TOPOGRAPHIE DU CHAMP DE BATAILLE
[route court du S.-S.-O. au N.-N.-E. Après avoir [atteint le plateau de Mont-Saint-Jean, elle s'em- Ibranche à angle aigu, au hameau de ce nom, sur la jgrande route, laquelle traverse, à environ une lieue ide là, le village de Waterloo, construit dans une léchancrure de la forêt de Soignes, et continue vers jBruxelles en s'enfonçant sous bois'.
! Vue de la Belle-Alliance, la grande route de iBruxelles, qui descend et remonte en ligne droite, semble très roide. C'est une illusion de perspective. En réalité, la pente n'a point une si forte inclinaison. Un cavalier peut la gravir à un galop soutenu sans trop presser son cheval ni l'essouffler'*. Mais à la droite comme à la gauche de la route, le sol très inégal s'escarpe en maint endroit. C'est une succession infinie de mamelons et de creux, de plis et de rideaux, de sillons et de renflements. Toutefois, à le regarder des hauteurs, le double vallon a l'aspect d'une plaine s'étendant sans dépressions marquées entre deux collines d'un très faible relief. Il faut passer à travers champs pour voir ces mouvements de terrain incessants et onduleux, comparables aux houles de la mer.
Le chemin d'Ohain à Braine-L'Alleud, qui côtoie la crête du plateau de Mont-Saint-Jean et y coupe à angle droit la route de Bruxelles, couvre d'une ligne d'obstacles naturels presque toute la position an-
1. On a vu que Wellington avait établi, le soir du 17 juin, son quartier-général à Waterloo ; il y écrivit, le 19, le bulletin de sa victoire. C'est pourquoi la bataille porte le nom de Waterloo, bien que l'action se soit passée à une lieue au sud de ce village.
2. J'ai fait plusieurs fois cette expérience. — En raison des mouvements du ter- " rain qu'elle traverse, la route de Bruxelles est tantôt au niveau des champs, tantôt en remblai, tantôt encaissée. L'encaissement était beaucoup plus profond, en 1815, à partir delà Haye-Sainte jusqu'au chemin d'Ohain.
glaise. A l'est de la grande roule, ce chemin est au ras du sol ; mais une double bordure de haies vives, hautes et drues, le rend infranchissable à la cavalerie. A l'ouest, le terrain se relevant brusquement, le chemin dOhain s'engage entre deux talus de cinq à sepi pieds ; il forme ainsi, l'espace de 400 mètres, une redoutable tranchée-abri. Puis il se retrouve de niveai et continue son parcours sans présenter désormais d'autres obstacles que quelques haies éparses'. Et arrière de la crête qui forme rideau, le terrain s'incline vers le nord. Cette disposition est très favo rable à la défense, car les troupes de seconde ligm et les réserves échappent aux vues de l'ennemi e sont en partie abritées contre le feu.
Espacés sur un rayon de 3 500 mètres, à mi-côt( et dans les fonds, le château de Hougoumont avec S5 chapelle, ses vastes communs, son parc clos de murs son verger entouré de haies, et le bois-taillis qui ei défend l'approche au sud ; la ferme delà Haye-Sainte massif de pierre flanqué d'un verger bordé de haiei
1. Je devrais employer l'imparfait au lieu du présent, car dès 1825 Wellinglo disait, au retour d'une excursion à Mont-Saint-Jeau, qu'on lui avait changé soi cliamp de bataille. Plusieurs bois, ainsi que la partie de la forêt de Soignes qu entourait Waterloo au nord, ont été défrichés. Les haies qui couronnaient 1 chemin d'Ohaiu, à 1 est de la grande route de Bruxelles ont été arrachées. EnQn des talus qui bordaient ce chemin à l'ouest de la grande route jusqu'au chemin d Merbe-Braine, le talus intérieur existe seul encore, et parliellemenl. Le laïus exté rieur a été rasé lors des grands travaux de terrassement (1822-1823) exécutés pou rérectiondu Lion-Belge sur l'immense bulle conique arliQcielIe que l'on aperçoit d partout et qui de partout gale le paysage.
On répète sans cesse que pour édiOer cette butte, on a écrété de deux mètre tout le plateau sur une superficie de 14 ou 15 hectares. (A ce compte, par que miracle la berge intérieure du chemin d'Ohain existerait-elle encore?) C'est une Ira dition erronée. Le plateau n'a pas été écrété. Le sol du chemin d'Ohaiu qui en sui le bord est le sol primitif. L'emprise des terres a eu lieu seulement sur les rampe supérieures du coteau, à l'ouest de la roule, depuis le potager de la Haye-Saint jusqu'à l'ouest de la base actuelle de la Bntle-du-Lion. Le talus extérieur du chemii a été rasé du môme coup. Ces terres appartenaient à la famille Forlemps. L'acl de vente m'a été communiqué par M. Goullier, notaire à Braine-L'Alleud.
On s'accorde à dire que la hauteur primitive du terrain déblayé esl marquéi