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CHARGES DE LA CAVALERIE ANGLAISE

cavalerie \ 11 ne reste plus un seul Français sur les versants de Mont-Saint-Jean. ■

Emportés par leurs chevaux, à qui, dit-on, ils avaient reçu l'ordre d'enlever les gourmettes, excitt - eux-mêmes par la course, le bruit, la lutte, la victoire, les Anglais traversent le vallon aune allure lu rieuse et s'engagent sur le coteau opposé. En vain loid Uxbridge fait sonner la retraite, ses cavaliers nCnlendent rien, ou ne veulent rien entendre, et -ravissent au galop les positions françaises. Ils n'y iK'Uvent mordre. Les Life-Guards et les dragons sont décimés par le feu de la division Bachelu, établie près du mamelon à Touest de la grande route. Les Scots-Greys rencontrent à mi-côle deux batteries divisionnaires, sabrent canonniers et conducteurs, culbutent les pièces dans un ravin, puis assaillent la ©rande batterie. Les lanciers du colonel Martigue les chargent de liane et les exterminent, tandis que ceux du colonnel Brô dégagent la division Durutte de l'étreinte meurtrière des dragons do Vandeleur. « Jamais, dit Durutte, je ne vis si bien la supériorité de la lance sur le sabrée » C'est dans

1. Lettres d'officiers de la brigade Vandeleur. {Waterloo Letters, 103, lOi, 112, 114-113.) Relation de Durutte. Vaa Loben, 2. 9. Cf. Siborne, II, 38-39.

DuruUe, dont la relation contient d'ailleurs plus d'une autre inexactitude, prétend qu'il repoussa les charges de la brigade Vandeleur. Il fait volontairement ou incousciemment confusion entre les premières charges de cette cavalerie, qui le coutraiguir jnt à se replier en désarroi, et nue autre charge de Vandeleur contre le 85*, laissé eu réserve sur la posiliou primitive, — charge qui fut, en effet, repoussée avec grandes pertes. Voir, à ce sujet, la lettre du capitaine Chapuis, du 8.j% 1"' février 1838 ^Sentinelle de l'Armée, 24 février 183S).

2. Rapports précités de Somerset et de Clifton. Lettres d'ofûciers des brigades Somerset, Ponsonby et Vandeleur. {Waterloo Letters, 38, 62, 64-C5, "^9, 86, 114- 115.) Lettre du capitaine Chapuis et Relation de Durutte {Sentinelle de l'A/tucc, 24 février et 3 mars 183ï). Kennedy, 110. Siborne. 11, 36-39. Cotton, 71-72.

On a prétendu que les cavaliers anglais étaient ivres. 11 parait Lien osé de porter une pareille accusation contre de si vaillants soldats. — Durulte dit, cependant, daus sa Relation : « Cent cinquante cavaliers de cette colonne, ivres ou ne sachant pas conduire leui's chevaux, vinrent jusqu'à nos positions. »

cette mêlée que fut tué le vaillant général Ponsonby. Désarçonné par un sous-ofFicier du 4® lanciers, nommé Urban, il s'était rendu quand quelquesuns de ses Scots-Greys revinrent pour le délivrer. Craignant de perdre son prisonnier, Urban eut le triste courage de lui plonger sa lance dans la poitrine. Après quoi U fondit sur les dragons et en abattit trois ^

La belle charge des lanciers fut bientôt appuyée par la brigade de cuirassiers du général Farine, L'empereur, apercevant les Ecossais-Gris prêts à aborder la grande batterie, avait fait porter l'ordre au général Delort, divisionnaire de Milhaud, de lancer contre eux deux régiments. Lanciers et cuirassiers balayèrent le versant de la Belle-Alliance, le vallon tout entier et poursuivirent les gardes à cheval et les dragons jusqu'aux premières rampes de Mont-Saint-Jean, au delà de la Haye-Sainte. Les brigades de cavalerie légère Vivian et van Merlen, qui avaient suivi de loin le mouvement de lord Ûxbridge, ne crurent pas bon de s'engager^.

Il y eut un arrêt dans l'action. De part et d'autre,

1. ?Jauduit, II, 300. Cf. Lettres des colonels Evaus et Slralou (M'alerloo Letters, Ci, 85), cl Rapport précité de CliCton.

Un parent du général Ponsonby, le lieutenant-colonel F. Ponsonby (de la brigade Vandeleur;, fut griovemeiit blessé dans la môme môlce et resta sur le champ de bataille jusqu'au lendemain matin. 11 a fait le récit des seize ou dix-liuil mortelles heures ipi'il passa là. (Cotton, Appendice VI.) Le soir, un tirailleur français se coucha derrière le corps du colonel f'onsonby, s'en servant comme d'une sorte de remblai, cl commença à tirailler contre l'ennemi. Tout en tirant, il causait jraiement avec l'officier anglais. Quand il eut épuisé le contenu de sa giberne, il s'en alla en disant : c. — Vous serez bieu aise d'apprendre que nous f... le camp. Bonsoir! mou ami. »

2. Rapports de Somerset et de Clifton. {Suppl. Dispatches of 'Wellinrjton,\, 568, 577.) Lettre précitée de Horvey. Lettres de Somerset, Kennedy, etc. {Waterloo Letters. 38, 42, 00, 77.) Kennedy, llO-li I. Siborne. 11, 39-43. CÔlton, 71-72. Van Lôben, 279. Relation du général Delort. (Bibliothèque de la ville d'Arbois). Gourgaud, 93. Napoléon, Mém., 144.

ARRKT DANS l'aCTION. 359

on regagnait ses positions ^ Les versants des collines, l'instant d'avant couverts de combattants, n'étaient plus occupés que par des cadavres et des blessés. « Les morts, dit un officier anglais, étaient sn maint endroit aussi serrés que des pions renversés sur un échiquier". » C'était l'aspect désolé d'un lendemain de bataille, et la bataille commençait seulement!

Pendant cet intervalle, un cuirassier se détacha de son régiment qui se reformait à la Belle-Alliance et, prenant le galop, descendit derechef la grande route. On le vit traverser toute cette vallée mortuaire où lui seul était vivant. Les Allemands postés à la Haye-Sainte crurent que c'était un déserteur : ils s'abstinrent de tirer. Arrivé tout contre le verger, au pied de la haie, il roidit droit sur les étriers son corps de géant, leva son sabre et cria : Vive l'empereur! Puis, au milieu d'une gerbe de balles, il rentra dans les lignas françaises en quelques foulées de son viooureux cheval''

A Hougoumont, la lutte se poursuivait de plus en plus ardente. Trois compagnies de gardes anglaises, un bataillon de Brunswick, un bataillon de la Légion allemande de Duplat, deux régiments de Foy étaient venus successivement renforcer défenseurs et assaillants. Les Français, de nouveau maîtres du bois après l'avoir perdu, s'emparent du verger, mais les gardes anglaises ne cèdent pas le jardin en contre-haut, que protège un petit mur muni d'une banquette naturelle, et se maintiennent

1. Kennedy, 111, 114. Waterloo Letters. 34G, 383. Siborne, II, 43, 46.

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