ATTAQUE DE WAVRE
de Limale non point Pajol, qui à Tourinnes en était à trois lieues et demie, mais la cavalerie du général Vallin qui se trouvait à une lieue de la Dyle, et la division Hulot, du corps de Gérard, qui arrivait à La Baraque \
La dépêche expédiée à Pajol, Grouchy galopa vers Wavre dont il comptait diriger l'attaque lui-même. L'ardent Vandamme ne l'avait pas attendu. Au mépris des ordres du maréchal, sans reconnaître la position, sans préparer l'action par son artillerie, il avait lancé à la française toute la division Habert en colonnes d'assaut ^
Le deuxième échelon du corps de Pirch I (divisions Brause et Langen et cavalerie de Sohr) avait passé la Dyle après le combat du défilé de la Huzelle et marchait sur Ghapelle-Saint-Lambert. Mais pour défendre Wavre et ses abords il restait presque tout le corps de Thielmann. Croyant d'abord que le déploiement de la cavalerie d'Exelmans entre Sainte- Anne et Dion-le-Mont n'était qu'une démonstration, Thielmann avait mis ses troupes en mouvement dans la direction de Couture-Saint-Germain ; seuls deux bataillons devaient rester pour garder Wavre. Puis, à la vue du corps de Vandamme qui débouchait face à la ville, il avait fait réoccuper les positions qu'il venait de quitter. Les divisions Kemphen et Liick, trois bataillons de la division Borcke et la cavalerie de Hobe s'établirent à Wavre, à Basse-Wavre et sur les hauteurs de la rive gauche de la Dyle. La
I i. Rapport de Hulot à Gérard (comm. par ie baron Hulot).
' 2. Rapport de Grouchy à l'empereur, Rosieren, 19 juin. (.\ich. Guerre.) Groucliy,"
I Relat., suce, et (Juestionnaire à Bella et à Le Sénécal, et déclarations des mêmes.
! lAp|j. IV.) Berthezcnc, Souvenirs, 11, 392. — Selon Berlhezène, la division Habert fut d'abord seule enga:;ce. Groucliv dit : « tout le 3'' corps ». C'est moins vraisemblable.
division Stûlpnagel vint occuper Bierges ; le détachement du corps de Zieten (trois bataillons et trois escadrons sous von Stengel), préposé à la garde du pont de Limale, fut maintenu à ce postée
Les fantassins de Habert débusquèrent vite les Prussiens du faubourg de Wavre ; mais leur charge furieuse se trouva arrêtée à la Dyle qui séparait la ville du faubourg. Les deux ponts, fortement barricadés, étaient enfilés par des batteries établies à des hauteurs diverses dans les rues en pente aboutissani à la rivière ; enfin, plus d'un millier de tirailleurs étaient embusqués dans les maisons de la rivt gauche. Pour entraîner son régiment, le colonel Unj saisit le drapeau; il fut tué lorsqu'il s'élançait vers l'ennemi, portant l'aigle du 70% En quelques instants, le général Habert, nombre d'officiers et 600 hommes furent mis hors de combat. Impuissants à enlevei les ponts, les soldats hésitaient à se replier, de peui d'être exposés au feu terrible des batteries prussiennes qui balayaient les abords du faubourg el les roides versants de la rive droite, Ils s'abritèreni dans les rues parallèles à la Dyle. «Ils étaient enfournés, dit Grouchy, dans une espèce de cul-de-sac ■. >
1. Damilz, II, 302-305. (Cf. 246-248.) Wagner, IV. 86, 89. Von Ollech, 209-210. Damitz dit que, en défalquant les six bataillons de Borcke qui, par suite d'ui
malentendu, continuèrent leur marche sur Couture, et les pertes de la journée di 10, Tliielmann n'avait avec lui que 15 000 hommes. 11 faut, en tous cas, ajouter à c cliilTrc le détachement de Slens^el (trois bataillons et trois escadrons du corps d Zieten) qui détendait l.imale. Damitz dit que ce détachement vint prendre posilioi a. Limale seulement vers Quatre heures après midi. Il y a tout lieu de croire qu'i y avait été porté dès midi, au départ du corps de Zieten.
2. Bapport de Grouchy à Napoléon, Rosieren, 19 juin. (Arch. Guerre.) Grouchy lielat. suce, et (Juestionnaire à Bella. ( App. IV.) Bcrlhezèue, II, ."^93. Damitz, Il 306-308. Wagner, IV, 89, Von Ollech, 210. Pantin des Odoards, 434. — Le colone Muury, du même 70', avait été tué l'avant-veille devant Saint-Amand.
Wa^'ner dit que l'attaque de Wavre commença à quatre heures. Von Ollech di plus justement : entre quatre et cinq heures.