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DÉPART DE LEMPEREURPOUR PARIS

On a dit que Napoléon « abandonna son armée », comme en Egypte et en Russie'. Hélas! Napoléon n'avait plus d'armée. De Grouchy, il ne savait rien-; on le présumait en grand péril avec les corps de Vandamme et de Gérard ^ Des 74 000 combattants de Waterloo, 40 000 peut-être s'étaient retirés sains et saufs et avaient repassé la Sambre * ; mais plus

1. Si Bonaparte n'avait pas « abandonné » son arm(''e en Egypte, il n'aurait été ni consul ni empereur. Si Napoléon n'avait pas « abandonné « son armée en Russie, il n'eiit pas, pour ainsi dire, fait sortir de terre la Grande Armée de 1813. Si enfin il n'eût pas « abandonné » son armée après Waterloo, un vote de déchéance l'eût surpris il Laou au milieu de cette armée, comme l'année précédente à Fontainebleau. Sans doute, en 18lï, il n'arrêta pas la marche des choses en allant à Paris, puisqu'il y fut contraint d'abdiquer ; mais il pouvait et il devait espérer que sa présence aurait un tout autre effet.

2. C'est seulement dans la nuit du 21 au 22 juin que Soult reçut à Laon un avis du général Dumonceau, commandant la 2« division militaire, annonçant que, d'après une dépêche du général fJonneniains, daléode Dinant, 20 juin, l'armée de Grouchy repassait la Sambre à Namur. (Soult à Grouchy, Laon, 22 juin, 7 heures du matin, et à Napoléon, 22 juin, G heures du matiu. Registre du major- général.)

3. Floury de Chaboulon, 11, 191. Cf. Rapport de Davoiit à la Commission de Gouvernement, 23 juin (Arch. nat. AF. IV', 193G) : « On a l'espérance, fondée maintenant, que la portion de l'armée qui agissait sous le maréchal Grouchy et qui inspirait de grandes inquiétudes, est conservée à la patrie. »

4. L'état des pertes de l'armée française à Waterloo n'ayant pas été dressé, on ne peut que les évaluer approximativement. Gourgaud (128) les porte à 26 000 hommes, dont 7 500 prisonniers. — • D'api-ès les Mémoires manuscrits de M'"" de X..., qui tenait le renseignement de Joseph, 30 000 hommes seraient restés sur le champ de bataille. Un rapport confidentiel adressé d'Avesnes à Davout, le 20 juin (Arch. Guerre), évalue les tués, les blessés et les prisonniers à 30 000 ou 40 000.

Si l'on consulte les situations, on trouve pour les seuls corps ayant combattu à Waterloo un total de présents sous les armes de plus de 27 000 hommes le 24 juin, et de 30 987 le i" juillet. (Arch. Guerre, carton des situations.) Comme il y avait 74 000 Français à Waterloo, on y aurait donc perdu 43 000 hommes. Mais le calcul ne saurait être exact, car des soldats échappés au désastre, beaucoup avaient déserté, les uns parce qu'ils étaient las de combattre, les autres parce qu'ils croyaient la guerre finie « puisque l'empereur avait abdiqué ». Mémo parmi les soldats qui avaient rejoint les corps du 19 au 23 juin, il y eut une multitude de désertions quand fut connue l'abdication.

Dans le Tableau des officiers tués et blessés pendant les guerres de l'Empire, par A. Martinien, des Archives de la Guerre, les pertes en officiers pour la bataille de Waterloo sont portées à 720, et pour les batailles de Ligny et des Quatre-Bras à 346. Or j'ai donné le chiffre tolal des tués et blessés à Ligny et aux Quatre- Bras : environ 13 5o0. Si donc la proportion fut la même a Waterloo entre les officiers et les hommes de Iroupc, il y aurait eu dans celte terrible action plus de 27 000 Français tués et blessés.

En résumé, il est vraisemblable que des 74 000 Français qui avaient combattu à

des trois quarts de ces hommes étaient encore dispersés entre Cambrai et Rocroi, cheminant sur les routes isolément ou par petits groupes, bivouaquant dans les bois, s'arrêtant chez les paysans. Le 20 juin, à l'heure oij Napoléon quitta Laon pour aller à Paris, il y avait 2 600 soldats rassemblés à Philippeville et environ 6 000 à Avesnes \ C'était toute l'armée.

Waterloo, 26 000 ou 27 000 (dont 36 officiers généraux) furent tués ou blessés, : 8 000 ou 10 000 furent faits prisonniers, 31 000 rallièrent les corps, et 6 000 ou 8 OUO désertèrent. '

1. Soult à Napoléon, Rocroi, 20 juin. (Registre du major-général.) Jérôme à Napoléon, Vervins. 21 juin. (Citée dans les Mémoires du roi Jérôme, Vil, 131.)

Ou a vu d'ailleurs, dans la noie précédente, que ce noyau d'armée s'augmenta rapidement; des le 22 juin, il y avait plus de 15 000 hommes rassemblés à Laon. | (Soult il Napoléon, 22 juin, .\rcli. Guerre.)

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