LES CORPS D ARMÉE
La jeune garde tut formée avec les engagés volontaires et les rappelés ayant appartenu à ce corps, où l'on avait un sou de haute paye. On incorpora dans la vieille garde les hommes du bataillon de l'île d'Elbe. Pour la moyenne garde, l'artillerie et la cavalerie, il les fallut recruter dans la gendarmerie et dans la ligne. La gendarmerie donna 500 hommes. Chaque régiment de ligne dut fournir 30 hommes bien notés, grands et fortement constitués ; un minimum de quatre ans de service dans l'infanterie et de huit dans la cavalerie ou l'artillerie était exigé '.
A la fin de mai, quand les rappelés, les gardes nationales mobilisées, les volontaires eurent accru l'armée, l'empereur fit une nouvelle répartition de ses forces. Le l^"" corps (sous Drouet d'Erlon), le 2^ corps (sous Reille), le 3^ corps (sous Vandamme), l'armée de la Moselle, appelée désormais le 4^ corps (sous Gérard), et le 8^ corps devenu le 6" corps (sous Lobau), la réserve de cavalerie (sous Grouchy) et la garde impériale formèrent l'armée du Nord, forte de 124 139 hommes et commandée par l'empereur en personne ^ Le 5^ corps devint l'armée du Rhin (19992 hommes sous Rapp ^), et le 6° corps devint l'armée des Alpes (23 617 hommes, dont 6300 mobi-
13 mai. (Arch. nal. AF, IV, 1940.^ Situation de d'Hénot, 16 juin. (Arch. Guerre", carton des Situations.)
Il fut organisé, en outre, une compagnie d'artillerie à pied de la jeune garde, et un corps d'artillerie auxiliaire de la garde comprenant de l'artillerie à cherai, de l'artillerie à pied et du train.
1. Circulaire de Davout 14 avril. {.\rch. Guerre.) Napoléon, Corresp., 2173". Rapport de Davout, 22, 23, 26 avril, 9 et 13 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1940.)
2. Je donne au chapitre ii (pp. 103-105) ie tableau complet de l'armée du Nord à l'entrée en campagne .
3. l.i« division d'infanterie : Heudelet, puis Rottenbourg. 16' division : Albert, 8« division de cavalerie : Merlin. Artillerie et génie. (Situation de l'armée du Rhin au 20 juin. Arch. Guerre.) — Cet état mentionne en outre la diusion de garde nationale de Berkheim, qui formait la réserve de Colmar.
lises, sous Suchet ^). Le T corps fut divisé en deux fractions : l'une prit le nom de corps des Pyrénées Occidentales (6 820 hommes, dont 33 47 mobilisés, sous Glausel"); l'autre, celui de corps des Pyrénées Orientales (7 633 hommes, dont 3 286 mobilisés, sous Decaen ^). L'empereur créa enfin trois nouveaux corps d'armée: l'armée de l'Ouest (10 000 hommes environ sous Lamarque^), pour réprimer l'insurrection vendéenne ; le corps du Var (5 944 hommes sous Brune ^), et le corps du Jura (8 420 hommes, dont 5 500 mobilisés, sous Lecourbe ^), tous deux destinés à seconder l'armée de Suchet dans la défense des Alpes.
Cinq divisions de gardes nationales d'élite, fortes ensemble de 19 111 hommes, campaient sous Avesnes, Sainte -Menehouid, Colmar, Nancy et Valence' ;
1. 22» division d'infanterie : Pacthod. 23" division : Dessaix. 15° division de cavalerie : Quesnel. Deux divisions de gardes nationales d'élite sous Pannetier et Maransin. Artillerie et génie. (Situation de l'armée des Alpes au 15 juin. Arch. Guerre.) — Dans celte situation figurent 32 autres bataillons de gardes nationales d'élite, ensemble 10059 hommes, ce qui semble porter les forces de Suchet à 30151 soldats et mobilisés. Mais ces 32 bataillons formèrent les garnisons de Grenoble, Briançon ,etc., et la réserve de Valence.
2. 26» division d'infanterie : Harispe. 5« chasseurs à cheval, 6 bataillons de gardes nationales d'élite de la Charente. Artillerie et génie. (Situation du corps au 10 juin, Arch. Guerre.)
3. 27» division d'infanterie : Fressinet. 15» chasseurs à cheval. 7 bataillons de mobilisés sous le nom de chasseurs des Pyrénées. Artillerie et génie (Situation du corps, au l»' juin. Arch. Guerre.)
4. Divisions Travot et Braver. — La situation générale au l"' juin. (Arch. nat. AF. IV, 1936) porte l'armée de l'Ouest à 7,553 hommes, seulement pour l'infanterie . de ligne, c'est-à-dire saus compter les 2° tirailleurs et 2° voltigeurs de la jeune garde, présentant ensemble 2 014 ba'ionnettes.
5. 24» division d'infanterie : Merle. 20° division : Dalton. 14° chasseurs achevai. Artillerie et génie. (Situation du corps au 20 juin. Cf. Brune à Davout, Antibes, 16 juin. Arch. Guerre, Corps du Var.)
