Miiffling, A us meinem Leben
4. Mémorandum sur la défense des Pays-Bas, 22 sept. 1814. (Dispatches oj Wellington, XII, 129.) Wagner, IV, 61.
Il y avait de temps à autre des tirailleries aux avant-postes mais les troupes de Ney ne faisaient aucun mouvement. « — Je connais les Français, dit Miiftling. Ils n'attaqueront pas avant d'avoir fait la soupe. » Wellington décida que la retraite commencerait seulement à dix heures. Il envoya à lord Hill l'ordre de replier à Waterloo les troupes en marche sur les Quatre-Bras. Puis, après avoir parcouru son courrier qu'on venait de lui apporter de Bruxelles, il s'enveloppa dans son manteau et s'endormit. A son réveil, vers neuf heures, il jeta un coup d'œil sur les positions françaises. Voyant que Ney ne faisait aucun préparatif d'attaque, il dit : « — Est-ce que les Français se retireraient? Ce n'est pas du tout impossible ^ »
A ce moment, un officier prussien, le lieutenant de Massow, arriva de Mellery. Il était envoyé par Gneisenau pour informer Wellington de la concentration projetée de toute l'armée prussienne à Wavre, et pour lui demander ce qu'il comptait faire. Le duc répondit en présence de Mûftling : « — Je vais m'établir à Monl-Saiiit-Jean. J'y attendrai Napoléon pour lui livrer bataille, si j'ai l'espérance d'être soutenu même par un seul corps prussien. Mais si cet appui doit me manquer, je serai contraint de sacrilier Bruxelles et de prendre position derrière l'Escaut. » Massow repartit aussitôt pour le quartier-général prussien^.
1. Wellington à lord Hill, 17 juin. {Dispatches, Xll, 475.) Miifflmg, Aus meinem Leben, 208, et (G. de W.) Hist. de la Camp, de tSfS, 16. Lettre de Vivian. [Waterloo Letters, 166.) Siborne, Hislory of Ihe War in (815, 1, 250. Cf. le. Mémorandum de Wellington. {Suppl. Dispatches, X, 527.)
2. Muflling, Aus meinem Leben, 208, et (C. de W.) Hist. de la Camp., 19, 20. Colonel Fraser, Letters, 543. Cf. von Ollech, Geschichte des Feldzuges von 1815, 18U, et MCiuorandum de Wellington. (Supplem. Dispatches, X, 527.)
Les Anglais commencèrent leur mouvement. Les divisions Gooke, Alten et Picton, les HoUando-Belges de Perponcher, la brigade Kruse, enfin le corps de Brunswick s'écoulèrent successivement par la route de Bruxelles. Les nombreux escadrons de lord Uxbridge s'étaient déployés en première ligne, de façon à masquer, puis à couvrir cette retraite. A une heure après-midi, il ne restait plus en position que ce corps de cavalerie*. Ney laissant des loisirs à lord Uxbridge, celui-ci s'assit avec son aide de camp sur un talus de la route. A cette réflexion que les Français tardaient bien à attaquer, l'aide de camp répondit en riant : « — Ils mangent M » Peu après, Uxbridge reçut l'avis que l'on apercevait des masses en marche vers la gauche. L'avant-garde impériale approchait par la route de Namur,
Du moulin de Bussy, près Ligny, l'empereur, avec la cavalerie légère de Domon et les cuirassiers de Milhaud, s'était rendu à Marbais où il avait dirigé précédemment le corps de Lobau, la division de cavalerie Subervie et la garde ^. Arrivé un peu
1. G. de W. (Muming), Hist. delà Camp., 18-19. Siborne, I. 252-253. Cf. Damitz, W, 226; W. Gomm., Letlers. 3E6 ; et Waterloo Letters, 5, 27. 66. 94. 148, 253, 366, etc.
Tandis que l'infanterie anglo-alli(?e se portait à Mont-Saint-Jean par Genappe et Rossomme, les divisions Clinton et Chassé et les brigades Mitchell et Ompteda, concentrées à Nivelles, marchaient de cette ville sur Mont-Saint-Jean par Hrainel'AUeud. Cf. Ordres de Wellington à lord Hill (Quatre-Bras, au matin). 17 juin. (Dispatches, XII, 475.)
2. Mercor, Journal of the Waterloo Campaign, I, 266. Cf. la lettre du colonel Taylor, du 10" hussards [Watei'loo Letters, 166), qui rapporte qu'à midi il voyait les Français faire la soupe.
3. 181.0, II, 232. 239. Ordre de Soult à Ney. 17 juin, midi : « Sa Majesté se rend à Marbais. »
l'empereur aux quatre-rras. 263
avant une heure, il s'arrêta quelques instants, attendant des nouvelles de Ney ou le bruit du canon \ Impatient, il se détermina à marcher lui-même sur les Quatre-Bras. A deux ou trois mille mètres de ce point", les coureurs du T hussards^, qui éclairaient l'armée, se replièrent devant les vedettes anglaises. L'empereur forma ses troupes en bataille, l'artillerie au centre, l'infanterie en seconde ligne, les cuirassiers de Milhaud et les chasseurs de Domon à la droite, la cavalerie légère de Jacquinot et de Subervie à la gauche *.
1. Cf. Les lettres de Soult à Ney, Fleurus, 17 juin, 8 heures du matin (Registre du major-général), et en avant de Ligny, 17 juin, midi (duc d'Elchiiigen, Docum. inéd., 44j où il recommande à ce maréchal d'envoyer des rapports et d'attaquer l'ennemi.
Il faut absolument rejeter la tradition locale d'après laquelle Napoléon se serait arrêté à Marbais chez un sieur Delestange et y aurait déjeuné et dormi une heure. (On m'a montré en Belgique vingt maisons où, prétend-on, l'empereur s'est arrêté!) 11 y a dix kiloraètrei du moulin de Bussy aux Quatre-Bras. L'empereur, parti du moulin vers midi et quart, arriva vers deux heures à mille ou quinze cents mètres des Quatre-Bras. Comme il marchait avec les colonnes, c'est-à-dire au pas, il n'eut le loisir que de faire une courte halte à .Marbais. D'ailleurs, cette halte était nécessitée par le temps qu'il fallait à l'officier porteur de l'ordre de Soult (ordre envojé à midi) pour rejoindre ISey à Frasnes par la Voie romaine et Villers-Perwin. L'empereur avait voulu d'abord seconder l'attaque de Ney (voir l'ordre en question) et non la devancer. Mais, pris d'impatience à iMarbais, il marcha ans Quatre-Bras sans attendre que Ney evil ouvert le feu.
2. Napoléon, Mém., 108. — L'empereur dit : • A la vue de la ferme des Quatre- Bras • sans préciser la distance.