L ARMEMENT ET L HABILLEMENT
seulement 27 864 chevaux', Fartillerie et les sernces auxiliaires 7 765. De ces 35 629 chevaux,
5 000 avaient été, par mesure d'économie, prêtés i des cultivateurs ; on s'empressa de les faire rentrer dans les corps ^. Les départements furent Frappés d'une réquisition de 8000 chevaux contre remboursement, tandis que, au dépôt central de remonte établi à Versailles, on achetait les chevaux présentés volontairement par les éleveurs et [es fermiers. On versa dans la garde les chevaux ie la Maison militaire du roi et des volontaires royaux. Les dépôts de chaque corps furent autorisés à faire des achats directs. Enfin, l'empereur 3ut l'excellente idée de prendre la moitié des che- VRux de la gendarmerie. Chaque gendarme reçut ime indemnité de 600 francs; il devait se remonter sous quinze jours, ce qui lui était facile en raison de sa situation dans le pays. Grâce à cet expédient, i250 chevaux vigoureux et tout dressés furent incontinent répartis entre les cuirassiers et les dragons ^ La réquisition dans les départements donna plus qu'on n'en espérait*, mais au grand dépôt de Versailles la remonte marcha fort mal. Le général Préval semblait désigné pour reprendre le commandement de ce dépôt oii il avait fait des
1. Silualion d'après les états du 15 mars. ,'Arch. Guerre.) — Davout (Rapp. à Napoléon, 28 mars. Arcli. nat. AF. IV, 1941) dit : 21,320, mais il ne compte que les clievaux eu état d'entrer eu campagne.
2. Situation précitée. Cf. Napoléon, Mém. pour servir d l'histoire, 26.
3. Napoléon, Corresp., 21741, 21736, 21810. 21910. Procès-verbal du Conseil des ministres du 17 mai. Rapp. de Davout à Napoléon, 7 et 21 avril. (Arcli. nat. AF. IV, 1940 et 1941.) Circulaires de Davout, 17 et 26 avril. Rovigo à Davout, 27 avril et 6 mai. (Arch. Guerre.)
4. Davout craignait des difficultés qui ne se produisireut pas. (Lettre à Napoléon,
6 mai. Arch. nat. AF. IV, 99Qb et 1941.) Certains départements, nommément l'Aisne et les Ardennes, fournirent Jusqu'à 300 chevaux. (Lettre de Laugeron. 3 juin. Arch. Guerre, Armée du Nord.)
prodiges en 1814. A tort où à raison, il était suspect de royalisme. L'empereur l'envoya ou plutôt l'exila au dépôt de Beauvais et nomma à Versailles le général Bourcier, Celui-ci était un formaliste, esclave des règlements, s'arrêtant à des vétilles. Il refusait les chevaux qui avaient plus de huit ans et ceux à qui il manquait un demi-pouce de taille. En pleine guerre, pendant le seul mois de mars 1814, Pré val avait réuni plus de 7 000 chevaux^; en deux mois de paix, Bourcier n'en put trouver que 2579^ ! Malgré ce mécompte, il y avait au jour de l'entrée en campagne une belle masse de chevaux. La cavalerie en comptait 40 000 aux armées et dans les dépôts ^ ; l'artillerie, y compris le train et les équipages, 16500*.
Menacé par l'Europe entière, Napoléon pensait bien qu'il ne pourrait empêcher l'invasion sur tous les points du territoire. Peut-être serait-il réduit, comme l'année précédente, à ne commencer ses opérations qu'en-deçà de l'Oise, de l'Aisne et de la Marne. Même dans l'hypothèse la plus favorable, sa prochaine campagne devait être à la fois offensive et défensive. La mise en état de défense des places n'était donc ni moins nécessaire ni moins urgente que la réorganisation de l'armée. Dès le 27 mars,
1. Sur la conduite du général Préval pendant la campagne de France, voir 1814, 438.
2. Napoléon. Corresp., 21982. Rapp. de Bourcier, 21 juin. (Arch. Guerre. Situations.)
Le général Préval rentra en grâce le 23 mai. L'empereur le nomma directeur de la cavalerie au ministère de la guerre. (Napoléon. Corresp., 21961.)
3. Cavalerie de la ligne : 33 201. (Situation générale au l'"' juin. Arch. nat. AF. IV, 1936.) Cavalerie de la garde : 49.38. (Situation de d'Hériot, au 16 juin. Arch. Guerre.) Total : 40 159.
4. Artillerie de la ligne : 13 823. (Situation générale au 1" juin. Arch. nat. AF. IV, 1936.) Artillerie de la vieille garde, train et artillerie auxiliaires de la garde : 2851. (Situation de d'Hériot, 6 juin. Arch. Guerre.) Total : 16 674.