CONTRE-ATTAQUE DES ANGLAIS
postes avancés de Hougoumont et de la Haye-Sainte, ces postes sont débordés, cernés, et le centre gauche de sa ligne de bataille se trouve très menacé. Les cuirassiers de Travers et les tirailleurs de d'Erlon semblent couronner le plateau, le gros de l'infanterie les suit de tout près. Que ces troupes fassent encore quelques pas, qu'elles se maintiennent sur ces positions pour donner le temps à la cavalerie de réserve «d'asséner le coup de massue », et la victoire paraît certaine.
La vicieuse ordonnance des colonnes de d'Erlon, qui déjà avait alourdi leur marche et doublé leurs pertes dans la montée du plateau, allait entraîner un désastre. Après que les tirailleurs eurent culbuté les Hollandais de Bylandt, la division Donzelot s'avança jusqu'à trente pas du chemin. Là, Donzelot arrêta sa colonne pour la déployer. Pendant l'escalade, les bataillons avaient encore resserré leurs intervalles. Ils ne formaient plus qu'une masse. Le déploiement ou plutôt la tentative de déploiement,car il ne semble pas que l'on ait réussi à l'opérer, prit beaucoup de temps; chaque commandement augmentait ia confusion. L'ennemi profita de ce répit. Quand les batteries françaises avaient ouvert le feu, la division Picton (brigades Kempt et
rejoindre : « — Il est impossible de mieux se battre, lui dit-il. Maintenant f(u'il ne vous reste plus que deux bataillons, demeurez pour vous porter partout où il y aura du danger. » Napoléon voulut-il ménager la vie de son frère qui avait été blessa l'avanl-veille et qui venait de rester deux beures cl demie au plus fort du feu, ou, mi'conleiit qu'il eut intempestivement engagé toute sa division dans l'assaut inutile de Hougoumont, lerappela-t-il pour laisser le commandement à Guilleminot, général meiDs ardent et plus expérimenté ?
Pack) s'était reculée, sur l'ordre de Wellington, 3 150 mètres du chemin. Les hommes étaient là, ei ligne, mais couchés afin d'éviter les projectiles' Picton voit les Hollandais en déroute et les tirait leurs français traverser les haies et s'avancer hardiment contre une batterie. Il commande : « Debout! > et précipite en avant la brigade Kempt. Elle repli( les tii'ailleurs, franchit la première haie, saute dani le chemin où l'abrite la seconde haie, puis, décou vrant la colonne de Donzelot, occupée à se déployer elle la salue d'un feu de file à quarante pas. Fusillés à limproviste, surpris en pleine formation, le^ Français font d'instinct, involontairement, un légei mouvement rétrograde. Picton saisissant la minute crie : « — Chargez ! Chargez ! Hurrah ! » LeE Anglais s'élancent du chemin et se ruent, baïonnettes en avant, contre cette masse en désordre qui résiste par sa masse même. Repoussés plusieurs fois, sans cesse ils renouvellent leurs charges. On combat de si près que les bourres restent fumantes dans le drap des habits. Durant ces corps-à-corps, un officier français est tué en saisissant le drapeau du S'i*" régiment, et l'intrépide Picton tombe roide mort, frappé d'une balle à la tempe \
La colonne de Marcognet (troisième échelon) était arrivée à peu près à la hauteur de la colonne de Donzelot, au moment de la fuite des Hollando- Belges. Marcognet, n'ayant pas cru possible de
1. Rajiporl de Kcnipl, Gcnappc, 19 juin. (Wellington, Dispatches SuppL, X, 334.) Fraser, Lelters, 554. Lettres d'officiers de la division T'iclon et de la brigade l'onsonby. [V^'alerloo Letters, 70, 85, 89, 343, 349, 35U, 335, 336, 3C1, 303.) Kennedy, t09. W. Gomm, Lelters. 332. Siborne, II, 11-14.
Siborne, entraîné par son patriotisme, dit(|ue l'orficicr français fut tué en essajant de reprendre le drapeau du 32' français. Le 82" n'él:iit pas à l'arniéc du Nord, tandis que le 32* anglais faisait bel et bien partie de la bri;;ade Kempt.