni plus de combattants qu'à aucune époque de la Révolution^. L'Aisne, qui du i^' avril au 12 juin a donné 18 200 volontaires, rappelés, conscrits, gardes nationaux mobilisés, francs-tireurs et militaires retraités, parmi lesquels des vieillards de soixantetreize ans, mérite cette parole de Napoléon : « Dans ce département-là, on trouvera autant d'hommes qu'il y aura de fusils pour les armer ^ »

1. i" et i'^ rapports de Davout à l'empereur, 11 juin. (Arch. nal. AF. IV, 193fi, Cf. Davout à Caffarelli, 18 juin. (Arch. Guerre.)

A remarquer que ces 46 500 conscrits provenaient exclusivement des 1", 2°, 7' 8«, 9", 10", ll«j 14", 15", 18", IQo, 20» et 21' divisions militaires. Dans les autres divisions militaires, l'appel des conscrits de 1815 avait été provisoirement ajourné pour des raisons trop bien fondées en ce qui regardait les provinces de l'ouest et les départements du Pas-de-Calais et du Nord, mais sans motifs explicables pour les départements formant les 3e, 4», 5' et 6° divisions militaires. Cet ajournement est incompréhensible et reste pour moi un point obscur.

2. Corresp. des préfets, du 5 au 2i juin. (Arch. nat. F. 7, 3774.) Préfet de Seine et-Oise à Carnot. 16 juin. (Arch. Guerre.)

3. Davout à Curieux, 8 mai. Préfet de l'Aisne à Davout, 23 mai. Langeron à Lobau, Laon, 2 juin. (Arch. Guerre. Armée du Nord.) Napoléon, Corresp., 22047. — 11 faut citer aussi ces mots de Carnot dans son rapport à l'empereur, du 16 mai {Moniteur) : « Toutes les classes de citoyens du département de l'Aisne ne cessent de donner à la patrie les preuves du plus noble patriotisme et du plus généreuï dévouement. »

l'armement et l habillement. 17

Des fusils, des munitions, des vivres, des chevaux, des uniformes et des souliers, il en fallait beaucoup, et il y en avait peu. Presque tout le matériel était à improviser. Si l'artillerie avait 13 947 bouches à feu, il manquait des affûts, des chevaux, des harnachements et 600 000 projectiles ^ Dans les régiments d'infanterie et de cavalerie, les uns et les autres à effectifs très réduits, les armes étaient au complet ; mais pour armer les rappelés, les engagés volontaires, les inscrits maritimes, les gardes nationales mobilisées, les tirailleurs fédérés et les conscrits de 1815, qui selon les prévisions devaient s'élever ensemble, vers le milieu de septembre, à plus de 500 000 hommes, il n'y avait dans les arsenaux et les magasins des corps que 195 000 fusils dont 74 000 à réparer-.

« Le salut du pays, écrivait l'empereur, est dans la quantité de fusils dont nous pourrons nous armera » Les manufactures impériales où tous les ouvriers armuriers, exemptés des diverses conscriptions depuis l'an VIII, furent rappelés par décret \ reçurent la commande de 235 000 fusils et mousque-

1 . Rapport du géoéral Evain, directeur de l'Artillerie au Ministère de sa Guerre. 21 mars. (Arcli. nat. AF. IV, 3940.)

2. Dépôts des corps : 27 000 fusils. Magasins d'artillerie : 157 000 dont 70000 à réparer. Arsenaux de la marine ; 10 990 dont 3 COO à réparer. Total général: 194 990.

(I)rouot à l'empereur, 27 mars. Davout à l'empereur, 4 avril. Decrès à l'empereur, 29 mars et 10 mai. (Arcli. nat. AF. IV, 1940. et AF. IV. 1941).

3. Napoléon, Coivesp,, 21755. Cf. 21811, et Napoléon à Davout, 8 avril. (Carton de la Corresp. de Napoléon. Arch. Guerre.)

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