‹ 1815Chapitre 106 sur 260 · INACTION DU MARÉCHAL NEY · texte numérisé non relu

INACTION DU MARÉCHAL NEY

Puis, vers sept heures, il part pour Frasnes sans même prescrire à Reille de faire prendre les armes aux troupes \ Il se borne à lui dire : « — S'il arrive en mon absence des ordres de l'empereur, vous les exécuterez sur-le-champ et les communiquerez au comte d'Erlon ^ »

A Frasnes, Ney demeure inactif et insouciant comme à Gosselies. Il ne pense pas à examiner de près les positions ennemies, à pousser vers les Quatre-Bras une reconnaissance offensive qui contraigne l'adversaire à se démasquer. On dirait même qu'il néglige de questionner les généraux et les commandants d'avant-postes, ou qu'il n'écoute point ce qu'on lui rapporte. Lefebvre-Desnoëttes, ou Colbert, lui rend certainement compte que les Néerlandais paraissent avoir reçu des renforts ; que depuis le matin ils ont étendu et avancé leur front; qu'à six heures leurs tirailleurs ont replié les avant postes français sur la lisière du bois de la Hutte ^. Après cette escarmouche, il est vrai, le feu a dégénéré en tiraillerie, mais l'ensemble des dispositions de l'ennemi fait néanmoins présumer son intention de tenir aux Quatre-Bras. Ney n'en croit rien. Ce ne sont que vaines démonstrations pour imposer aux Français et préparer une retraite. Tout au plus, « on aura affaire à cette poignée d'Allemands qui ont été sabrés hier"^ ».

1. Les troupes n'avaient pas encore pris les armes à dix heures d"i matin, puisque, dans sa lettre de dix heures et quart au maréchal Ney (Arch. Guerre), Reille dit « ... J'aurais commencé mon mouvement sur Frasnes aussitôt que mes divisions auraient été sous les armes. »

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