LA RETRAITE SUR LAON
Laon pour les 1", 2^ et 6^ corps d'infanterie ; La Fère pour l'artillerie ; Marie, Saint-Quentin, Rethel, Vervins et Reims pour la cavalerie ; Soissons pour la garde. Seul parmi les commandants de corps d'armée, Reille avait rejoint l'empereur à Philippeville ; il reçut la mission de réorganiser les troupes qui arrivaient sur les glacis de cette forteresse. Une nouvelle dépêche, prescrivant au maréchal Grouchy de battre en retraite vers Philippeville ou Givet, lui fut expédiée par un espion, du nom de Cousin. On avertit les commandants de place des 2" et 16" divisions militaires de se tenir sur leurs gardes*.
L'empereur n'avait pas à penser seulement à son armée : il y avait l'opinion, il y avait les ennemis de l'intérieur, il y avait la Chambre. Il écrivit deux lettres à son frère Joseph. L'une, destinée à être lue au Conseil des ministres, ne rapportait qu'avec certaines réticences l'issue de la bataille ; l'autre, toute personnelle, ne cachait rien de ce grand désastre ^ En même temps l'empereur annonça au prince Joseph son retour immédiat à Paris ^ Fleury
1. Ordres de Soult, Philippeville, 19 juin. (Arch. Guerre.) — Il va seulement quatre de ces ordres du 19 juiu transcrits sur le registre du major-général. — Cf. Gourgaud, 130. Fleury de Chaboulon, II, 18a.
Selon Fleury de Chaboulon, Tempereur n'aurait pas revu Soult à Philippeville, et les instructions relatives aux ordres à rédiger et à envover par le aiajor-général auraient été dictées au duc de Bassano. Pourquoi, en tout cas, Bassano, puisque Bertrand qui, en pareille occurrence, suppléait le major-général, était la? Mais du témoignage de Gourgaud (131), confirmé implicitement par le texte de certains ordres de Soult, il semble bien que ce maréchal reçut directement, à Philippeville, les instructions de l'empereur.
Gourgaud dit que l'empereur fit envoyer aussi aux généraux Rapp, Lecourbe et Lamarque, l'ordre de se replier à marches forcées sur Paris. Il n'y a pas trace de ces dépêches dans le Registre du major-général, ni aux Arciiives de la Guerre. En outre, Rapp écrivit de Wissembourg à Davout, le 24 juin, qu'il attendait des ordres pour savoir s'il devait revenir vers Paris. {.\rch. Guerre, Armée du Rhin.)