IV. La nuit au bivouac
V. Incertitudes de Napoléon. — Lettre de Blûcher à Wellington. — Ordres de Napoléon (nuit du 17 au 18 juin).
Du côté des Quatre-Bras, Français et Anglais restèrent immobiles sur leurs positions pendant la matinée du 17 juin'. Ney ne sut que passé neuf heures le résultat de la bataille de Ligny-. Quant à We/ •lington, il était demeuré toute la nuit sans nouvelles de ses alliés. Le dernier message qu'il eût, la veille, reçu de Blûcher portait que le feld-maré-
1. Rapport de Ney à Soull, Frasnes, 6 heures et demie du matin. (Papiers de Gourgaud, Arch. de la famille.) Rapport de d'Erlon à Ney, 17 juin au matin. (Arch. Guerre.) — De cinq heures du matin à deux heures après-midi, il y eut seulement quelques coups de feu échangés entre les avant-postes. Lettre du colonel Taylor, du 10' hussards anglais. [Watei-loo Letters, 166.)
2. Par la lettre du maréchal Soult écrite entre sept et huit heures du matin. 1815, 11, 224, note 1.)
;hal avait repris l'offensive et « que tout allait }ien' ». Un peu plus tard, Gneisenau lui avait dépèîhé, il est vrai, un officier pour l'informer de la -etraite; mais cet officier, blessé grièvement en route 3ar des tirailleurs, n'avait pu remplir sa mission^. Wellington crut que l'action, restée indécise à Ligny, •éprendrait le lendemain sur toute la ligne ^ Il fit jivouaquer ses troupes aux Quatre-Bras et y appela les renforts. La cavalerie de lord Uxbridge arriva ians la soirée et dans la nuit; le 17, dans la matinée, les brigades Ompteda et Mitchell, la division min ton et la réserve d'artillerie se mirent en marche pour rejoindre*. Wellington, qui était allé coucher i Genappe, revint de bon matin aux Quatre-Bras. \nxieux d'avoir des nouvelles de Blûcher, car le bruit avait couru à Genappe que les Prussiens étaient Dattus% il envoya sur sa gauche son aide de camp, e colonel Gordon, avec un détachement du 10" huspards. Gordon, évitant les vedettes françaises de warbais, poussa jusqu'à Tilly où il eut la bonne 'ortune de trouver encore le général Zieten avec 'arrière-garde du 1" corps. Il apprit de lui que l'arnée prussienne battait en retraite sur Wavre. De ■etour aux Quatre-Bras, à sept heures et demie, il ransmit ce renseignement à Wellington qui, pour
1. Cette dépêche était irrivée vers huit heures du soir. Lettre de Hervey, aide de amp de Wellington, 3 juillet 1813. {Nineteenth Century, mars 1893.) Cf. Damitz,
2. Lettre précitée de Hervey. Miiffling, Ails meinem Leben, 206-207. Damitz, ,1, 206, 212.
I 3. Lettre précitée de Hervey. Mijffling, Ans meinem Leben, 206. Rapport du
II rince d'Orange, Nivelles, 17 juin, 2 heures du matin. (Cité par Gourgaud, Camp, e 1815. Annexe X;.
4. Ordres de Wellington, 16 juin (au soir). [Dispatches, XIL 474-476.) Lettres ^i Uxbridge, Kennedy, Vivian, Banner, Taylor. ( Waterloo Letters, 3, 66, 93, j't8, 166.) Van Lôbcn, 231-232. — La division Chassé resta à Nivelles. [[ 5. Lettre précitée de Hervey, aide de camp de Wellington.
tromper son impatience se promenait à grands pas sur la route de Gharleroi en avant des Quatre-Bras\
Les choses changeaient de face. Wellington ne pouvait plus rester aux Quatre-Bras, exposé à une attaque combinée de Ney sur son front et de Napoléon sur sa gauche. D'abord assez troublé, il pensa à battre en retraite à l'instant. « — Le vieux Blûcher, dit-il, a reçu une sacrée bonne fessée. Le voilà parti à dix-huit milles en arrière. 11 faut que nous en fassions autant. Je suppose qu'on dira en Angleterre que nous avons été rossés. Je n'y puis rien". >: Mûffling lui fit observer que la situation ne paraissait pas si fâcheuse. « — L'armée prussienne, dit-il, ayant marché sur Wavre, vous pouvez facilement vous remettre en rapport d'opérations avec elle. Repliez-vous sur quelque point parallèle à Wavre ; vous aurez là des nouvelles du feld-maréchal, des renseignements sur l'état de ses troupes, et vous prendrez un parti selon les circonstances^. »
Wellington se détermina à aller occuper le plateau de Mont-Saint-Jean, forte position défensive qu'il avait reconnue l'année précédente, lors de son passage à Bruxelles'*. Mais décamperait-on tout de suite ou attendrait-on que les troupes eussent mangé, au risque d'avoir une chaude affaire d'arrière-garde î
1. Wellington, Mémorandum sur la bataille de Waterloo. [Suppl. Dispatchei X, 527.) LeILre précitée du colonel Taylor. Miiffling, Aus meinem Leben, 207, el fjist. de la Camp., 16. Lettre précitée de Hervcy. Général von Hoffmann, Gesr.hiclUe des Feldzuges von 1815, 67. Lord Malmesbury (d'après les Souvenirs du capitaine Bowles), Letters, II, 447. • — Miiffling et Hoffmann disent que l'officier chargé de cette reconnaissance était le quatier-maître général de l'armée anglaise, le colonel de Lancey. Je m'en tiens aux témoignages anglais.
2. Lord Malmesbury (d'après les notes du capitaine Bowles), Letters, II, 447. Cf. G. de VV. (Mûffling), Hist. de la Camp., 18, 19, 20.