6. 18" division d'infanterie : Abbé, godivision de cavalerie : Castex. Deux divisions de gardes nationales mobilisées. Artillerie et génie. — Des renforts de 4 500 mobi- Msés et de quelques détachements de la ligne portèrent, quinze jours plus tard, l'armée de Lecourbe à 14 165 officiers et soldats (Situations du corps du Jura aux 15 et 30 juin. Arch. Guerre.)
7. Réserve d' Avesnes : 5 000 hommes. Corps de l'Argonne (à Sainte-Ménehould) :
FORCES DE l'armée AU 15 JUIN. 35
95000 mobilisés et 25000 militaires retraités étaient réunis dans les villes fortes et dans les dépôts^; 11233 canonniers de la ligne" et 6000 canonniers de la marine^ assuraient dans les places, concurremment avee 2071 canonniers vétérans'^ et 6000 canonniers sédentaires % le service des bouches à feu ; 13934 soldats de toute arme étaient en route par détachements pour rejoindre les armées d'opérations *; 59 559 disponibles et indisponibles se trouvaient dans les dépôts de la ligne\ 5559 dans les dépôts
5 063. Réserve de Colmar : 3 603. Réserve de la Moselle (à Nancy) : 5 800. Division ie Valence : 1 645 hommes. (Etat des divisions des gardes nationales d'élite au I " et m lu juin. Arcli. Guerre et Arch. nat. AF. IV, 1936. Rapport de Davout à la Commission de gouvernement, 23 juin. Arch. nat. AF. IV, 1936. Cl'. Situation de l'armée les Alpes au 13 juin. Arch. Guerre.)
Sept autres divisions de gardes nationales mobilisées, fortes ensemble de 21 434 lommes, faisant partie, comme on l'a vu, des corps de Suchet, de Clauzel, de De- :aen et de Lecourbe.
1. Etals des garnisons aux 10, 15 et 21 juin. Rapport du général Frère sur les jlaces du Nord, 1" juin. Rapport du général d'Ambrugeac, Bordeaux, 17 juin, situation de l'armée des Alpes au 15 juin. (Arch. Guerre.) Davout à. Napoléon, 10 juin. Rapport de Davout à la Commission de gouvernement, 23 juin. (Arch. nat., ^F. IV, 1936.)
2. Situation générale au l^'juin. (Arch. nat. AF. IV, 1936.) — Dans ce nombre lont compris les sapeurs du génie, les pontonniers et les ouvriers d'artillerie.
3. De ces 6 000 hommes, 500 étaient détachés avec les colonnes mobiles de 'Ouest. Voir 1815, 11, 7.
4. Situation générale du 5 au 10 avril, faussement datée du i'i mars. (Arch. nat. ^F.* IV, llo3).
5. Les trente places d'Abbeville à Metz avaient ensemble 3 236 canonniers sédenaires (garnisons des places des 2% 3», 1" et 16* divisions militaires en juin. Arch. lat. AF. IV, 1936.) Ce n'est donc point exagérer <iue d'évaluer à 3 000 encore les ;anonniers sédentaires dans les soixante-cinq autres places de guerre de la France.
6. La situation générale au 1" juin (Arch. nat. AF. IV, 1936 porte 16 916 hommes, nais, d'après les situations particulières des corps d'armée au 10 juin qui m'ont iervi à établir les effectifs de ces corps d'armée. 2 982 hommes avaient rejoint, au 10 juin, les bataillons de guerre. Restaient donc, à cette date, 13 934 hommes en route pour les rejoindre.
7. Dans la récapitulation de la situation générale précitée, on trouve, pour la ligne seule, 70 792 officiers et soldats disponibles et indisponibles aux dépôts et dans les nlles de l'intérieur. Mais il faut défalquer de ce total de 70 792 hommes 11233 ca lonniers, soldats du génie, ouvriers d'artillerie, etc., portés dans cette situation jénérale comme étant dans les places, et couséquemment déjà comptés plus haut )ar moi.
de la garde '. Il y avait en outre 4700 hommes des bataillons de g:uerre détachés à l'île d'Elbe^ et dans les colonies^'; 8 162 hommes aux hôpitaux'*; 10000 fusiliers marins^ ; 5 129 fusiliers vétérans® ; 14521 gendarmes à pied et à chevaP ; enfin 12 000 douaniers organisés militairement' et 6 000 partisans'. Ainsi l'empereur avait porté l'armée active de 210000 hommes^' à 291 000, et il avait formé une armée auxiliaire de 222 000 hommes^^
1. Situation de la garde au 16 juin, signée : d'Hériot. (Areh. Guerre.)
2. Napoléon rappela de ia Corse, qui lui paraissait pouvoir se défendre avec ses seules milices, toute la troupe de ligne, mais il fit envoyer de Toulon à l'ile d'Elbe un bataillon du W de ligne, fort de 700 hommes. (Napoléon, Corresp., 21698, 21786, 21896, 21951.)
3. 8 bataillons supplémentaires des 5" léger. 26». 62« et 71» de ligne. (Relevé des mouvements des troupes d'avril 1814 à mai 181.5, Arch. Guerre. Procès de l' Amiral de Linois, 41, 44, 47.)
4. Situation générale au l'f juin. (Arch. nat. AF. IV, 1996. i b. 1815, II, 6-7 et les notes.
6. Situation générale du 5 au 10 avril, faussement datée du 15 mars. (Arch. uat. AF. IV, * llo3.) •