CONTRE-ATTAQUE DES ANGLAIS
léployer sa division, avait continué sa marche et Jépassé Donzelot qui faisait halte. Déjà, avec son réûimcnt de tète, criant : Victoire ! il avait franchi la double haie et s'avançait contre une batterie hanovrienne quand, aux sons aigus des pibrochs, ■iL'branla la brigade écossaise de Pack par bataillons n échiquier déployés sur quatre rangs. A moins de vingt mètres (vingt yards), le 9^" highlanders ouvrit le feu ; peu après tirèrent les autres Ecossais. A cause de leur ordonnance massive, les Français ne pouvaient riposter que par le front d'un seul bataillon. Ils firent une décharge et s'élancèrent à la baïonnette. On s'aborda; les premiers rangs se confondirent dans une furieuse mêlée. « Je poussais un soldat en avant, raconte un officier du 45*. Je le vois tomber à mes pieds d'un coup de sabre. Je lève la tète. C'était la cavalerie anglaise qui pénétrait de toutes parts au milieu de nous et nous taillait en pièces \ »
1. Lettres d'offlciers des brigades Eempt, Pack et Ponsonby. (Waterloo Letters, 64, 69, 353, 356, 371, 374, 382, 383, etc.) Cotton, 67-68. Souvenirs d'un ex-officier (du 43'), 287. 288.
Les historiens anglais ne veulent point avouer (et pourquoi? puisque l'armée de Wellington fut victorieuse) que dans celte première attaque les Français atteignirent les crêtes de Mont-Saint-Jean. Or les Lettres de Waterloo, provenant toutes d'ofGciers qui prirent part à la bataille, lémoigneot que : 1° à la droite anglaise les cuirassiers de Travers arrivèrent exactement au bord du ctiemin d'Ohain ; — 2° à la gauche, la brigade Bourgeois parvint au>si au chemin après avoir délog(^ les défenseurs de la sablonnière ; — 3° la colonne de Donzelot s'arrêta pour se déployer à 4û mètres du chemin, et ses tirailleurs dépassèrent les haies ; — 4° au moins les bataillons de tête de la colonne Marcognet franchirent le chemin, « s'avancèrent jusque sur les canons hanoiTiens » et s'engagèrent sur le plateau même contre les Ecossais de Pack. — Dans son rapport à Wellington du 19 juin {Suppl. Dispatches, • X, o3ij, Kempt dit eipressément que la charse de Picton eut lieu quand les Français i emportaient la crête de la position, et que, même quelques instants après, quand j. 1 Picton fut tué, la situation était très critique. Dans une lettre du 23 juin à Hervey.. . i aide de camp de Wellington {Suppl. Dispatches of Wellington, X, 36S). le colonel I Clifton, qui remplaçait le général Ponsonby, tué, dit de son côté : « L'ennemi, ^^ jusque-là vainqueur (previously sitecessfull), fut mis en déroute par notre cavalerie. »
vm
Comme les Français allaient couronner les pi mières crêtes (les cuirassiers de Travers à l'ouest de la grande route et les colonnes de d'Erlon à rest)^ lord Uxbrido'e avait fait charger l'élite de sa cavalerie \ Les quatre régiments de gardes à cheval de Somerset (1" et 2" Life-Guards, Bleus et Dragons du Roi) partirent au galop, en ligne. Après quelques foulées, ils arrivèrent à portée de pistolet des cuirassiers, séparés deux par le chemin d'Ohain. A l'ouest de la route de Bruxelles, ce chemin courail l'espace de 400 mètres entre deux berges escarpéee qui disparaissaient plus loin. La gauche de Travers et la droite de Somerset se chargèrent au galop sur h partie plane du chemin. Mais les pelotons de droite des cuirassiers rencontrèrent la tranchée. Ils en descendirent résolument le talus extérieur, et ils don naient de l'éperon pour en franchir le bord oppos( quand, à vingt mètres devant eux, étincela h rangée de sabres du 2" Life-Guards, lancé à fond d( train. Afin d'éviter un véritable écrasement, cai temps et espace leur manquaient pour fournir un( charge, les cuirassiers enfilèrent le chemin creu] en se bousculant, rejoignirent la grande route prèi de l'orme de Wellington et se rallièrent dans ui champ proche de la sablonnière. Les Life-Guard; qui les avaient poursuivis en côloyant le bord di chemin les chargèrent avant qu'ils ne se fussen reformés; et, à la suite d'un corps-à-corps où, di lord Somerset, ils « frappaient sur les cuirasse: comme des chaudronniers à l'ouvrage », ils ei culbutèrent quelques-uns dans l'excavation de h sablonnière. Le gros de la brigade Travers fu
1. Keimody, 110. Siborne, II, 19. Colonel Tomkinson, Diary, 300.