‹ 1815Chapitre 222 sur 260 · Fleury de Chaboulon, II · texte numérisé non relu

Fleury de Chaboulon, II

3. Mémoires de M"" de X... — Il m'est interdit de désigner autrement ces Mémoires, un des plus précieux documents qui soient sur les derniers jours de l'empire.

de Chaboulon, à qui furent dictées ces lettres, assure que la seconde se terminait ainsi : « ... Tout n'est pas perdu. En réunissant mes forces, les dépôts, les gardes nationales, j'aurai tout de suite 300 000 hommes à opposer à l'ennemi... Mais il faut qu'on m'aide et qu'on ne m'étourdisse pas... Je crois que les députés se pénétreront que leur devoir est de se réunir à moi pour sauver la France \ »

L'empereur mit ensuite la première main au Bulletin, destiné au Moniteur, des batailles de Ligny et de Mont-Saint-Jean -. Puis laissant Soult à Philippeville pour commencer le ralliement de l'armée,

1. Le texte de celte lettre que F. de Cliaboulon cite fragmenlairenient a été tenu pour authentique par Charvas et autres. Je suis moins affirmalif. Mais si ce ne sont, pas les termes mêmes de la lettre, bien vraisemblablement c'en est le sens. Toutefois je ne m'explique pas ces deux phrases : » Je vais à Laon... Ecrivez-moi l'elTet que cette horrible échauffource aura produit dans la Chambre. » L'empereur no pouvait écrire qu'il partait pour Laon où il attendrait des nouvelles, eten même^mps annoncer son retour immédiat à Paris. Or, il est certain que c'est à Philippeville et non à Laon que Napoléon se détermina à rentrer à. Paris, et il est certain que c'est de Philippeville, le 19 juin dans la matinée, et non de Laon, le 20 juin dans la soirée, tju'il informa Joseph de sa résolution. La preuve, c'est que Joseph reçut cet avis le 20 juin vers midi. 11 y a sur ce point des documents précis et formels :

1° « 20 juin. J'ai appris dans l'après-midi par M°" de [Rovigo qui est venue me rendi'e visite, que l'empereur était en route pour Paris. Le prince Joseph en est; informé. » Mémoires manuscrits de M""' de X..., précites. j

2° « Le duc de Vieence m'a dit que dès Philippeville l'empereur avait pris la résolution de revenir à Paris et avait écrit pour annoncer son retour. » Notes journalières du général Foy. (Comm. par le comte Foy.)

3° « Le conserl de gouvernement expédia un courrier pour supplier l'empereur de suspendre son retour. » Lucien Bonaparte, La Vérité sur tes Cent-Jours, 14. — Lei conseil se réunit dans l'après-midi du 20 juin. Cf. Rovigo, Mém., VIII, 141-142. H. Carnol, Mém.sur Carnot, II, 509.

4° « C'est là (dans la halle, sur la rive droite de la Sambre) que Napoléon déli-, bcra s'il irait à Paris et qu'il s'y décida malgré les contradictions de plusieurs interlocuteurs. » Relation de VAmbigît, de Londres (LU, 441) — Relation attribuée au; colonel Bernard et que, au dire de Monlholon (7îeci7s, II, 84), l'empereur tenait pour très véridiquc.

5» « L'empereur a pris la poste à Philippeville pour se rendre à Paris. » Rapport du colonel de Bellina à Davout, 23 juin. (Arch. Guerre.)

2. Ce Bulletin, commencé à Philippeville, le 19 juin, fut achevé à Laon dans la soirée du 20, puis relu et peut-être modifié à l'Elysée, le matin du 21 juin. (F. de Chaboulon, II, 192-193, et Note pour Sauvo, directeur du Moniteur, Elysée, 21 jui'n [au malin], communiquée par M. Antoine Guillois.) 11 parut assez tard dans l'aprèsmidi, eu un supplément d'une demi-feuille, imprimé au recto seulement.

Page 1