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INACTION DU MAKKCHAL NEY

ivant l'heure fixée, était devenu circonspect et temr>oriseur jusqu'à l'inertie.

La veille, pris de scrupules stratégiques, le maré- •lial n'avait dirigé vers les Quatre-Bras qu'un détachement trop faible pour enlever cette position. Le malin du 16 juin, il ne fit rien qui pût regagner le temps perdu. En admettant que pour attaquer il crût devoir attendre de nouvelles instructions de l'empereur*, au moins aurait-il dû se disposer à

1. Grouchy, lui, avait pris ses dispositions, même sans nouveaux ordres, pour marcher de bon malin sur Sombreffe, selon les instructions que, la veille, il avait rei;ues de l'empereur. (1815, II, 141.) Ney aurait pu agir de même.

Ou a objecté que Ney avait revu Tenipereur dans la nuit, au quartier-impérial de Charlei'oi, et que celui-ci lui avait sans doute prescrit d'attendre de nouveaux

Qldl-CS.

Mais le colonel Heymès, dont le témoignage est suspect et dont la brochure fourmille d'erreurs, est seul parmi les contemporains à mentionner la visite du maréchal à Napoléon. D'autre part, cette excursion nocturne de Ney à Charleroi me parait au moins douteuse, pour plusieurs raisons :

l" L'existence d'un rapport de Ney a l'empereur, écrit à Frasnes ou à Gosselies entre 9 et 10 heures (1815, 11, 136, note 2) est une forte présomption que le maréchal ne partit point alors pour le quartier-impérial. S'il avait eu l'intention d'aller voir l'empereur, il ne lui eût pas adressé de rapport puisqu'il devait se trouver a même de lui rendre compte, aussi tôt et plus en détail, de ses opérations dans la journée.

2° Dans la nuit et en présence de l'ennemi, Ney eût agi à rencontre des règlements militaires s'il eût quitté son corps d'armée pour aller sans nécessité absolue à deux lieues en arrière.

3" De Beaumont à Charleroi, de Charleroi au delà de P'rasnes, et de Frasnes à Gosselies, Neyav-it fait treize lieues à cheval. 11 est peu probable qu'il en ait fait encore quatre (aller ^t retour), en pleine nuit, sans aucune nécessité puisqu'il avait envoya un rapport à l'empereur.

Autres questions : Pourquoi dans les lettres de l'empereur du 16 juin n'y a-t-il aucun blâme contre Ney de n'avoir pas occupé les Quatre-Bras le 15? Vraisemblablement parce que, dans son rapport, Ney avait allégué la nuit, la fatigue des troupes, etc., et avait ajouté qu'on pourrait s'emparer des Quatre-Bras d'un moment à l'autre, sans difficulté, cette position étant très faiblement occupée.

l'ourquoi dès la nuit, à la réception du rapport, l'empereur n'écrivit-il pas à Ney de marcher sur les Quatre-Bras de bonne heure, au lieu d'attendre au lendemain pour lui en envoyer l'ordre? Sans doute parce que, d'après le rapport même de Ney, il croyait cette position faiblement occupée ou déjà même évacuée par l'ennemi, et juseait on conséquence que déjà on en était virtuellement raaitre. Dans les pre . raiers ordres du 16 juin à Ney, l'occupation et même l'occupation sans combat, dos Quatre-Bras ne semble pas faire question pour Napoléon. Ney lui-même, comme on va le voir, crut toute la matinée ne rencontrer aux Quatre-Bras qu'une résislaiice insignifiante. A fortiori, ii en avait jugé ainsi dans la nuit, et il avait rédigé son rapport en ce sens.

agir au premier ordre. Au point du jour, il aurait dû appeler à Frasnes les divisions Bachelu, Jérôme Bonaparte et Foy et toute la cavalerie, et masser en avant de Gosselies le corps de d'Erlon. Ce mouvement pouvait être achevé avant neuf heures du matin, sauf pour la division Alix qui n'aurait rejoint que deux heures plus tard le gros du corps d'Erlon. Ainsi, dès neuf heures, Ney se serait trouvé en mesure d'attaquer les Quatre-Bras, au premier ordre, avec 19 000 baïonnettes, 3 500 sabres, 64 bouches à feu et une réserve de 20 500 hommes \ Mais le maréchal ne prit aucune disposition préparatoire. Il laissa son infanterie à deux lieues de lui, ses soldats au bivouac, et il attendit, inerte, les ordres de l'empereur.

Avant sept heures, Ney reçut une première lettre de Soult. Ce n'était pas, à la vérité, un ordre de marciie, mais c'était un avertissement que ses troupes allaient avoir à marcher. Soult lui annonçait la prochaine arrivée à Gosselies des cuirassiers de Kellermann et lui demandait si le 1" corps avait opéré son mouvement dans cette direction ^ ? Il était donc toujours question pour Ney de pousser droit devant lui sur la route de Bruxelles. Si l'empereur avait voulu rappeler le maréchal à sa gauche, apparemment il ne lui aurait pas envoyé un renfort de huit régiments de grosse cavalerie. Ney, cependant, ne sort pas de son apathie. Il se contente d'adresser à Soult les renseignements demandés ^

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