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LA DERNIÈRE REVUE

et ont aux oreilles des anneaux d'or massif du diamètre d'un petit écu.

Les tambours battent, les trompettes sonnent, les musiques jouent : VeiUojis au salut de lEmpire. En passant devant Napoléon, les porteaigles inclinent les drapeaux, — les drapeaux du Champ de Mai, les drapeaux neufs mais déjà baptisés à Ligny par le feu et par le sang, — les cavaliers brandissent leurs sabres, les fantassins agitent leurs shakos au bout des baïonnettes. Les acclamations dominent et étouffent les tambours et les cuivres. Les Vive l'empereur ! se suivent avec une telle véliémence et une telle rapidité qu'ils empêchent d'entendre les commandements. (( Jamais, dit un officier du 1" corps, on ne cria : Vive l'empereur ! avec plus d'enthousiasme ; c'était comme un délire. Et ce qui rendait cette scène plus solennelle et plus émouvante, c'est qu'en face de nous, à mille pas peutêtre, on voyait distinctement la ligne rouge sombre de l'armée anglaise ^ »

L'infanterie de d'Erlon et l'infanterie de Reille se déployèrent en première ligne, à la hauteur de la Belle-Alliance : les quatre divisions de d'Erlon, sur double profondeur, la droite face à Papelotte, la gauche appuyée à la route de Bruxelles ; les trois divisions de Reille dans la même formation, la droite à cette route, la gauche non loin de la route de Nivelles. La cavalerie légère de Jacquinot et la cavalerie légère de Pire, en bataille sur

1. Gourgaud. 91. Napoléon Mëm., 132-133. Peliet, 213. Marciiand, Mém. manuscrits. Mauduit, II, 248, 271. Pontécoulant, 261. Souvenirs d'un ex-officler, 284. (t^e témoignage est d'autant plus intéressant que cet officier, appartenant au io^ de ligne, était né Suisse. 11 s'appelait Martin et mourut pasteur à Genève.) Los Anglais Sibornc (I, 282) et Colton (31), parlent aussi de grandes acclamations.

triple profondeur, flanquèrent la droite de l'Erlon et la gauche de Reille. En seconde ligne, l'infanterie de Lobau s'établit, — en colonne double par division, — le long et à Touest de la route de Bruxelles, et la cavalerie de Domon et de Subervie se plaça, — en colonnes serrées par escadron, — le long et à l'est de cette chaussée. Prolongeant la seconde ligne, les cuirassiers de Milhaud et de Kellermann étaient en bataille sur double profondeur, ceux-là à la droite, ceux-ci à la gauche. La garde impériale resta en réserve près de Rossomme : l'infanterie (jeune garde, moyenne garde et vieille garde) sur six lignes, chacune de quatre bataillons déployés, des deux côtés de la route de Bruxelles ; la cavalerie légère de Lefebvre-Desnoëttes (lanciers et chasseurs) sur deux lignes, à cent toises derrière les cuirassiers de Milhaud; la cavalerie de réserve de Guyot (dragons et grenadiers), également sur deux lignes, à cent toises derrière les cuirassiers de Kellermann.

L'artillerie de d'Erlon était dans les intervalles des brigades, l'artillerie de Reille en avant du front, lartillerie de Lobau sur le flanc gauche. Chaque division de cavalerie avait près d'elle sa batterie à cheval. Les batteries de la garde se trouvaient tout à fait en arrière, — entre Rossomme et la Maison-du-Roi. La route de Bruxelles et les chemins qui la traversent, laissés libres à dessein, permettaient de porter rapidement sur tous les points les renforts d'artillerie \

Il y avait là environ 74000 hommes" et 266 bouches

1. Napoléon, Mèm., 128-132. Cf. Gourgaud, 87-88 et les relations précitées de Reille, de Foy, du général Petit, de Stuers, etc.

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