‹ 1815Chapitre 9 sur 260 · MOBILISATION DES GARDES NATIONALES · texte numérisé non relu

MOBILISATION DES GARDES NATIONALES

défense des places fortes. C'étaient les anciens officiers, sous-officiers et soldats retraités après un minimum de vingt-quatre ans de service. Dès le mois d'avril, plusieurs officiers en retraite avaient demandé à rentrer dans l'armée; mais il y avait trop d'officiers à la demi-solde que l'on ne pouvait utiliser. Avec les officiers et soldats retraités, Davout pensa à former des bataillons de vétérans pour les places de guerre. « Ils donneront l'exemple aux gardes nationaux écrivit-il à l'empereur, et leur inspireront l'esprit militaire. » Napoléon ne manqua point d'adopter cette proposition. Le 18 mai, il rendit un décret invitant tous les militaires en retraite à reprendre temporairement du service pour être organisés en bataillons et en batteries de forteresse. Les retraités qui s'élevaient à 94 000, mais dont à peine la moitié paraissaient susceptibles de servir, s'empressèrent de se rendre aux revues d'appel. On constitua avec les plus valides 06 bataillons et 2o compagnies d'artillerie, d'une force totale d'environ 25 000 hommes'. A Paris, la garde nationale sédentaire fut portée à 36 518 hommes ^ Les ouvriers des faubourgs avaient demandé spontanément de concourir à la défense; on en forma 24 bataillons de tirailleurs fédérés. Ces 17 000 tirailleurs, commandés par des officiers à la demi-solde, étaient destinés à occuper les postes avancés et les ouvrages de première ligne '\ A Lyon, il y avait au 12 juin 4 000 gardes nationaux séden-

1. Rapports de Davout à l'empereur. 11, 20, 2:! et 28mai. (Arch. nat. AF. IV, 1936.) Napoléon à Davout, iT mai. (Arch. nat. AF. IV, 907.)

2. Situation de la garde nationale de Paris au 1" juin. (Arch. nat. F. 9, 760.) Parmi ces gardes, 11 OOu fusiliers n'étaient pas habillés.

3. Davout à lempereur, 17 juin (Arch. nat. AF. IV, 1936.) Général Darricau à Davout, 29 juin. (Arch. Guerre.) — Sur les tirailleurs fédérés, voir 1815, I, 627, 628, et les notes.

taires, et Mouton-Duvernet s'occupait de former

15 bataillons de tirailleurs fédérés \ Dans l'Aisne et les Ardennes et dans tous les départements de l'est, on pouvait compter en cas d'invasion sur les levées en masse. Composées des gardes forestiers, des gendarmes, des douaniers, des gardes nationaux sédentaires et en général de tous les citoyens valides, les levées en masse devaient s'assembler au son du tocsin sur l'ordre des autorités militaires pour aller occuper les montagnes et les défilés ^.

Avec les ISO 000 mobilisés, les 25 000 retraités, les

25 000 fédérés parisiens, lyonnais, nancéens, les gardes nationales urbaines et rurales, les corps francs et les levées en masse, il semblait que les places fortes, les grandes villes, les défilés^, les têtes de pont pussent être suffisamment pourvus de défenseurs. Mais malgré les engagements volontaires et la rentrée des deux tiers des hommes en congé, l'armée active était encore trop peu nombreuse. Après bien des hésitations, l'empereur se décida à lever la classe de 1815 \ La conscription avait été abolie par l'article XII de la Charte royale ; et cet article ayant été interprété comme devant avoir un effet rétroactif pour les conscrits de 1815 % appelés sous les dra-

1. Mouton à Davout, Lyon, 12 juin, (Dossier de Mouton Axch. Guerre.) Suchet à Davout, 13 juin. (Arch. nat. AF. IV. 1937.)

Page 1