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RENCONTRE DE WELLINGTON ET DE BLUCHER

Des musiques de cavalerie prussienne jouaient en passant le God save the King ; au loin le bruit de la fusillade décroissait. Les fantassins de Bûlow, qui s'étaient arrêtés pour reformer leurs rangs, entonnèrent l'hymne de Luther : « Seigneur Dieu, nous te louons ! Seigneur Dieu, nous te remercions M... »

Blûcher, frappé que sa rencontre avec Wellington eût lieu précisément devant la Belle-Alliance, pensa à donner ce nom à la bataille où l'alliance des Anglais et des Prussiens avait produit un si grand résullat. Mais Wellington voulait que la victoire — sa victoire — portât le nom du village qui avait eu l'honneur, la nuit précédente, de lui servir de quartier-général^.

On décida que malgré la nuit il fallait poursuivre à outrance les débris de l'armée impériale. Les Anglais étaient exténués par dix heures de

1. Rapport de Gneisenau, précité. Miiffling, Ans meinem Leben, 217. Hist., 36- 37. Von Oilech, Geschichle des Feldzuqes von ISI^, 252. Lettres d'officiers des briyades Adam et Maitland (Waterloo Letlers, 245, 298.)

Jaloux sans doute de prouver qui! n'aurait pas eu besoin des Prussiens pour poursuivre l'armée française, Wellington a nié avoir vu Bliiclier à la Belle-Alliance. « Cette rencontre, a-t-il écrit à Mudford (Suppleni. Dispatches,X, 5Û8), n'a eu lieu qu'il Genappe et passé onze lieurcs du soir. » Cette dénégation ne saurait prévaloir contre le témoignage de Gneisenau, dans un rapport public. Il y a encore le témoignage de Miiffling, présent à l'entrevue (Aus Meinem Leben, 217, et Hist., 33-37) ; — de Fozzo di Borgo (Rapport à Wolkonskv , 19 juin) ; — du général Hiigel (Lettre au roi de Wurtemberg, 23 juin.) — Il y a enfin celui du général Vivian {Waterloo Letters, 153) : « Il n'y a pas de doute pour moi que, quand j'ai vu le duc près de Rossomme), il avait rencontré BKiclier. Je lui proposai de poursuivre l'ennemi, mais il me dit : Nos troupes ont eu une journée bien dure. Les Prussiens vont poursuivre. Vous, arrêtez voire brigade. »

Wcllmglon, après avoir vu Blùcber, poussa jusqu'à Rossomme ou jusqu'au hameau de la Maison du Roi. (Lettre de Hervey, Nineteenth Century, mars 1893 ; Kennedy, lot), où s'arrêta la tète de ses troupes ; mais il n'alla pas ce soir-là à Gennppe. Cela ressort des Mémoires de Miiffling, oii il est dit (211) que Miiffling vint rendre compte au duf, à Waterloo, de ce qui avait eu lieu à Genappe ; du récit de Cotton (loG) ; et de maint passage des Waterloo Letters.

2. Rapport de Gneisenau. Miiffling, Aus meinem Leben, 217. Lettre précitée de Hiigel, 2o juin.

combat, « fatigués à en mourir », dit Wellington*. Les Prussiens avaient fait cinq lieues en moyenne par les pires chemins, et ils avaient lutté entre Frischermont et Plancenoit avec non moins d'acharnement qu'à Mont-Saint-Jean les soldats de Wellington. Néanmoins Blûcher proposa de charger ses troupes de la poursuite. Lofîre acceptée sans difficulté, il réunit les chefs de corps et leur commanda « de poursuivre l'ennemi tant qu'ils auraient un homme et un cheval en état de se tenir debout ». Gneisenau lui-même se mit à la tète des escadrons du comte Roder. Tout suivit. Vers Rossomme, on rejoignit une partie des divisions prussiennes, qui débouchaient de Plancenoit, et les colonnes les plus avancées de la cavalerie et de l'infanterie anglaises".

L'armée de Wellington s'arrêta. Les soldats saluèrent d'un triple Hip! hip ! hiin'ah ! les Prussiens qui les dépassaient, et ils s'établirent au bivouac, en plein charnier ^ Du plateau de Mont- Saint-Jean aux hauteurs de Rossomme, de Hougoumont à Plancenoit et jusque vers Smohain, tout le sol était couvert de cadavres et de chevaux tués. 2G000 Français et 21000 Anglais, Hollandais, Belges, Allemands, Prussiens*, gisaient

1. Wellington, à lady Webster, Bruxelles 19 juin, 8 heures et demie {Supplem. Dispatches, X, 531.)

2. Rapport de Gneisenau. Rapport de Wellington, Miiffling, Aus meinem Leben, 217. Lettre de Hervcy, précitée. Wagner, 84. Damilz, 296-297. Von Ollech, 252. Waterloo Letlers, 153, 27*7309. ^

3. Lettres d'officiers des brigades Somerset, Vivian, Maitland, Adam et Halkclt^ (Waterloo Letlers, 54, 150. 245, 273, 274. 319, 341.) Lieutenant Woodberry, Journal, 314. l

4. Les Anglo-Hanovriens eurent 9 0G3 tués ou blessés, sans conipler I 023 disparus. (Dispatches of Wclli/iijlon. XII, 480.} — Les Holianilo-liclgcs : 4 )3C (Kappori du Prince d'Orange, BruvcUes, 22 juin, Supplem. Disjiatchcs of Wellington. X. 5ob.) — Le corps de Brunswick : G87 (chiffre donné par Cliarras, d'après lé

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